‹ Publications spécialesChapitre 66 sur 274 · I. Cf. supra f p · texte numérisé non relu

I. Cf. supra f p

LA LÉGEKbE DU VOYAGE EVî ORÎENT J±<)

Il importe maintenant de suivre son développement, afin de voir si, malgré cette origine cléricale et savante, elle a jamais réussi à se confondre avec les traditions populaires. Malheureusement, dans l'état actuel des textes, à peine est-elle sortie des mains de Benoît de Saint- André, qu'elle semble tomber dans l'oubli. Pendant plus d'un siècle, nous n'en trouvons plus aucune trace, et ce silence laisse le champ libre à toutes les affirmations, à toutes les hypothèses. On a voulu rendre Benoit responsable du peu de diflfusion de sa légende. La barbarie de sa langue aurait, dit-on, feit négliger sa chronique*. Cette explication est d'autant moins valable, que, dans la pensée de ceux qui la proposent, Benoit ne serait pas le créateur de la légende. Dans cette hypothèse, la légende existant avant lui pouvait, en dehors de lui et sans lui, se développer et se répandre. Mais nous croyons avoir montré, que le moine italien l'a vraiment créée, et, dans ces conditions, tout son développement ultérieur procède de lui et suppose que sa chronique a eu au moins une certaine diffusion. Pas plus que l'ignorance de Benoît ne l'a empêché d'imaginer cette fiction, la barbarie de sa langue n'a arrêté sa propagation. Peut-être, les pertes subies par les littératures profane et cléricale du M(5yen-Age suffisent-elles à expliquer, que nous ne retrouvions avant la fin du xi* siècle aucun texte inspiré de cette légende du Voyage en Orient. Le fait important pour nous, c'est que, malgré la date très postérieure, nous la retrouvions reconnaissable sous les modifications de détail et avec ses traits caraaéristiques.

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