I. Cf. suprùy p
Î44 CHAPITRE m
Saints. Au retour, passant par Constantinople, il avait eu Toccasiôn d'aider l'empereur grec dans une guerre contre un roi sarrasin, qui l'avait attaqué. Les païens auraient été vaincus et forcés d'accepter les conditions dictées par Charles. En récompense d'un tel service, le roi grec offrait de reconnaître Charles pour son suzerain, mais celui-ci refusait l'hommage et n'acceptait pour prix de son aide que quelques reliques, qu'à son retour il distribuait à des églises de son royaume;
Tel est vraiment le fond primitif du récit conservé par la Saga, Tel il nous apparaît, si on le dégage des additions et des embellissements du compilateur. C'est de ce récit, qu'il faut décider s'il est vraiment une chanson de geste. On avait cru, en effet, y retrouver la trace de cet esprit guerrier, qui est l'un des caractères essentiels de notre ancienne épopée, et M. Morf n'avait pas hésité à reconnaître dans la prétendue chanson de Miran un poème beUiqueux \ En réalité, la seule partie du récit, à laquelle puisse convenir cette épithète, est l'épisode de la guerre contre le roi païen. C'est en exagérant son importance, qu'on a pu considérer le récit tout entier comme un poème guerrier, et le désigner du nom d'un personnage, qui sans doute n'y avait qu'un rôle secondaire. Il est si peu en harmonie avec l'ensemble de ce récit, qu'il en contredit la donnée générale. Comment Charles peut-il si aisément réduire le roi Miran, quand le roi grec ne lui confie aucune troupe, et qu'il n'a à sa disposition que ses propres moyens ? Or, il n'a amené en Orient qu'une escorte de trois cents chevaliers. C'est, en effet, celle qui convient au voyage qu'il a entrepris, pour accomplir un vœu et visiter le Saint Sépulcre*. Son voyage est avant tout et uniquement un pèlerinage. C'est par hasard, qu'au retour, les Français ont occasion de rendre service au roi grec contre les païens qui l'attaquent. Les pèlerins redeviennent, pour la circonstance, les valeureux guerriers qu'ils ont coutume d'être, mais, aussitôt après, ils reprennent leur rôle et les sentiments qui conviennent à leur condition présente. Charlemagne refuse les