Commerce
L'étendue du commerce d'un pays est dans le rapport le plus intime avec celle de ses productions. Une ville comme Hambourg, Londres, New- York peut se borner au simple rôle d'intermédiaire, de commissionnaire, et faire d'immenses affaires; mais un grand territoire est trop vaste pour n'être qu'un entrepôt: il faut qu'il constitue d'une part un champ ou un atelier et de l'autre un marché. C'est en effet pour sa propre consommation qu'on importera la plus grande partie des marchandises qui y entreront, et c'est par ses productions agricoles et manufacturières qu'on les paiera.
D en résulte, que tout ce qui contribuera à l'accroissement de la production et de la consommation, sera utile au commerce et à la navigation. Autrefois on croyait pouvoir faire progresser la production au moyen de règlements et de restrictions, actuellement on reconnaît que la liberté vaut encore mieux que ces prescriptions souvent malentendues. La liberté, sans doute, n'empêche pas de faire dès fautes, mais n'empêche pas non plus de les corriger dès qu'on les a constatées, tandis que les dispositions restrictives pouvaient devenir un obstacle à toute amélioration.
Il est inutile de dire que nous ne parlons ici que de la liberté industrielle et commerciale ; il n'entre pas dans notre
cadre d'aborder la question de l'influence de la liberté politique.
La cause de la liberté industrielle est maintenant gagnée, du moins en principe, dans toute l'Europe. L'Allemagne qui a été longtemps en retard dans cette voie, vient de voir tomber la plupart des barrières dans lesquelles les corporations professionnelles étaient parquées depuis le moyen âge. Ce qui en reste ne tardera pas à disparaître à son tour.
La suppression des prohibitions dans la législation douanière de la France justifie l'espoir que la liberté commerciale ellemême s'implantera un jour en Europe. Toutefois, le libre échange n'est pas la négation de toute espèce de droit de douanes, mais seulement des droits protecteurs. Les taxes dites fiscales sont simplement des impôts, dont les convenances peuvent être discutées dans certains cas, mais dont la conservation ou la suppression serait décrétée par d'autres motifs que ceux fournis par les doctrines opposées du free-trade ou de la protection.
Les droits fiscaux se distinguent des droits protecteurs principalement en ce que les premiers s'appliquent à des marchandises qui n'ont pas de similaires dans le pays. Nous disons principalement, car les taxes sur le vin, l'eau -de -vie et le sucre ne sont généralement que des droits fiscaux, lors même que le pays possède des vignes, des distilleries et des champs de betteraves.
Nous avons établi une carte (11) destinée à faire distinguer d'un coup d'oeil les pays où le tarif douanier est libéral de ceux où il l'est moins. Comme base et en même temps comme contrôle de cette carte nous avons dressé le tableau XX où l'on trouve 1° la moyenne générale de la taxe, obtenue en divisant la valeur totale des marchandises importées par le produit des droits d'entrée, et 2° le taux moyen des droits
protecteurs. Pour établir ce dernier rapport , nous avons procédé de la manière suivante: nous avons défalqué de la valeur totale des marchandises importées, la valeur des (principaux) produits imposés uniquement dans l'intérêt du Trésor, savoir: le vin, l'eau-de-vie, le tabac, le café, le sucre, le chocolat. La somme qui est restée après cette soustraction représente la valeur des marchandises protégées. Nous avons ensuite recherché le montant des droits d'entrée -payés par les six marchandises énumérées ci -dessus et nous l'avons ôté du total des droits d'entrée; le reste peut être considéré comme l'équivalent des droits protecteurs. Une simple division en a ensuite fait connaître le taux moyen.
Nous avons naturellement consacré une carte spéciale au commerce (carte 10). Le tableau XIX indique la situation la plus récente du mouvement commercial en Europe. Nous avons pu nous borner à reproduire seulement la dernière année, parce que le progrès est à peu près constant dans tous les pays. Nous devons faire remarquer ici que, le Zollverein ne publiant que les quantités des marchandises importées ou exportées, nous avons adopté, pour la valeur, les évaluations de M. Otto Hiibner; pour les valeurs de la Suisse, dont le tableau des douanes ne renferme également que les quantités, nous avons reproduit les calculs de M. Chemin Dupontés, dont la compétence en ces matières est connue. Enfin, lorsque nous avons eu à évaluer le montant du commerce de la Prusse, nous avons pris la moitié du chiffre attribué au Zollverein
') Nous avions d'ubord l'intention de rapprocher quelques articles caractéristiques de chaque tarif; mais la mobilité qui règne actuellement dans cette partie de la législation commerciale nous y a fait renoncer.
