‹ Publications spécialesChapitre 84 sur 274 · I. Cf. suprOy pp. 138, sq · texte numérisé non relu

I. Cf. suprOy pp. 138, sq

LE RiciT DE LA KARLAMAGNVS-SAGA t^^

et dans la légende de Charlemagne. La ressemblance frappante du passage de la Saga avec la Chanson de Roland nous révèle, que c'est à celle-ci qu'il a emprunté les détails, qu'il nous donne sur la Sainte Lance. On avait donc tort de vouloir tirer de ce rapprochement une indication sur l'âge du récit primitif, et surtout d'en conclure qu'il était lui le texte antérieur, auquel le Roland st référait *. La mention de la Sainte Lance n'est qu'une interpolation de l'auteur de la Saga^ et ne peut en aucune sorte nous renseigner sur l'âge du texte qu'il transcrivait.

Faisons donc abstraction de cette relique étrangère au récit primitif; écartons également la lance de saint Mercure, dont la destinée obscure, jointe à l'altération du texte, ne peut en rien nous renseigner, et recherchons, si l'histoire des trois autres reliques, très célèbres au moyen âge, peut nous fournir un indice sur les intérêts particuliers que l'auteur entendait servir. Peut-être, par surcroît, nous donnera-t-elle le moyen de dater, de façon au moins approximative, ce récit.

La répartition si équitable, que Charles fait de ces trois reliques à trois sanctuaires également vénérés, sinon au ix* siècle, du moins aux siècles suivants, semble au premier abord exclure l'idée que l'auteur ait eu une prédilection marquée pour l'un d'eux. Elle semble par suite nous interdire de penser qu'il tient plus à l'un qu'à l'autre, et de chercher à deviner s'il appartenait au clergé de tompiègne^ d'Orléans ou d'Aix-la-Chapelle.

On peut cependant affirmer, qu'il n'écrivait pas pour soutenir les intérêts d'Aix. Cela résulte de la place très secondaire qu'il accorde à cette église et à sa relique. Quand on sait la grande place, qu'occupe dans l'histoire et dans l'épopée carolingienne la vieille basilique de l'empereur, l'importance de ses nombreuses reliques enviées par tant d'églises rivales, on ne peut admettre, qu'un clerc d'Aix, parlant pour son ^lise, se soit borné à mentionner son seul peri:(onium et à la mettre, elle, sur un même pied d'égalité avec les deux sanctuaires de Compiègne et d'Orléans. Nous connaissons mal l'histoire de la

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