I. Cf. supra, p
léo CHAPITRE !II
chapelle d'Aix et de ses reliques. Elles sont énumérées pour la première fois dans la Descriptio de Saint-Denis, qui est d'une date relativement récente, et dont le témoignage trop intéressé est absolument suspect '. On sait seulement, que Charles en avait réuni un grand nombre, et que leur popukrité fut de bonne heure considérable. C'est ce qui explique, que des églises rivales, voulant authentiquer des reliques plus récentes et aussi plus douteuses, n'aient rien imaginé de mieux que d'affirmer qu'elles leur venaient d'Aix. Ce fut l'habileté suprême de l'abbaye de Saint-Denis et de l'auteur de la Descriptio *. Mais comment un clerc d'Aix eût- il pu parler de son église sans lui attribuer le rangéminent que, bon gré mal'gré, les autres sanctuaires lui reconnurent ? Au lieu de cela, le récit de la Saga semble ne faire aucune différence entre la vieille basilique et les deux églises de Compiègne et d'Orléans, dont la fondation et surtout la popularité sont de beaucoup postérieures. Toutes trois sont présentées comme contemporaines, et comme se partageant également la faveur de l'empereur. Enfin, parce que Compiègne et Orléans ne prétendent posséder qu'une relique importante, celle-ci son bois de la Croix, celle-là son suaire, il semble qu'on veuille nous faire croire qu'Aix n'avait que son peri:(pniutn, lequel n'était pourtant qu'une de ses grandes reliques. Même, en attribuant le bois de la Croix à Orléans, l'auteur dépouille Aix d'une de ses plus importantes reliques, d'une de celles qu'elle possédait, semble- t-il, dès l'époque de Charlemagne ^
1 . Il est certain, en effet, que la Descriptio, préoccupée uniquement d'authentiquer les reliques possédées par Saint-Denis, n'a pas voulu dresser l'inventaire complet des reliques conservées à Aix dés le temps de Charlemagne. Par contre, comme elle prétend que Saint-Denis tient d'Aix celles que l'abbaye se vante de posséder, il est très probable, qu'elle fait honneur àla vieille basilique impériale de reliques que sans doute celle-ci ne posséda jamais. Malheureusement, tous ceux qui se sont occupés des reliques d'Aix n'ont pas su se mettre suffisamment en garde contre les affirmations intéressées de la Descriptio. C'est aussi le reproche que l'on peut faire à M. Morf, quand, après eux, il croit pouvoir affirmer que telles ou telles reliques étaient à Aix au temps de Charlemagne ou aux siècles suivants. En dernière analyse tous ces renseignements ne reposent que sur la Descriptio. Cf. Romania^ XIII, pp. 221 sq.