Cf. Éd. Stengel, v. 2320. sq
2. Ainsi, dans le poème de RenaiU de Montauhany Naimes s'adressant à Charles lui dit :
Jusqu'en JherusaUm en seras plus doutés
(Éd. Michelant, p. 269, v. 5.) De même, dans Macdirty le même Naimes lui dit :
E vos estes rois iros en Jerusalam
(Éd. Guessard, v. 1888.)
Mais l'autorité, déjà très contestable, de ce vers est diminuée encore par le fait que Charles, répondant à Naimes, l'assure qu'il est le plus sage homme
Qe se trovasse tros «1 Jerusalam
(Éd. Guessard, v. 1897.)
to CHAPITRE I
avait été de faire reconnaître parByzance sa jeune dignité impériale, les contemporains et la génération qui suivit n'imaginèrent rien de plus glorieux. La conscience populaire se complut à admirer Charles devenu Tégal des empereurs grecs, héritiers de la grandeur romaine. Elle se représentait les deux empires, comme deux puissances égales, indépendantes Tune de l'autre, mais dont la grandeur leur était un sujet d'admiration réciproque. C'est la conception qui se retrouve dans deux anecdotes souvent citées du moine de Saint- Gall, et sur le sens desquelles il semble que l'on se soit mépris \ Elles sont, sans doute, toutes deux inauthentiques, mais elles traduisent assez clairement Tidée, qu'au lendemain de la mort de Charlemagne on se fit de l'importance de son empire.
Toutes* deux sont relatives à des ambassades venues d'Orient. Dans l'une, Charlemagne paraît envier les richesses des Grecs. La façon dont il regrette de, n'y avoir pas part exclut chez lui toute arrière-pensée de conquête et de violence. C'est une réponse naïve à l'assurance que lesam'bassadeurs lui donnent des bonnes dispositions de l'empereur grec, leur maître. Celui-ci, à leur dire, ne demandait qu'à traiter Charles comme un fils; il lui viendrait en aide et lui ferait part de ses trésors, s'ils n'étaient pas si éloignés l'un de l'autre. Si cette bienveillance protectrice paraît assez peu flatteuse pour l'amourpropre national, il n'en reste pas moins que les souverains grecs semblent traiter le nouvel empereur d'Occident comme un fils ou comme un frère. Rien dans cette anecdote ne trahit une subordination quelconque de Charles à l'égard de son rival. Ils traitent de pair à pair et cette égalité des deux empires avait de quoi satisfaire, pendant un temps au moins, l'orgueil des Occidentaux *.
Mais, déjà, dans la seconde de ces anecdotes se marque une