‹ Publications spécialesChapitre 44 sur 274 · Cf. Morf, Romania, XIII, 208, note · texte numérisé non relu

Cf. Morf, Romania, XIII, 208, note

antérieure qu'il ne pouvait manquer de connaître et qui> au moins depuis plus d'un siècle, avait dû se répandre, puisqu'elle avait pour elle l'autorité de la Chanson de Roland.

En effet, dans le passage si pathétique de ses adieux à Durandal, Roland, énumérant les terres que son épée a conquises et données à Charlemagne^ mentionne expressément

Constantinoble dont il out la fiance >.

Quelle que soit la valeur traditionnelle de ce trait, fût-il même une pure invention de l'auteur, la foi, qui de bonne heure s'attacha au Roland en raison de sa popularité, suffirait à expliquer que, plus tard, des trouvères aient pu parler de la conquête de Constantinople comme d'une tradition bien établie.

L'on prétend, il est vrai, que le vers n'appartient pas au Roland et qu'il n'est qu'une interpolation d'un copiste postérieur *. On s'appuie sur le fait que le second hémistiche dont il out la fiance semble un écho de ce que le Voyage en Orient rappone de Constantinople, conquise par Charles sur le roi Hugon, sen:(^ bataille champel (v. 859). Un scribe qui connaissait ce trait par le Voyage l'aurait inséré dans les « regrets » de Roland, sans s'arrêtera la disparate choquante que cette conquête pacifique faisait avec les exploits exclusivement guerriers, rappelés par le héros. Mais ce dont il out la fiance n'est pas une allusion au sen's^ bataille champel et rien ne prouve que l'un procède nécessairement de l'autre. On se saurait affirmer, à la façon dont il en est parlé, que l'auteur du Roland ou le scribe du manuscrit d'Oxford tenaient l'expédition de Constantinople pour un exploit essentiellement pacifique. De la Saxe aussi il est dit que Charles y fait ço quil demande (v. 2330) et de l'Angleterre que il tenoit sa cambre(y, 2331). Personne cependant n'en conclura que ces deux conquêtes avaient eu lieu sans guerres. Il en est de même du dont il out la fiance. Ce sont là des

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