Ajoutons que les dernières mesures douanières de la France et de l'Angleterre ont rendu les tarifs de ces pays uu peu plus libéraux encore que ne l'indique notre tableau, mais la différence n'est pas bien grande.
Il ne nous reste plus, pour compléter cet exposé, qu'à faire connaître les relations commerciales entre les divers pays et le mouvement des principales raarchandisses.
Relation» commerciales entre les divers pays.
On a déjà fait souvent la remarque, qu'en comparant entre eux les tableaux du commerce extérieur des divers pays, l'expdrtation de l'un différait beaucoup de l'importation correspondante de l'autre. On s'est demandé, par ex., d'où il vient que, d'après le document français, la valeur de l'importation de provenance anglaise est de 278 millions de francs, tandis que le document anglais accuse pour la France une exportation de 16,870,0001. st. ou près de 422 millions de francs? Nous avons déjà examiné ce point dans un article inséré
dans le Journal des Économistes (année 1857, t. XV. p. 99)
et après l'avoir considéré de nouveau, nous sommes toujours d'avis que les différences que nous avons signalées doivent être ramenées aux causes suivantes:
1 0 Le prix des diverses marchandises n'est pas le même dans les pays qu'on compare; ils ne sont pas fixés avec un soin égal, ni d'après les mêmes principes.
2° A l'exportation, et même à l'importation en franchise, les déclarations se font avec négligence et souvent au hasard, parce que personne n'est intéressé à les contrôler. Quand la statistique parait seule en jeu, on ne se croit pas tenu à une grande exactitude.
3° On indique généralement comme provenance et destination le dernier port où l'on a fait escale, ou le premier où l'on se propose de relâcher. On n'apprend ainsi en réalité ni la véritable, origine, ni la vraie destination d'une quantité notable de marchandises.
Tant que la valeur de l'exportation inscrite sur les tableaux d'un pays ne s'accordera pas avec l'importation
correspondante de l'antre, on ne pourra même pas faire des comparaisons complètement rigoureuses entre les entrées et les sorties du même État. Comment expliquer d'une manière satisfaisante d'où il vient qu'un pays a toujours un excédant, soit d'importation, soit d'exportation, tant qu'on n'aura pas des chiffres rigoureux, inattaquables. Il y a là, encore plus d'un problème économique qui attend sa solution. A quoi sert-il que les tableaux soient admirablement combinés et qu'ils soient remplis avec grand soin, si les matériaux laissent à désirer!
Nous considérons, comme seules exactes les quantités des marchandises ayant payé un droit à l'importation. Mais comme ces marchandises forment une partie considérable de l'ensemble des affaires, les données des tableaux du commerce sont en somme suffisamment approximatives pour divers emplois statistiques et politiques. La pratique n'exige pas non plus toujours une exactitude aussi sévère que la science. On se décidera peut-être à prendre les moyens nécessaires pour rapprocher encore de la vérité les importants documents en question; en attendant voici des résultats qui, s'ils ne sont pas exacts jusque dans les derniers détails, le sont assez pour nous permettre d'apprécier dans son ensemble le mouvement commercial de chaque pays:
France. Les dix pays dont l'importation en France est la plus considérable sont (commerce spécial de 1859): Grande- Bretagne 278,200,000 f., États-Unis 198,500,000 f., Belgique 160,200,000 f., Turquie 108,300,000 f., Zollverein 106,800,000 f., Indes anglaises 60,600,000 f., États -Sardes 83,300,000 f., Russie 54,600,000 f., Espagne 54,500,000 f., Suisse 52,300,000 f. Nous avons donné ici les valeurs actuelles qu'une commission spéciale fixe tous les ans pour l'exercice écoulé. Les valeurs officielles — basées sur des prix fixés en 1826 et maintenues
Block, PuUfftnce comp. 9
sur le tableau pour faciliter les comparaisons — auraient fait classer les pays dans un ordre un peu différent.
Parmi les contrées qui, sur le tableau des douanes, suivent les dix précédentes, nous remarquons au N° 13 les Pays- Bas 40,000,000; N° 27 les villes hanséatiques 17,000,000; N" 30 la Suède. 16,800,000; N° 34 l'Autriche 12,200,000; N° 52 Danemark 400,000 f.
