‹ Publications spécialesChapitre 87 sur 274 · I . Cf. Romania^ XIII · texte numérisé non relu

I . Cf. Romania^ XIII

Le récit bË LA KARLAMAOSUS'SAGA 1^3

même tiennent le fait pour vrai '. Le seul point obscur serait de savoir, si réellement Charles le Chauve avait pris ou reçu le Suaire de la chapelle d'Aix. Au surplus, il était naiurel de supposer qu'en sa qualité de successeur et d'héritier de Charlemagne, Charles le Chauve avait pu disposer des reliques réunies par son aïeul, et au profit des églises de France. Cette tradition se trouve en tout cas attestée dans un document de 1092, relatif à la translation dans une châsse nouvelle de la relique essentielle de Compiègne, et où il est dit en effet, que le Saint Suaire lui avait été donné par Charles le Chauve *.

Telle semble avoir été la première forme des prétentions de Compiègne touchant sa relique. Comme elle fait remonter à Charles le Chauve sa fondation, elle n'a tout d'abord d'autre ambition que de faire remonter à la même date la possession du Suaire. La concession des reliques aurait fait naturellement partie des dons et privilèges, dont le roi avait accompagné la fondation. L'orgueil et l'amourpropre du clergé de Compiègne pouvaient se contenter de cette fiction, pourvu que des prétentions rivales ne voulussent pas primer l'ancienneté et l'illustration qu'il revendiquait pour ses reliques.

Or, la popularité qu'il voulait leur créer était une menace directe pour celle d'Aix-la-Chapelle. Tous ces nouveaux sanctuaires tendaient à faire oublier les pieux trésors, que l'église de Charlemagne prétendait posséder. De plus en plus, à cette époque, Aix par l'effet de sa situation géographique, devient indifférente ou étrangère à la dévotion du peuple de France. Le coup décisif lui fut porté par l'abbaye de Saint-Denis et par l'immense popularité, qu'au xn' et au xni* siècles celle-ci sut créer à ses reliques de la Passion. A ce moment, la vieille église carolingienne dut s'avouer vaincue. Elle renonça, sans doute, à se donner pour le seul ancien dépôt de reliques vénérables. Si, malgré les prétentions nouvelles de Saint-Denis, de Compiègne, d'Orléans, de Chartres et de tant d'autres églises de France, elle continua à

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