Cf. Langlois, op. cit., p. cxLVirf et cli
comme le Voyage et le Couronnement, qui appartiennent à la même région linguistique, nous attestent exactement le même état du développement du son ai, il faut qu'ils aient été écrits tous deux à des dates assez voisines.
L'étroite parenté, que nous constatons ainsi entre ces deux textes, n'est pas démentie par leur façon en apparence un peu différente de traiter les sons o et on. Si l'on se reporte au Roland, on y trouve, à quelques traces certaines, le commencement de la différenciation, qui a fait aboutir ô,ô tiû suivis de la nasale au son particulier de on, très distinct de celui de o suivi de toute autre consonne. Cette tendance s'y marque à la présence de tirades pures en -o, ou en -on, à côté de tirades confondant les deux sons, les unes à peu près aussi nombreuses que les autres ' . -
C'est, à peu près, le même état que l'on constate dans le Couronnement. A côté de tirades où les sons sont encore confondus, nous en avons deux (VIII et XL VIII) en o...e et une (XXVI) en o, où les assonances sont absolument pures. Au contraire, l'absence de tirades à assonances pures pourrait faire penser que le Voyage représente un état antérieur de la langue, où les deux sons n'étaient pas encore différenciés. Mais cela peut tenir tout simplement au petit nombre de vers et de tirades, où il nous présente ces assonances. Il necontienten effet que deux tirades (XXVII et LUI) en -on et une seule (XXXIII) en on...e, ne comprenant ensemble que 37 vers. Dans toutes, les sons et on, o...e et on,..e sont mélangés, mais les mots en ou en o...e y sont relativement peu nombreux. De plus il y a une tendance à grouper entre eux ces vers assonant en ou o.,.e ^, et cela parait indiquer que déjà la différenciation est faite. L'auteur se souvient de Tindistincdon primitive et en use pour les besoins de l'assonance. Tout ce qu'on peut dire, c'est qu'à l'époque où fut écrit le Voyage la nasalisation de Vo était encore assez récente, et c'est exactement