A l'exportation, le classement ne diffère pas beaucoup de celui de l'importation. Voici la valeur des marchandises exportées de France aux pays ci-après: Grande-Bretagne 591 millions, États-Unis 303 millions, Alger 147 millions, Belgique 169 millions, Zollverein 148 millions, États-Sardes 125 millions, Suisse 116 millions, Espagne 101 millions, Brésil 62 millions, Turquie 39 millions. Sur les tableaux de l'exportation nous trouvons la Russie au N° 16 en regard de 28 millions, ensuite: N° 21 Pays-Bas 15 millions; N° 28 villes hanséatiques 23,500,000; N° 30 Indes anglaises 9,500,000; N° 32 Autriche 5,500,000; N° 43 Suède 2,500,000; N° 45 Danemark 2,500,000. Tous ces nombres sont ceux de l'année 1859 et dépassent pour presque tous les pays les chiffres des années antérieures.
Nous avons donné au tableau XIX la valeur totale du commerce spécial de la France. La valeur du commerce général, qui comprend comme on sait le mouvement du transit et des entrepôts, a été de 2,354,800 à l'importation et de 3,057,100 à l'exportation. Sur ces nombres, la part du commerce par terre a été de 774 millions à l'entrée et de 752 millions à la sortie, et celle du commerce par mer de 1,580,400,000 à l'importation et de 2.304,900,000 à l'exportation. L'ensemble du mouvementcommercialadoncété parterre de 1,526,000,000 et par mer de 3,885,300,000 fr., dont 421 millions représentent la quote-part des colonies. En 1860, la valeur actuelle de l'im-
portation (corn, spéc.) a été de 1897 millions et celle de l'exportation de 2277 millions.
Grande-Bretagne. L'importation la plus considérable est inscrite sur les tableaux anglais en regard des pays qui suivent:
Utt. «t j Uvr. 8t.
États-Unis 34,294,000 Australie 5,834,000
France 16,870,000 ! Colonies de l'Amérique d. N. 4,474,000
Indes orientales . . . 15,244,000
Russie 13,548,000
Chine 9,014,000
Egypte 8,572,000
Pays-Bas 6,962,000
Ville» hanséatiques . . 5,241,090
Prusse (Zollvcrein ') . . 4,755,000
Suède et Norwége . . . 3,529,000
Espagne ...... 3,285,000
Cuba etc 3,700,000
On voit que les colonies prennent une part importante clans le commerce anglais, car si les pays étrangers importent pour une valeur de 139,708,000 1. st., les colonies et possessions anglaises envoient de leur côté pour 39,474,000 L st. de marchandises.
En dehors des pays que nous avons mentionnés dans le tableau qui précède, nous devons citer l'importation: de la Belgique 3,532,000 L st., du Portugal 1,795,000 L st., de l'Autriche 968,000 1. st., du Brésil 2,828,000 L st.
Les pays auxquels la Grande-Bretagne envoie les plus grandes quantités de marchandises sont les suivantes:
Hvr. bL ! livr. st.
États-Unis 24,417,000 j Chine 4,586,000
Indes orientales. . . . 20,782,000
Australie 12,493,000
Villes hanséatiques . . 12,242,000
France 9,561,000
Pays-Bas 9,309,000
Turquie 4,042,000
Espagne et Cuba . . . 4,027,000
Colonies de l'Amérique d.N. 3,965,000
Brésil 3,840,000
Belgique 3,703,000
Russie 6,343,000 | Egypte 2,341,000
La Prusse ne vient qu'en 15 e dans cette série avec un chiffre de 2,236,000 1. st. et ensuite le Hanovre avec 1,461,000, ce qui fait pour l'exportation anglaise destinée au Zollverein un total de 3,697,000 1. st. L'Autriche reçoit pour 1,025,000'!.
') En outre, Hanovre 139,000 livres sterlings.
de marchandises anglaises, la Suède et la Norwége pour 1,424,000, le Danemark pour 936,000 et ses colonies pour G7H,000 livres. Les Etats qui forment actuellement le royaume d'Italie figurent ensemble pour environ 4,200,000 sur les tableaux d'exportation de la Grande-Bretagne.
Les colonies et possessions anglaises constituent pour l'industrie anglaise un marché très -important, puisqu'elles ont reçu pour 47,639,000 L de marchandises contre 108,053,000 1. destinées à l'étranger.
Autriche. Les tableaux autrichiens n'indiquent que la frontière par laquelle une marchandise est entrée ou sortie. Nous nous bornons donc à donner les indications suivantes:
Provenance et destination.
Valeur en fl.
pr. C.
Importation en loQo.
Par terre.
Venant de l'Allemagne méridionale . .
