‹ Publications spécialesChapitre 59 sur 274 · I. Cf. 5M^ra, pp · texte numérisé non relu

I. Cf. 5M^ra, pp

Goulet. — Voyage de Charlemagne en Orient. 8 *

tI4 CHAPITRE fl

n'a pu lui fournir la donnée du Vojrage en Orient, dont nous avons vu également qu'elle n avait pas la moindre idée' . Le clergé lui-même, en ce qui concerne les rapports de Charlemagne avec l'Orient, ne s'est guère écarté de la vérité historique, et les altérations qu'il lui a fait subir ne constituent que des variantes assez Itères à ce qu'avait dès longtemps raconté la Fita Karoli.

Eginhard, en effet, dans un chapitre consacré à la diplomatie de Charlemagne, s'était borné à constater, qu'il avait entretenu, pour son plus grand profit, les relations les plus amicales avec le roi des Perses, Haroun, et avec les empereurs de Constantinople. Il racontait qu'Haroun, séduit par son prestige, lui avait témoigné une bienveillance particulière. Des envoyés de Charles étant venus porter ses offrandes au S*-Sépulcre, il leur avait permis d'accomplir leur mission, et en outre, à cette occasion, il avait cédé à l'empereur ses droits de souveraineté sur les Lieux Saints. Enfin, à leur départ, ils les avait comblés de présents pour leur maître. Dans ce même chapitre, et sans même marquer de transition, la Vita Karoli mentionnait, qu'avec l'empire grec aussi Charlemagne avait entretenu des rapports d'amitié. Les empereurs Nicéphore, Michel et Léon avaient recherché son alliance et lui avaient, à plusieurs reprises, envoyé des ambassades. Et lui, pour apaiser les susceptibilités qu'avait fait naître en eux sa nouvelle dignité impériale, pour les convaincre de ses intentions pacifiques, avait voulu qu'un traité durable écartât à jamais entre les deux empires les causes de conflit*. Voilà ce que racontait Eginhard dans cette Vita Karoli^ que l'on sait avoir été une des sources principales qu'a utilisées Benoît de Saint-André pour la rédaction de sa chronique ^

Cependant, entre son récit du Voyage en Orient et le texte d'Eginhard il y a toute la différence de la légende à l'histoire. On se demande alors, d'où provient la variante essentielle qui le caractérise, et s'il est vraisemblable de supposer, sur ce point particulier, entre la Vita Karoli et la chronique de Benoît une autre tradition, perdue pour

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