‹ Publications spécialesChapitre 72 sur 274 · Cf. Morf, Romania, XIII, p · texte numérisé non relu

Cf. Morf, Romania, XIII, p

^. Cf. Gaston Paris, Bibliothèque de V École des Chartes, 1864, p. 92.

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Une autre a certainement été le rappel de peisonnages ayant figuré dans un chapitre antérieur, et leur introduction purement arbitraire dans des récits, auxquels ils sont tout à fait étrangers. C'est la contre-partie d'un procédé du même compilateur, déjà signalé par Gaston Paris, et qui consistait à interpoler certains passages, en vue de préparer l'arrivée de certains héros et le récit de certaines légendes * . L'auteur très manifestement combine et modifie, selon son gré, les éléments qu'il s'efforce de fondre dans ce recueil, auquel il veut donner un semblant d'unité, et ce serait une entreprise vaine, que de rechercher un fond traditionnel aux légendes cru aux variantes que crée ainsi sa fantaisie.

Une fois introduits dans la trame de son récit, deux personnages comme Girard Cygne et Beuve sans Barbe pouvaient naturellement servir eux-mêmes, à rattacher aux récits antérieurs des événements, qui à l'origine étaient étrangers à ces légendes. La raison, qui sans doute a déterminé le compilateur à faire reparaître à propos du Voyage en Orient ce Girard et ce Beuve, auxquels Charles est censé confier la garde de la Saxe, c'est que dans le chapitre précédent tous deux se ti'ouvaient mentionnés. Dans le récit de la guerre contre Vitakind, un rôle important était attribué à Beuve, de façon d'autant plus curieuse, qu'auparavant on avait dit qu'il était mort *. De même, la fin de ce chapitre racontait l'arrivée mystérieuse de Girard Cygne. On peut donc considérer la mention dans le récit du Voyage des deux héros, dont il a été question en dernier lieu, comme un procédé tout matériel, analogue aux rapports de temps

1 . Dans la première partie de cette même branche, Gaston Paris avait en effet signalé ce procédé, et, précisément, à propos de deux héros qui figurent dans le récit du Voyage en Orient, Girard Cygne et Beuve sans Barbe. Certains passages n'ont d'autre raison d'être que de préparer le récit de la légende du Chevalier au Cygne et, de même, pour amener le récit des aventures de Beuve, il le fait arbitrairement père de Girart de Viane. C'est grâce à cette parenté fictive, qu'il fait précéder la légende de Girart de Viane de deux chapitres consacrés à l'histoire de Beuve. Selon toute vraisemblance, le personnage était originairement étranger à l'ensemble des traditions qui forment le fonds premier de cette branche de la Saga, Cf. Gaston Paris, BibUolh. Je V École des Chartes, 1864, p. 92.

2. Cf. Gaston Paris, Uiblioth. de V Ecole des Chartes ^ 1864, p. 92.

Le récit de La kaRLaUagnuS-saga 14}'

arbitrairement établis entre les récits, et destiné comme eux à nous fournir l'illusion d'un récit homogène et suivi. Et de même pour les autres personnages, qui n'ont pu être connus que du compilateur '. Nous pouvons considérer qu'ils n'appartiennent pas au récit primitif que nous a résumêh Saga, Ils font partie du cadre que lui a créé ce compilateur, pour le mettre en harmonie avec l'ensemble des légendes, dont il a formé la première branche de son recueil.

Ce qui nous confirme dans cette opinion, c'est que, malgré tout, ces personnages restent extérieurs au récit proprement dit et à la légende du Voyage en Orient. Sans doute, dans l'épisode du roi Miran, l'on voit bien reparaître Naime et son père le duc Guidelon : celui-ci y trouve même la mort. Mais, aucun des autres personnages n'y paraît et ne figure non plus dans le reste du récit. Cette mention de Naime et de Guidelon semble même n'être qu'un artifice, pour rattacher l'expédition proprement dite au récit très détaillé des préparatifs, qui en forme l'introduction. On a, en réalité, l'impression, que tout ce qui précède le départ de Charles pour l'Orient, l'assemblée des barons, le projet de mariage que leur soumet l'empereur, leur assentiment, le mariage lui-même, et la naissance de Lohier ne font pas partie du récit primitif. Les circonstances du voyage, comme la plupart des personnages qui y figurent semblent être une addition du compilateur. Les unes et les autres ont pour objet de relier des récits indépendants, peut-être aussi de donner un air et une couleur épiques à un texte d'un tout autre caractère.

n est curieux, en effet, de constater, que chaque fois qu'on a affirmé le caractère épique du récit de la Saga, on n'a relevé que des traits tirés du voyage proprement dit, et on a paru ignorer toute cette introduction. Elle n'est faite cependant que de motifs absolument courants dans l'épopée populaire. Peut-être, reconnaissait-on par là qu'elle ne faisait vraiment pas corps avec le 'récit. C'est en raison de leur banalité, que l'auteur de la Saga aurait fait choix de ces détails pour la composer. Le récit primitif se bornait sans doute à raconter, que Charlemagne, à la. suite d'un vœu, était allé visiter les Lieux

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