Cf. supra, pp
rion pseudo-historique, formée d'éléments réels, mais empruntés à un état de choses postérieur. L'auteur ne Ta adoptée, que pour donner à son récit un air de vraisemblance historique.
Une autre raison cependant a pu le déterminer à s'écarter sur ce point de la version de Benoît de Saint-André. Celui-ci, comme Eginhard, racontait que Charles, pour calmer les craintes de l'empereur grec, s'était empressé de déclarer, qu'il n'avait aucune arrièrepensée de conquête. Le refus de l'hommage, que lui attribue le récit de \zSaga, est donc déjà, si l'on veut, dans la forme première de la légende, mais, en'nous montrant Charles dépouillé de tout orgueil et s'inclinant devant la souveraineté impériale, ce récit précisait encore le sens et la portée que Benoît avait tout d'abord conférés à sa fiction. Charlemagne y apparaît comme le roi chrétien par excellence, et les reliques qu'il préfère au trône même de Constantinople prennent par là une valeur infinie. Malgré tout ce qu'a pu ajouter du dehors le compilateur norvégien, ni le personnage de Charles ne ressemble au héros de l'épopée populaire, ni l'esprit du récit à celui des chansons de geste.
On se demande, comment on a pu si longtemps ne pas être frappé de l'air si particulier de ce récit, et ne pas reconnaître, qu'il n'est au fond qu'un roman pieux et dévot. Charlemagne va en Orient pour accomplir un vœu et pour en rapporter quelques reliques très précieuses. De ces deux objets l'un même est plutôt l'occasion et le prétexte, l'autre l'objet véritable. Le but réel de l'expédition est l'acquisition de certaines reliques et le récit n'a de raison d'être que de raconter leur origine. C'est là la partie essentielle. Le reste dans le récit primitif n'était que l'occasion et servait seulement de cadre à la narration. C'est ce qui explique le développement particulier donné au Voyage à Constantinople. Comme au temps de Benoît de Saint-André, c'est toujours la capitale grecque qui est le grand dépôt des reliques '. Les empereurs en avaient; rassemblé un grand nombre dans leur chapelle de Bucoléon. Le récit de la S(^a se conforme sur ce point à la tradition établie par Benoît