‹ Publications spécialesChapitre 97 sur 274 · Cf. supra^ pp. 81, sq · texte numérisé non relu

Cf. supra^ pp. 81, sq

3 . C'est à tort que Ton a pu dire que la Descriptio se termine par Thommage rendu à Charlemagne par Constantin. Cf. G. Paris, Histoire poétique de Charlemagne, p. 423.

nous le représenter comme lui étant subordonné. Si, en effet, le titre d'enipereur lui est parfois donné aussi bien qu'à Constantin \ si ailleurs même il est désigné comme « semper triumphator et augustus », le plus souvent on ne lui donne que le titre de roi. Il est le roi de TOccident, « rexOccidentalium », et la dignité impériale semble plus spécialement réservée au monarque grec. A la façon dont il intervient en Orient pour la défense de la Terre Sainte, on dirait même qu'il n'est que le lieutenant de Constantin *. Quelque prétexte qu'invoque celui-ci, pour se substituer Charles dans la lutte contre les Infidèles ', on a bien l'impression qu'il est, lui, le chef de la chrétienté, auquel s'adresse d'abord le patriarche de Jérusalem et que le roi d'Occident est l'auxiliaire, le vassal, dont il réclame l'aide. Charles lui-même, une fois les païens vaincus, ne croit pas pouvoir retourner en France sans le congé de Constantin. II a le sentiment d'être au service de l'empereur grec : quand celui-ci insiste pour le retenir il croit que c'est pour se servir encore de lui contre un autre ennemi 4. Cependant, nulle part n'est affirmée expressément la subordination de Charleç à l'empereur grec, et, en cela, la Descriptio se distingue très nettement du récit de la SagaK La façon dont celui-ci nous peignait le passé à l'image du présent, et nous représentait le roi grec comme le chef de la chrétienté, dès le temps même de Charlemagne, pouvait en effet choquer à la fois le sentiment populaire et la vérité historique. Il était plus conforme à l'un et à l'autre de nous montrer les deux princes traitant d'égal à égal et les deux empires absolument indépendants. C'est la réalité qu'avait constatée Eginhard, et qui s'était traduite de façon si naïve dans les anecdotes rapportées par le moine de Saint-Gall ^.

C'est cette même conception que nous retrouvons dans la Des-

1. La Descriptio parle en effet de messages envoyés ad imperatorem gallicum et aussi d'une discussion inter duos imperatores.

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