‹ Publications spécialesChapitre 77 sur 274 · Cf. supra, p · texte numérisé non relu

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2. C'est en particulier ce que fera rauteurdelaD^^cr/^/jo, ainsi qu'on le verra au chapitre suivant.

de concevoir une souveraineté primant celle de l'empereur grec. Quelque service que Charles ait pu lui rendre, celui-ci se proclame son inférieur. Il est au-dessus de lui-même comme de tous les princes chrétiens : a Que Dieu, lui dit-il expressément, ne me permette pas de recevoir ta terre, puisque tu es empereur et chef de la chrétienté. » Cela seul suffirait à mesurer la distance qu'il y a entre le récit de la Saga et les poèmes carolingiens. Il est clair, qu'il ne peut être l'œuvre d'un trouvère ordinaire, et il s'oppose à l'idée même qui a constitué la légende populaire de Charlemagne '. Quelques variations qu'ait subies l'idée, que le peuple s'est faite de la situation des deux empires, jamais elle n'a été celle qui s'exprime si nettement dans le récit de la Saga.

Cette idée de la subordination de l'empire d'Occident contredisait trop les aspirations de l'amour-propre national, et de plus, elle ne correspondait même pas à une réalité historique. C'est à n'en pas douter une conception tardive, née dans le monde des clercs, à la suite de la décadence rapide de l'empire fondé par Charlemagne. La chute de cet empire, alors que subsistait toujours le trône impérial de B3'^zance, le fait, que, depuis longtemps, il n'y avait plus en France d'empereur, mais seulement des rois, devait avoir pour conséquence de placer les successeurs de Charlemagne sous la subordination des empereurs grecs. Pendant la plus grande partie du moyen âge, ceux-ci sont en effet « les chefs de la chrétienté ». A partir de I02I, c'est à eux qu'appartient le droit exercé jadis par Charles de veiller sur les Lieux Saints ^. Cette suprématie dès lors incontestée, put apparaître comme ayant existé de tout temps. On en vint aisément à considérer qu'elle s'était exercée au ix' siècle et sur Charlemagne lui-même. L'idée de la subordination de l'empereur d'Occident à Constantinople n'est probablement que la projection dans le passé d'un état de choses contemporain de l'auteur du récit de la Saga. C'est une idée savante, sans rapports avec les croyances populaires. Ce n'est ni de la légende, ni de l'histoire. C'est une concep-

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