„ de la Prusse
„ de l'Italie . .
„ de la Suisse . • . . . . .
Total . . .
Par mer.
Autres
Total . . .
Total de l'importation .
Exportation en 18Ô8.
Par terre^
Allant dans l'Allemagne méridionale
,, en Saxo
„ en Russie
m en Turquie
„ en Italie
Total . . .
Valeur on fL P r. C.
Par mer.
Tort de Tricste „ Venise Autres ports .
Total . .
Total de l'exportation
A en juger d'après les chiffres portés en regard de l'Allemagne méridionale, de la Saxe et de la Prusse, c'est le Zollverein qui a les relations commerciales les plus étendues avec l'Autriche. En 1859 l'Autriche importe pour. 255,612,000 fl. et exporte pour 277,828,000; en 1860 l'importation est de 229,231,000 et l'exportation de 306,849,000.
Zollverein. Il est regrettable que les tableaux de l'association douanière allemande ne soient pas assez détaillés pour permettre de contrôler ces données. Ce document n'indique également que les bureaux ou les frontières d'entrée et de sortie et non l'origine et la destination réelles, et se borne à enregistrer les quantités. Nous reconnaissons, qu'en bien des cas, les quantités sont seules rigoureusement comparables ; il n'en est pas moins vrai qu'il est souvent désirable de pouvoir saisir d'un coup d'oeil l'ensemble des mouvements du commerce. Comment le Zollverein peut-il savoir, sans établir la valeur au moins approximative des marchandises, si son commerce augmente ou diminue. Serait-ce par le produit des droits de douane? Ce moyen ne serait applicable que si le taux des taxes restait immuable. Même dans ce dernier cas l'indication annuelle des prix aurait son utilité. Enfin le relevé des provenances et des destinations constitue un renseignement si important, que nous sommes vraiment surpris que l'Association se contente do données aussi vagues que le classement des entrées et des sorties par frontières.
Nous croyons que le document allemand est resté incomplet
seulement parce qu'on voulait qu'il fût parfait; le mieux a donc encore été* l'ennemi du bien. Quand on ne peut pas avoir un renseignement rigoureusement exact, il vaut encore mieux avoir une donnée approximative que rien. On ne doit pas oublier que plusieurs sciences et d'innombrables mesures administratives, entreprises commerciales et en général d'actions humaines reposent sur des données approximatives. Demandez à un médecin très-occupé, combien de fois il est très-certain de connaître la maladie pour laquelle il prescrit un remède? Quel négociant sait toujours le prix auquel il vendra la marchandise qu'il achette?
Faisons donc aussi bien que possible, c'est parfaitement assez.
Russie. Parmi tous les pays avec lesquels la Russie entretient des relations commerciales, l'Angleterre occupe le premier rang; 35% de l'ensemble en revient à elle seule. La Prusse ou le Zollverein suit d'assez loin (12%); ensuite la France (7%); l'Autriche (5J%); la Turquie (5£%); l'Italie (3%). Le commerce avec l'Amérique est peu important.
Italie. On n'a pas encore de renseignement sur le commerce du nouveau royaume.
Belgique. A l'importation de la Belgique figurent principalement les États suivants: France 110,500,000, Pays- Bas 93,500,000, Angleterre 78,000,000, Zollverein 35,000,000, Rio de la Plata 33,500,000, Russie 25,500,000, États-Unis . 21,500,000, Cuba et Porto-rico 8,000,0001, Suède et Norwége 6,500,000, Brésil 6,000,000 de francs.
On a exporté de Belgique des marchandises pour les destinations et les valeurs suivantes: France 150,000,000 f., Angleterre 76,500,000 f., Pays-Bas 58,500,000 f., Zollverein 48,000,000 f., villes hanséatiques 11,000,000 f., États-Unis
11,000,000 f., Espagne 8,500,000 f., Russie, Antilles espagnoles 6,500,000 f., Turquie 6,250,000 f.
Dans ces chiffres ne sont pas compris les mouvements des métaux précieux. On en importe pour 86,978,520 f., venant principalement de France (78,269,651 f.), mais on en exporte pour 292,829,086 f., particulièrement pour l'Angleterre (218,500,000), le Zollverein (34,000,000), les Pays-Bas (27,500,000), la France (12,500,000).
Danemark. La Grande-Bretagne et Hambourg absorbent les % du commerce danois. Viennent ensuite par ordre d'importance la Norwége, la Suède, la Russie, la Prusse et les autres pays voisins. L'importation et l'exportation réunies de la France n'atteignent pas 0.66 % du commerce danois. Du reste, le Danemark n'est pas un État industriel, et son commerce est d'une étendue assez modeste.
