‹ Publications spécialesChapitre 52 sur 274 · Cf. supra, p · texte numérisé non relu

Cf. supra, p

4. Cf. Rôhricht in Raumer, Historisches Taschenbuch, 187s, p. 349 et dans ses Beitràge \ur Geschichte der Kreunûge, II, p. 5. Cf. Riant, Archives de V Orient latin,

la croisade de Charlemagne ou même à son voyage à Jérusalem. La chose a paru tellement naturelle que certains historiens ont aflSrmé que ces légendes avaient en effet joué un grand rôle, et qu'elles avaient été un des « excitatoires » utilisés par le clergé pour sa prédication de la guerre sainte *.

Mais ce qui rend la chose infiniment douteuse, c'est que, dans la fameuse lettre de Tempereur Alexis, où sont énumérées toutes les raisons, qui motivent l'intervention des Occidentaux en Palestine, il n'est pas question de cette prétendue croisade de Charlemagne. Il eût été cependant très naturel de la proposer en exemple aux princes et aux seigneurs, pour les déterminer à restaurer l'œuvre du grand empereur que la conquête turque avait ruinée. Si parfois,. à cette date, le clergé rappelle le souvenir* de l'empereur, il se réfère à la réalité historique, et semble ignorerqueCharles soit jamais allé à Jérusalem.

Ce qui achève de nous en convaincre, c'est qu'il n'en est jamais question dans la prédication proprement dite de la Croisade. Aucune des versions, sinon authentiques du moins dignes de quelque intérêt, qui nous sont parvenues du discours du pape Urbain II au concile de Clermont, ne parle ni du pèlerinage de Charlemagne ni de sa prétendue conquête de la Terre Sainte '. La chose est d'autant plus curieuse que le pape était français ■lui-même et s'adressait à des compatriotes de l'empereur. Un des chroniqueurs, dont la présence au concile ^ rend le témoignage très

1 . Cf. Rauschen, Die Légende Karîs des Grossen im XI und XII Jàhrhundert p. 147, et Riant, Archives de T Orient latin, I, p. 15.

2. C'est ainsi qu'il propageait la croyance que Tempereur allait sortir de son tombeau, pour sauver de la destruction ce qu'il avait jadis établi en Palestine. Cf. la chronique d'Ekkehard à Tannée 1099. Monum. Germ. hist. Script., VI, 21^.

3 . n en est de même de toutes celles qui se trouvent réunies dans Migne, Patrologie latine, tome CLI, pp. 565-582. Il n'est fait allusion à la croisade de Charlemagne, que dans la version manifestement inauthentique qui est donnée de ce même discours par Duchesne. Histoire de tous les Cardinaux français II, 43. Le pape aurait dit : « Sed propinquiora attingamus, Carolus iste, cognomine Magnus, vester, Germani, pêne avila origine ; vester, Franci, rex, vestrum ingens decus Hispaniae, Aquitaniae et ipsis Franciae finihus incumbentes Sat racenos infinita mortalium examina deturhavit. Carolus Sarracenos Italia (ut fama vos vtilgatis). Terra Sancta Hierosolimisque expulit ».

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