‹ Publications spécialesChapitre 38 sur 274 · Cf. supra^ p. 38, note · texte numérisé non relu

Cf. supra^ p. 38, note

ne dit rien de celle de Jérusalem ' . A une date plus récente, les poèmes du cycle de la Croisade, qui racontent cependant une expédition analogue, semblent ignorer que la légende attribuait à Charlemagne un voyage ayant eu le même objet et le même succès. Jérusalem n'y est mentionnée, que coi^me la ville où s'est accompli le mystère de la Passion. Quelquefois aussi, appelé peut-être par le besoin de la rime, ce nom sert à désigner la limite orientale de l'empire de Charles '. Mais ces allusions, toujours brèves et vagues, n'infirment en rien ce que l'on peut conclure du silence absolu, gardé par les autres chansons de geste, à l'égard de la prétendue croisade de Charlemagne : la légende de la croisade, si elle a existé, pas plus que celle du pèlerinage de Charlemagne, n'est d'origine populaire.

Par contre, il semble bien que la tradition de son voyage à Constantinople ait eu sa place dans notre poésie héroïque. Des deux éléments qui composent notre poème, c'est le seul que l'on retrouve dans nos traditions nationales, le seul aussi pour lequel il nous soit possible de suivre dans l'imagination populaire la réalité historique se transformant pour devenir la légende.

Pendant un temps, sans doute, cette réalité dut suffire à l'amourpropre national, et, de même que la seule ambition de Charlemagne

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