Pays-Bas. Ce pays ne se distingue pas non plus par ses manufactures, mais son commerce dépasse celui de maint État plus considérable. Sous ce rapport, la Hollande se trouve favorisée par ses nombreuses et importantes colonies et par la multiplicité de ses voies navigables intérieures, qui forment une ligne d'une longueur bien grande en comparaison de l'exiguïté de son territoire.
Les dix pays avec lesquels son commerce est le plus actif sont les suivants:
Importation. , Exportation.
florins
florins.
Zollverein ........
Java etc
Belgique
l'rance
États-Unis
Russie
Hambourg
Hanovre et Oldenbourg . .
Deux Siciles
Portugal. A l'ensemble des affaires de cette contrée qui s'élève à 18,500,000 milreis, l'Angleterre participe pour plus de 8,500,000. Nous citerons ensuite: le Brésil 4,000,000, la France 1,500,000, les États-Unis 500,000 milreis. De ses colonies le Portugal tire pour 6 à 700,000 milreis de marchandises, et il lui en envoie pour environ 400,000.
Espagne. Dans le royaume où „le soleil ne se couche pas", bien que le territoire espagnol qu'il éclaire soit bien diminué, les colonies contribuent également pour une forte part au commerce de la métropole. Cuba envoie pour 167,000,000 de réaux et reçoit pour 229,000,000 de marchandises ; Porto-rico donne 7,000,000 pour 13,000,000, ce qui est une transaction plus avantageuse que celle des Philippines qui n'obtiennent que 3,500,000 en échange des 23,000,000 expédiés pour la métropole.
Parmi les États de l'Europe, la France occupe sur le tableau espagnol le premier rang pour l'achat comme pour la vente. L'Espagne reçoit de l'empire français des marchandises valant 467,500,000 réaux et lui en expédie pour 270,500,000; la Grande-Bretagne lui en demande pour 334,500,000 et lui en fournit .pour 196,500,000, sans compter Gibraltar qui importe en Espagne pour 63,000,000 et en exporte pour 19,500,000. La Suède, la Russie, l'Italie et les villes hanséatiques entretiennent également des relations suivies avec l'Espagne.
En Amérique, nous devons surtout mentionner les États- Unis qui importent pour 147,000,000 et exportent pour 52,000,000 de réaux. Vénézuéla, le Brésil et le Pérou ne sont pas non plus à dédaigner. L'Afrique, notamment l'Égypte et le Maroc, fournissent pour 7 à 8,000,000 de réaux et l'Espagne leur envoie pour une valeur de 2 à 300,000 réaux seulement. En revanche l'Algérie importe en Espagne pour 33 à. 34,000,000 de réaux et en exporte pour 19,000,000.
Suède et Norwége. En Suède, comme partout dans le nord, c'est l'Angleterre qui est le meilleur client. C'est ainsi qu'en 1858 la Grande-Bretagne a contribué pour 11,500,000 aux 57,000,000 de rixdales (1 f. 41) qui représentent l'ensemble des importations de la Suède, et reçu 23,500,000 sur une somme d'exportation s'élevant à 59,000,000. Après l'Angleterre c'est Lubeck qui fait des affaires considérables avec le royaume Scandinave : son importation en Suède est de 12,236,000 rixdales et son exportation de Suède de 4,393,000. Mais il est évident que la ville hanséatique n'est ici que l'intermédiaire entre le vrai producteur et le consommateur réel. Le Danemark, favorisé par le voisinage, tire de la Suède pour 4,500,000 et y expédie 5,500,000. Avec la Norwége aussi les relations sont multipliées : la Suède y exporte pour 2,297,000 rixd. et en importe pour 5,162,000 rixd. On a le droit d'être surpris que les deux États jumeaux, jouissant de ,,1'Union personnelle" ne forment pas une unité douanière.
Par suite 6ans doute d'anciennes relations, les affaires avec la Finlande s'élèvent à 1,500,000 de rixd. à l'importation et à autant à l'exportation. Il vient en outre de la Russie proprement dite pour près de 2,000,000 de marchandises et on y expédie pour environ 250,000. La Suède reçoit de Prusse pour 1,000,000 et lui envoie pour 2,333,333|; elle reçoit également la valeur d'un million de rixdales de France, mais elle lui expédie pour 5,000,000 de marchandises. Enfin, l'ensemble du commerce de la Suède avec les États-Unis se monte à 5,000,000, celui avec Hambourg à autant, et celui avec Brème à la moitié de ce chiffre.
