Cf. Gaston Paris, Romaniay IX, 34, note i
4. Nous avons, en effet, d'autres preuves de son ignorance en ces matières. C'est lui d'abord, qui a traduit periionium par hosa^ qui n'est qu'un à peu près, et qui a contribué à tromper Gaston Paris sur l'identificaiioii de cette relique (cf. Romania, IX, 34). De lui est également la glose, qui accompagne la mention du Suaire. Parce que sveiiaduky par lequel il traduit sudarium, signifie mouchoir, il ajoute que c'est celui « avec lequel Notre-Seigneur avait essuyé sa sueur quand il'eut parlé aupeuple » ; il ne se doute pas, qu'il s'agit du seul suaire véritablement précieux, celui qui recouvrit la tête du Christ au tombeau. Enfin, ce qui achève de montrer combien ce compilateur était peu familier avec les détails du récit clérical qu'il transcrivait, c'est qu'il invente une relique dont nous ne savons rien, « un bras de saint Grégoire », qu'il place dans un château voisin de Constantinople. « Le roi des Grecs, dit-il, accompagna Charlemagne jusqu'au château où se trouve le bras de saint Grégoire. C'est là qu'ils s'embrassèrent et qu'ils se séparèrent. » Nulle part ailleurs, on ne retrouve la trace de ce château, pour la bonne raison qu'il n'a jamais
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Il a omis la destination, que le récit primitif fixait sans doute à la lance de saint Mercure, et, au prix d'une invraisemblance, l'a fait incruster par Charlemagne, avec la pointe de la Sainte Lance, dans le pommeau de Joyeuse. Cette relique, comme les trois précédentes, était donc présentée comme le bien propre d'une église, qui, sans doute, au moyen âge prétendait en effet la posséder.
Si ce récit avait vraiment pour objet de soutenir de telles prétentions, ce que semble bien attester l'importance accordée à la répartition que Charles fait des reliques, on ne s'explique pas la mention de la Sainte Lance, à laquelle aucun sanctuaire ne semble s'être particulièrement intéressé. Elle n'est assurément pas au nombre des reliques, dont au xi*' et au xn® siècles les églises de France se disputèrent la possession. De plus, alors que la répartition des reliques n'a dans le récit de la Saga d'autre objet, que de justifier la présence contemporaine de ces reliques dans certaines églises, ce récit ne nous renseigne pas sur la destinée ultérieure de la Sainte Lance. Rien n'indique ce qu'elle est devenue après la mort de l'empereur. Ainsi, sa mention dans le texte de la Saga est surprenante à deux égards, et de cela on est en droit de conclure, qu'elle n'appartenait sans doute pas au récit primitif. Elle apparaît plutôt comme un détail poétique, arbitrairement introduit par le compilateur. Si, pour encadrer son modèle, celui-ci n'a pas hésité à l'orner des traits épiques qu'on sait ', il a dû trouver tout naturel d'insérer dans la liste des reliques celle que le Roland avait rendue célèbre. La mention de la relique de saint Mercure, qui s'y trouvait déjà, a pu lui donner l'idée de mentionner une autre lance, bien plus glorieuse par son double rôle dans le mystère de la Passion
existé, que dans rimagination et par l'ignorance de Tauteur de la Saga. Par contre, la plupart des itinéraires et des récits de pèlerins mentionnent, sur la route de Constantinople, « le Bras de Saint-Georges,». C'est le nom, sous lequel au moyen âge on désignait THellespont. Le récit primitif, œuvre d'un clerc, donnait très naturellement ce détail, qu'au retour Charlemagne avait été accompagné par le roi jusqu'au
Bras de Saint-Georges. Le compilateur a pris l'Hellespont pour une relique
Il a substitué saint Grégoire à saint Georges et a bâti un château pour conserver son* précieux bras.