Éd. Rauschen, p
LA DESCRIPTIO DE SAlNT-DENIS . I7I
pour guider les Français, lient lieu de l'itinéraire que l'auteur eût dû nous tracer. Il se borne à mentionner, que Charles arrive à Constantinople « fatigué par le long voyage ». Avec la même brièveté, il note ses victoires sur les païens, son arrivée à Jérusalem, h* remise qu'il fait de la ville au patriarche et aux chrétiens \
Au contraire, dès qu'il est question des reliques, l'auteur n'a garde d'omettre la moindre circonstance, ni le plus petit détail. C'est d'abord l'invention de ces reliques, dont Constantin autorise la recherche et pour laquelle il prend tous les soins possibles, dans le dessein manifeste xle mettre leur authenticité au dessus de tout soupçon*. Il importait également d'établir leur valeur et leur efficacité. C'est à quoi visent les longs récits des miracles qu'elles opèrent dès leur découverte^ Même abondance de détails, quand il s'agit de raconter la deuxième phase de leur histoire, leur transport et .leur séjour dans la chapelle d'Aix ^, Les miracles qu'elles font encore pendant la route, la solennité qui entoure leur arrivée, l'appel . adressé à tous les peuples de venir les vénérer à Aix, l'établissement en leur honneur d'une dévotion annuelle, les grâces et privilèges attachés à la fréquentation de cet Endit^, enfin l'énumération des évêques et prélats, qui avec le pape sanctionnent cette fondation ^, tout a pour but de constituer à ces reliques une histoire aussi vraisemblable et aussi glorieuse que possible. Enfin, quand il s'agit d'expliquer leur passage d'Aix à Saint-Denis, non seulement l'auteur prend soin d'établir à nouveau l'inventaire de ces reliques, non seulement il rapporte toutes les circonstances de ce transfert, mais encore il s'efforce longuement de montrer comment Charles le Chauve s'est trouvé en état, à un moment donné, de disposer en niaître de cette partie de l'héritage de son aïeul 7.