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magne de son obéissance et placer les Lieux Saints sous sa suzeraineté '. Restait, il est vrai, à obtenir l'agrément du calife, le vrai maître de la Palestine. Cest 2 quoi s'employa la diplomatie de l'empereur. Profitant de la bienveillance qu'Haroun -al-Raschid lui avait plusieurs fois témoignée, et qui s'était manifestée en plusieurs ambassades échangées entre eux.', il s'efforça d'obtenir la consécration de l'état de choses désiré par le patriarche et en partie instauré par lui '. Mais il ne fallut pas moins de sept ans pour décider le calife, et c'est seulement en 807, qu'il concéda à Charlemagne la souveraineté sur les Lieux Saints *. C'est en vertu de ce droit ainsi reconnu, que celui-ci s'intéressa à la restauration des églises de Jérusalem S se préoccupa d'assurer le bien-être des pèlerins, et fit sans doute certaines des fondations auxquelles son nom fut par la suite attaché^. Quelque affaiblissement qu'elle ait subie sous ses successeurs, il semble bien, que, de son vivant, Charlemagne exerça sur les Lieux Saints une souveraineté véritable.

Tel serait le germe historique, qui, transformé par l'imagination du peuple^ aurait donné naissance à deux légendes, celle du Voyage de Charlemagne à Constantinople et celle de son Voyage à Jérusalem, que nous retrouverions, combinées par un trouvère, dans le poème du Voyage en Orient.

IL — Jérusalem et Constantinople dans Vipopà carolingienne.

De ces deux traditions, celle du Voyage à Jérusalem est certainement celle dont on a le moins mis en doute l'existence, dont on a le

1. Cf. Abel und Simson., op, cit,, II, pp. 231-233, et Riant, Archives de VOrient latin, I, p. 13, note 15.

2. Cf. Abcl und Simson, op» cit,y II, pp. 254-257 et 282. Riant, Archives de rOrient latin, I, p. 11, note 8.

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