‹ Publicistes modernesChapitre 29 sur 32 · H..H0SS · texte numérisé non relu

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dans la Notice qu'il a consacrée à Rqesi, comme secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences morales et politiques, a dépeint cette situation réciproque du pontife romain et du libéral ambassadeur dans des termes dont l’expressive et piquante justesse devait survivre à l’époque à laquelle ils s’appliquent « Généreux, mais lent, dit M. Mignet; sensible aux acclamations reconnaissantes de ses peuples et à l’enthousiasme respeç? tueux du monde, mais retenu par les scnipules que loi suggéraient les défenseurs immobiles du pontificat absolu; heureux des droits qu’il concédait, mais effrayé des attentes qu’il faisait naître, le régénérateur un peu irrésolu des Etats romains fut conduit successivement à

accorder la formation des gardes civiques et des administrations municipales, la réunion des délégués provinciaux à Hume, l’introduction des laïques dans le conseil réorganisé des ministres, et l’établissement d’une consulte d’État auprès du saint-siège. Placé entre les résistances du parti rétrograde, qui retardait les conces-^ sions sans les empêcher, et les exigences du parti révolutionnaire, qui les obtenait sans s’y arrêter, il n’avait pas su, comme le lui conseillait habilement M. Rossi, opérer les réformes nécessaires avec décision, les circonscrire avec fermeté et former un parti moyen qui, satisfait de ses nouveaux droits, l’aidât à gouverner avec modération et avec justice. » Enlisant la correspondance de M. Rossi, on est frappé de la vigueur de son esprit, de la libéralité de ses conseils, de la fécondité de ses. expédients et de la justesse de ses prévisions. La ppli-

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tique qu’il propose est toujours généreuse, tout en restant praticable. « .Mais , écrivait-il , dans ce gouvernement de l’inaction, l’intelligence ne peut rien contre les habitudes; ils comprennent et n’osent agir. » Et ailleurs : « On persévère dans les bonnes résolutions, mais on n’agit pas; ce n’est pas l’idéal du gouvernement, c’est le gouvernenicnt à l’état d’idée. »

Pendant les années 1840 et 1847, une vive émulation de réformes saisissait tous les États de la Péninsule, et entraînait au commencement de 1848 la proclamation de constitutions à Naples, à Turin, enfin à Rome, où le pape établissait, le 14 mare, le régime constitutionnel. La révolution de Février vint tout précipiter. Elle enleva à M. Rossi l’ambassade de Rome, avec scs places et ses titres. Cet homme, que les partis ont parfois peint comme un ambitieux vulgaire, n’en fut ]>as moins rempli d’enthousiasme lorsqu’il vit ritalie entière s’élancer, sous le drapeau du roi Charles-Albert, à la comjuète de son indépendance. Saisi de la plus généreuse ardeur, il envoya un de scs fils combattre j)Our cette cause de sa jeunesse, sur laquelle ni l’âge, ni les déceptions, ni les agitations du parti révolutionnaire n’avaient pu le refroidir. Dans le printemps de 1 848 , il écrivait trois fragments restés inédits, qu’il intitulait Lettres d’un dilettante de la politique sur l’ Allemaqnc, la France ' et rikdie. Nobles lettres, pleines d’âme, pleines de sens, qu’il adressait à une dame anglaise, et qu’il commeiiinit par des paroles dignes d’un pocle patriote; elles montrent bien quel feu d’imagination, quelle ardeur de sentiments et quel élan de cœur il y avait sous cette apjiarcnce impassible et sous cet air dédaigneux de philo-

sophe désabusé et de politique sans illusion : « Vous souvenez-vous, disait-il, vous souvenez-vous des verë de votre pocte sur le cadavre de la Grèce? Eh bien!

’ pour vous, pour moi, ^ur quiconque a l’amour de la poésie, de la science, de la civilisation, la Grèce et l’Italie sont deux sœurs diverses d’âge, égales de beauté et de gloire. Elles étaient mortes l’une et l’autre; mais depuis que la première est presque ressuscitée, vous ne pouviez me réciter ces beaux vers sans que cette pensée ne se tournât douloureusement sur celle qui gisait toujours belle, mais inanimée et froide. Dieu soit béni! nous avons donc vu ce sein se gonfler de nouveau du souffle de la vie, ces joues se colorer et ce bras se lever.

Et la première action a été un combat, une victoire, on prodige! Vous femme, vous en avez pleure d’admiration et de joie; moi homme, en rira qui voudra, j’en* ai pleuré comme voüs. » Dans ces lettres, toutes dignes de lui, il soutenait la nécessité, l’urgence de mettre fin à toutes les divisions, de se rallier au roi Charles-Albert, de créer un royaume de l’Italie du Nord, comprenant la Lombardie, la Vénétie, Parme et Modène. Il indiquait au pape, comme seule ressource, de prendre franchement en main la cause italienne. Le pape vit en lui un dernier recours contre l’anarchie. II espéra pouvoir, sans danger pour son trône, inaugurer plus complètement l’ère des réformes. Au mois de septembre, après de longues hésitations et de longs pourparlers , vivement - ' pressé par Pie IX, M. Rossi accepta de devenir lé chef des conseils du saint-siège, et, entamant l’œuvre des réformes, il eut l’art d’obtenir du clergé de contribuer pour trois millions d’écus, projeta la réorg^i^tion

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