Quant au commerce de la Norwége nous nous bornons à faire remarquer que ses cinq principaux clients sont l'Angleterre, la Hollande, le Danemark, la Suède et la France. Ces cinq pays absorbent 79 à 80% de ses importations et exportations.
Suùse. On sait que le commerce de la Suisse est relativement considérable, mais on n'a pas de données certaines sur la direction qu'il prend. La plus grande partie de ses exportations passent la frontière française, probablement à titre de transit pour l'Amérique; des quantités notables de marchandises vont aussi dans le Zollverein, en Autriche et en Italie. Il est fort à regretter qu'on n'ait pas, sur ce point, de plus amples renseignements. On entend souvent vanter l'économie que tel pays met dans son administration, on fait .ressortir la faible somme qu'elle coûte, mais en regardant de plus près on trouve quelquefois qu'ow en a pour son argent, comme dit le peuple. Le mérite ne consiste pas à obtenir pour peu d'argent un résultat correspondant, mais h exécuter de grandes choses avec de faibles moyens.
Mouvement des marchandises.
Dans la précédente section nous avons essayé de donner une esquisse des relations internationales créées par le commerce. Nous nous proposions surtout de faire connaître les pays avec lesquels chaque État entretient les rapports les plus fréquents. Dans la présente section notre tâche consistera à suivre le mouvement des marchandises et à en indiquer autant que possible l'origine aussi bien que la destination.
A tout seigneur tout honneur. C'est la seule raison pourquoi nous commençons notre revue par le commerce des grains, bien que le blé soit une marchandise d'un mouvement assez irrégulier. Il est sans doute des contrées qui tous les ans ont besoin d'un supplément du dehors; la Grande- Bretagne par exemple, a importé dans les douze dernières années les quantités ci -après de froment (en quarters de 291 litres):
L'importation des autres céréales s'est élevée en outre à 5,946,546 quarters en 1858, à 5,517,761 quarters, en 1860 à 7,125,662 quarters. Comme la Grande-Bretagne, plusieurs autres pays, moins étendus il est vrai, ont besoin de compléter leurs approvisionnements de grains, tandis que dans d'autres l'abondance alterne périodiquement avec l'insuffisance. Telle est la France. Ainsi, de 1821 à 1858, en 38 années, on compta 20 années de déficit et 18 d'abondance 1 ). En 1859 et en 1860 il y a également excédant d'exportation, de sorte que les 40 dernières années se divisent sous le rapport de la qualité des récoltes en deux parties égales. Dans cette longue période, la plus forte importation eut lieu en 1847 où il entra 8,846,315 hectolitres de froment et d'épeautre, et si l'on y ajoute la farine, évaluée en grains, on obtient le chiffre de 9,157,943 hect. Vient ensuite l'année 1856 qui présente la quantité de 7,151,124 hect., et en y comprenant la farine 8,854,856 hect. La plus forte exportation a été constatée en 1858 6,611,193 hect. et en 1851 5,003,378 hect., l'une et l'autre fois en y comprenant la farine qui en formait les 2 / 3 . Toutefois, si dans ces deux dernières années on ne compte que Y excédant de l'exportation sur l'importation, on trouve seulement 4,697,327 hect. en 1858, et 4,900,829 hect. en 1851. ■ •
1 ) Il y eut des excédants d'exportation dans les années suivantes: 1822, 1823, 1824, 1826, 1827, 1834, 1835, 1836, 1837, 1838, 1841, 1842, 1848, 1849, 1850, 1851, 1852, 1858, 1859, 1860. On voit que les vaches grasses et les vaches maigres se groupent. — On pourrait se demander, s'il faut quo plusieurs bonnes récoltes se suivent pour que la France puisse exporter de notables quantités de grains. Les années que nous avons omises dans rémunération ci-dessus présentent des excédants d'importation.
Le commerce des grains étant soumis à de grandes fluctuations, nous en avons dû étudier le mouvement pour une année de cherté. Le résultat de nos relevés se trouve au tableau XXL On peut le résumer ainsi : il y a eu en 1856 excédant d'importation dans les pays suivants : France, Grande-Bretagne, Italie, Belgique, Pays-Bas, Espagne, Suède (froment seulement), Suisse; il y eut excédant d'exportation dans les contrées qui suivent: Autriche, Zollverein, Russie, Turquie, Danemark, Portugal, Suède (céréales diverses).
