‹ Publications spécialesChapitre 36 sur 274 · Cf. Abel undSimson, op. cit., II, pp · texte numérisé non relu

Cf. Abel undSimson, op. cit., II, pp

5. Il y a un capitulaire de 810 qui a pour titre : De eîemosina mittenda ad HierusàUm propter ecclesias Dei restaurandas. Cf. Abel und Simson, op. cit., II, p. 370.

6. Cf. Abel und Simson, op. cit., II, p. 370, et Riant, op. dt^, pp. 1-8-19.

plus facilement supposé le développement naturel, et dont cependant on retrouve le moins de traces dans les légendes et dans la poésie populaires.

Sans doute, la réalité historique semblait, comme nous Tavons vu, assez proche de la forme particulière que notre légende héroïque a donnée à l'activité tout entière de Charlemagne. Le patronage exercé par lui sur les Lieux Saints semblait devoir rapidement se transformer dans l'imagination populaire et faire croire à une conquête. Aussi a-t-on admis comme une chose réelle ce développement populaire et spontané de la légende de Jérusalem. De bonne heure, le peuple aurait cru que Charles était allé en Palestine pour arracher la ville sainte des mains des Infidèles et la placer sous sa domination. Son protectorat serait la conséquence de cette croisade avant la lettre. Cette croyance aurait été si répandue que les Croisés de 1095 auraient été, en quelque sorte, obsédés par le souvenir du grand empereur. Us auraient cru, à chaque pas, retrouver sur leur route des traces de son passage et les chroniqueurs, se rappelant cette première Croisade, auraient considéré comme la deuxième celle de

1095 ^ D'autre part, un détail à l'origine assez secondaire aurait pris dans

l'esprit du peuple une iniportance considérable et donné naissance à une autre tradition du Voyage à Jérusalem, distincte de la précédente par la. forme comme par l'esprit. Charlemagne avait reçu du patriarche certaines reliques *. C'était, dans les présents offerts, la part qui revenait à sa réputation de piété et de protecteur de l'Église. Sur ce fait l'on aurait par la suite imaginé, que non seulement il avait reçu avec joie ces reliques, mais qu'il en avait sollicité l'envoi ou désiré la possession, au point d'aller lui-même les chercher à Jérusalem. Il aurait entrepris non plus une croisade, mais une expédition pieuse et pacifique, ayant comme beaucoup de pèlerinages au moyen âge, l'unique but de recueillir des reliques. La croyance à un pèlerinage aurait été si populaire que des églises

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