‹ Publications spécialesChapitre 43 sur 274 · Cf. le chapitre m de cette même seconde partie · texte numérisé non relu

Cf. le chapitre m de cette même seconde partie

2. Au début du poème, Charlemagne accompagné de ses barons et notamment de Roland et d'Olivier envahit les états du roi païen Fierabras

Ardon vilas e borcx no laychan res en via Contastinoble preron e la tera an sasia

(éd. Bekker, v. 66-67.)

du XIII* siècle *. Mais comment expliquer, même à cette date, que le remanieur provençal ait introduit cette allusion, sinon comme l'écho d'une tradition alors existante, qui attribuait réellement cette conquête à Charlemagne ? Saris doute, on a prétendu que les trois vers, où il est question de Constantinople, ' étaient corrompus *. Mais, outre qu'on n'en a donné aucune preuve. Ton ne se représente pas comment les trois vers auraient pu être altérés à la fois, et justement de la même façon, par l'introduction de ce nom de Constantinople. A supposer que cette introduction fût le fait non du remanieur provençal, mais d'un scribe postérieur, on ne pourrait encore l'expliquer que comme le rappel d'une tradition existante. En fait, il n'y a aucune raison de ne pas attribuer à l'auteur du Fierabras provençal les allusions à la conquête de Constantinople par Charlemagne. Il faut seulement remarquer la forme particulière que la tradition a prise dans son œuvre, et qui s'explique par la date récente où il a écrit. Constantinople n'est pas pour lui la capitale de l'empire grec. C'est une ville située en pays païen, que Charles conquiert sur les Sarrasins et leur roi Fierabras. L'altération est peut-être la conséquence du développement de la légende carolingienne et de l'importance toujours plus grande que prit l'histoire des guerres contre les Sarrasins. Peut-être aussi estelle le fait du poète lui-même. Mais, de toute façon, il n'a pas inventé cette conquête de Constantinople, dont il fait honneur à Charlemagne. Tout en la déformant, il se réfère sûrement à une tradition

Dès que Fierabras est averti, il accourt et constate les ravages des Francs,

Devas G)ntastinoble s*es lo rey regardatz E vie sos castels ars a près e alucatz.

(Jbid,^ V. III-1I2.)

Un païen s'adressant à lui déplore ces malheurs :

Senher rey d'Alichandre cum etz dezeretatz Pres'es Contastinoble e Is murs escrebantatz.

(Ibid,^ V. 116-117.)

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