On ne doit pas oublier que les États-Unis fournissent aussi à l'Europe de grandes quantités de grains. Pendant l'exercice 1856 — 1857, ce vaste pays en a expédié pour le marché européen 14,570,000 bushels (35% litres) ou 5,338,000 hectolitres. Il est à regretter que l'exercice, c'est-à-dire l'année administrative ou financière, ne commence pas partout à la même époque; à défaut de cette uniformité nous sommes obligés de comparer l'année qui commence en janvier 1856 (France) avec celle qui commence au 1 er juill. 1856 (États-Unis).
A côté des céréales, sur le même tableau XXI, nous avons porté l'importation et l'exportation du vin et de l'eaude-vie. Les contrées qui exportent de notables quantités de vin sont la France, l'Espagne, le Portugal; l'Autriche n'a qu'un faible excédant. Le Zollverein fournit d'excellents vins, mais les entrées l'emportent sur les sorties. Le meilleur client des pays à vignoble, c'est la Russie, et après elle les Pays-Bas et la Grande-Bretagne. Le Royaume -uni est le plus fort importateur d'eau-de-vie.
Le tableau XXII, relatif au commerce des chevaux et du bétail, montre que l'espèco chevaline ne forme pas un important objet de commerce international. Les bêtes à cornes et les bêtes à laine lui fournissent des ressources bien plus considérables; les porcs, au contraire, ne constituent un
remarquable article d'importation que dans le Zollverein et en Autriche, sans qu'on puisse bien se rendre compte d'où ils viennent. Les nombres doivent comprendre beaucoup de cochons de laits dont l'exportation n'aura pas été déclarée ou qui l'aura été avec négligence.
Ce sont peut-être les denrées coloniales (tableau XX III) qui fournissent le plus fort aliment au commerce international.
Commençons par le café. On évalue la production de ce précieux fruit ou noyau aux quantités suivantes:
(En millions do kilogrammes.)
Antilles anglaises .
— franc,, etc.
Manille ....
Cuba et Porto-Rico
Autres contrées .
Total
Une notable partie de ces quantités reste dans les pays de production ; une autre partie s'en va alimenter la consommation américaine, et le reste vient en Europe, ou il passe souvent par plusieurs mains avant d'arriver au consommateur. L'usage du café n>st pas également répandu dans tous los pays, parce qu'en Angleterre on lui préfère le thé, en Espagne le chocolat; toutefois, la consommation moyenne est encore assez sensiblement différente d'une contrée a l'autre, même lorsque ces deux boissons lui font moins de concurrence, comme on pourra s'en convaincre en comparant l'excédant de l'importation (tabl. XXIII) avec la population (tabl. II).
Quelque grand que soit le mouvement commercial auquel le café donne lieu — 5 à 600 navires sont occupés à le transporter — , la circulation des capitaux due au sucre le dépasse encore de beaucoup. On sait que cette denrée était récoltée avant le 19* siècle exclusivement dans les pays
chauds, et qu'elle était tirée seulement de la canne à sucre. Par suite du blocus continental on en fabrique maintenant d'immenses quantités en Europe même, nous voulons parler du sucre de betteraves. On sait que l'industrie sucrière, on devrait dire betteravière, est une idée née dans la tête d'un savant prussien (Margraff) et rendue pratique par un habile industriel français (M. Crespel - Delisse). Que de grandes choses une union intime entre la France et l'Allemagne ne pourrait-elle pas produire ! Mais revenons à la fabrication du sucre.
Les quantités de sucre de canne qui entrent annuellement dans le commerce peuvent être évaluées, d'après les meilleures autorités, aux chiffres suivants :
qu. roctr.
Colonies anglaises 3,515,000
„ espagnoles 3,250,000
Brésil 2,000,000
Colonies hollandaises 660,000
„ françaises 646,600
„ danoises 75,000
États-Unis 1,364,000
Espagno 75,000
Total . . . 11,575,600
Pour établir la production totale , on doit ajouter à ces chiffres les quantités consommées sur les lieux mêmes, savoir: aux Indes 6,000,000 de quintaux, aux Etats-Unis, en Espagne etc. 3,000,000, de sorte qu'on arrive à un total général de 20,500,000 de quintaux.
