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En réalité, dans Tesprit de l'auteur, tous ces détails doivent composer à ces reliques une histoire complète. Grâce à lui, on les suit depuis leur invention jusqu'à leur arrivée à Saint-Denis, •où elles se trouvent encore au moment où est composée la Description, UefFort est visible pour donner à cette histoire la continuité et la vraisemblance qui exclueront tout doute, qui établiront l'authenticité de ces reliques et leur légitime possession par l'abbaye de Saint-Denis. Tel est le véritable objet de ce récit, dans lequel la Croisade ne sert que d'une introduction. Par là, cette Descriptio est absolument analogue au récit de Benoît de Saint-André et à celui de la KarlamagnuS'Saga, C'est une histoire de reliques, et l'histoire de certaines reliques, racontée dans un dessein intéressé, par un clerc qui avait tout intérêt à la voir s'accréditer.
On ne peut douter, en effet, que ce récit, tout entier à la gloire des reliques de Saint-Denis, ne soit sorti de la célèbre abbaye. On a seulement prétendu, qu'il était le remaniement d'un récit antérieur, composé dans un dessein analogue, par un moine d'Aix, pour défendre les intérêts de son église et authentiquer la possession de ses reliques. Celui ci aurait raconté de même façon l'expédition de Charlemagne en Orient et l'acquisitio des reliques, mais se serait arrêté après leur arrivée à Aix. Plus tard, un moine de Saint-Denis aurait repris ce récit, en y ajoutantun dernier chapitre, où il racontait le transfert de ces reliques dans son abbaye, sous le règne de Charles le ' Chauve.
La composition matérielle de la Descriptio explique, dans une certaine mesure, cette hypothèse. Les trois parties bien distinctes, qui constituent l'histoire des reliques, le fait surtout, que les deux premières semblent former un récit complet, ont pu faire penser que la troisième n'était qu'un épilogue ajouté après coup. L'auteur de la Vita Karoli Magni ' n'a pas hésité à décomposer ainsi la Descriptio, et à transcrire