‹ Publications spécialesChapitre 69 sur 274 · Cf. Morf, Romania^ XIII, p · texte numérisé non relu

Cf. Morf, Romania^ XIII, p

3 . En outre, le caractère particulier que nous reconnaîtrons à l'original nous interdira de rien conclure de ce trait touchant son âge. Un clerc a pu faire résider Charles à Aix, et cela à n'importe quelle date, quand son but précis était de faire passer son église et ses reliques pour aussi anciennes que la chapelle d'Aix et que les pieux trésors qui y étaient conservés.

LE RÉCIT DE LA KARLAMAGhIUS-SAGA 135

tiré d'une ressemblance incontestable, qu'il présente pour un détail avec notre Chanson de Roland. Parmi les reliques rapportées de Constantinople la Saga mentionne, en eiFet, la pointe de la Sainte Lance, que Charlemagne aurait fait placer dans son épée, d'où son nom de Joyeuse et le cri de Mont joie servant d'enseigne à ses barons. Il est assurément curieux de constater, que le Roland mentionne la même relique, dans les mêmes termes et avec les mêmes détails :

Asez savum de la lance parler Dunt Kostre Sire fu en la cruiz naffrez Caries en out la mure, mercit Deu, En Torie punt la fist bien seeller Par ceste honur et pur ceste bontet Li nums Joiuse l'espée fut dunez Bar un Franceis nel deivent ublier Enseigne en unt de Munjoie crier

Edon Stengel, v. 2503-2510.

La ressemblance, on le voit, est à ce point parfaite, qu'elle ne peut être fortuite et que de ces deux textes l'un s'est évidemment inspiré de l'autre. Mais quelle raison a-t-on de déclarer, comme on l'a fait, que c'est le récit de la Saga^ qui a servi de modèle au Roland^ et qui, par conséquent, lui est antérieur * ?

En fait, l'on n'en a aucune preuve et l'opinion contraire est au moins aussi vraisemblable *. On ne peut en tout cas en décider a priori. Il faudrait tout d'abord examiner, si l'allusion à la Sainte I^nce appartient réellement au texte de l'original, si elle y a naturellement sa place et, dans ce cas, la question serait insoluble. En l'absence de tout autre indice, si, en effet, la mention de cette relique était aussi naturelle dans ce récit que dans le Roland^ il n'y aurait aucun moyen de décider lequel l'a empruntée à l'autre. Mais, si nous découvrions, que dans le texte actuel de la Saga elle constitue une interpolation, une addition au récit primitif, par là même il appa-

1. Cf. Gaston VzrxSyRomania, IX, pp. 33-34 et Morf, Romania, XIII, pp. 209- 214 et 229-231.

2. Cf. Rauschen, Neue IJntersuchufigeH ûber die Descriptio etc. îoc. cit.^ p. 268,

raî trait, qu'elle est un emprunt au texte antérieur et largement répandu du Roland, L*âge de l'original n'en serait pas déterminé par cela, mais nous aurions ruiné le seul argument, que l'on invoque pour affirmer son ancienneté. C'est l'étude seule du texte de la Saga, qui, en nous renseignant sur son vrai caractère et sur celui de son modèle, peut nous révéler des raisons de le replacer à une date plutôt qu'à une autre.

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