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Cf. Morf, Ramania, XIII

2. Que Fauteur de la 5â^a utilisait des textes latins, c'est ce que prouvent non seulement ses transcriptions du Pseudo-Turpin et de la Description mais aussi son récit relatif à Vitakind (ch. 46 et 47), que Gaston Paris considérait comme emprunté lui aussi à une source latine. Cf. Biblioth, de F École d^ Chartes^ 1864, p.. 92.

LE RÉCIT DB LA KARLAMAGl^US-SAGA IJS

Il ne semble pas» qu'il puisse désormais y avoir doute sur le caractère de ce récit. Rien n*est venu confirmer Thypothèse, que nous avions affaire à une chanson de geste ; tout au contraire à concouru à préciser et à confirmer lopinion,. qu'avait jadis exprimée Gaston Paris et qu'il avait depuis abandonnée. Il avait en efiêt, de prime abord, distingué très nettement dans le récit de la Saga deux éléments dénature et d'origine différentes : d'une part, comme fond premier, la légende monastique du Voyage en Orient, de l'autre, des souvenirs, des traits poétiques, venus on ne sait d'où et arbitrairement rattachés à cette légende *. Ce que notre étude nous a permis d'établir, c'est le caractère tout artificiel et extérieur de cet élément épique. Il est étranger au récit primitif, recueilli par la Saga et n'y a été introduit que par le compilateur norvégien. Quant à la légende, ce n'est pas, comme pourraient le laisser croire les termes dont Gaston. Paris se sert pour la désigner, une variante de la Descriptio. C'est une forme différente de la même légende, probablement antérieure, ainsi que nous le verrons, à cette Descriplio, et qui se ramène aisément à la donnée première du récit de Benoît de Saint-André. L'auteur a-t-il connu directement sa Chronique, ou a-t-il emprunté à un intermédiaire la matière de sa narration ? Ce qui est sûr, c'est qu'il a connu un état de la légende, peu différent de ce que l'avait faite le moine italien. Il a utilisé la même donnée et pour la même fin. La l^ende conservera en effet longtemps sa destination première. Imaginée pour créer une histoire à la relique de Saint-André, elle continuera presque exclusivement à authentiquer les reliques les plus diverses et les plus douteuses. Le récit de la Karlaînagmis-Saga en est une preuve : la prétendue chanson de geste est en réalité une histoire de reliques très peu véridique.

m. — Lâge du récit primitif.

Il reste maintenant à rechercher, si, comme on le croyait, nous avons affaire à un texte vraiment très ancien. Nous avons vu à

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