On produit en outre environ un million de quintaux de sucre de palme, 202,500 qu. de sucre d'érable et 3,600,000 qu. de sucre de betteraves. Le sucre est une marchandise qui vaut dans les fabriques environ 2,200,000,000 de francs, qui fournit peut-être 600,000,000 aux caisses des divers États et que le consommateur paie en fin de compte au moins 3,200,000,000. Car pour arriver jusqu'à lui, cette denrée a
passé par plusieurs mains. Le même pain de sucre a eu au moins trois possesseurs, ce qui constitue pour l'ensemble des transactions un mouvement de capitaux de 10,000,000, disons dix milliards de francs !
Le tableau XXIII donne l'importation et l'exportation des divers États de l'Europe. Nous regrettons que le défaut d'espace ne nous permette pas d'ajouter maint détail intéressant; nous sommes obligés de nous borner à donner la production du sucre de betteraves dans les États qui suivent :
France 1 ) .... 1,500,000 qu. [Belgique 350,000 qu.
Autriche .... 450,000 Grande-Bretagne . . 2,500
Kussie 250,000 Autres États de l'Europe 75,500
Zollverein .... 1,037,000 Total 3,665,000
Le thé n'est important que dans la Grande-Bretagne; nous n'avons donc rien à ajouter, aux renseignements réunis sur le tableau XXIII, auquel nous renvoyons le lecteur. Il paraît inutile d'ajouter que presque tout le tbé vient de Chine.
Le tabac est un produit moins utile, mais bien plus lucratif: lucratif pour le Trésor, lucratif pour le fabricant (lorsque la fabrication n'est pas monopolisée), lucratif pour le planteur. On cultive du tabac tant en Europe que dans toutes les autres parties du monde, mais il est difficile de risquer une évaluation sur l'ensemble de la production, parce que dans quelques contrées le cultivateur récolte lui-même le tabac qu'il fume. Dans la Grande-Bretagne, la culture de cette plante est prohibée; en France, et dans quelques autres pays où le tabac constitue un monopole fiscal de l'État, on ne peut le planter qu'après y avoir été autorisé et qu'en se soumettant à une surveillance rigoureuse et à certaines restrictions. Ailleurs la
') Nous avons donné, dans notre Statistique de la France etc. (Paris, Amyot) les quantités produites tous les ans depuis 1812.
culture est libre, mais partout elle est imposée et avec
raison.
Néanmoins la consommation suit dans tous les pays une progression constante. En France, on ne consommait encore en 1852 que 20,000,000 de kil., en 1856 25,000,000, actuellement on a atteint les 30,000,000. Dans le Zollverein, la culture du tabac s'étendait en 1856 sur 37,325 morgens (25 ares), en 1857 sur 49,246, en 1858 sur 55,417 morgens. En présence d'une production intérieure si considérable, l'importation et l'exportation consignées au tableau XXIII peuvent bien donner une idée du commerce, mais non de la consommation d'un pays. Ajoutons, mais ce point a été vivement contesté, qu'on prétend que la contrebande introduit en Angleterre une quantité de tabac aussi forte que celle qui a acquitté les droits.
La grande quantité de peaux brutes que l'Amérique expédie en Europe rendra intéressant le rapprochement suivant sur l'importation et l'exportation de divers pays.
(En quintaux de 100 kilogrammes.)
France. Importation 66,775
Importation . . . 382,000
Exportation . . . 80,000
Autriche. Zollverein ....... 66,090
Importation 157,364
Exportation 32,378
l Importation 55,000
' ( Exportation 18,000
Importation 56,904
Exportation 37,009
( Importation ..... 11,040
Danemark.
Grande-Bretagne, j
Zollverein Italie Belgique, j
! Importai Exporta
station 11,560
Grèce. Importation 4,500
Suède. Importation 19,400
Le fer dont les emplois sont ci variés et 6i multipliés dans une contrée civilisée, alimente aussi un grand mouvement
commercial (v. tableau XXIV). Mais bien qu'il s'agisse ici de millions de quintaux, cet utile métal ne semble pas donner lieu à des transactions proportionnelles à son importance dans l'économie des sociétés modernes. Cela vient en partie de son poids : le transport des matières pondéreuses et encombrantes est naturellement coûteux et augmente le prix de la marchandise dans une forte mesure. Ensuite le minérai de fer est très-répandu ; aucun pays n'en est privé, bien que quelques-uns, comme la Grande-Bretagne, la Belgique, la Suède, aient été avantagés dans la distribution de ce minéral. Or comme on produit du fer partout, il s'en trouve moins sur les voies internationales.
Rappelons que le fer est une matière dont la politique conseille de favoriser la production chez soi. Si vous voulez désarmer un peuple, enseigne quelque part l'histoire, détruisez ses forges.
Relativement au coton, nous n'avons pas besoin de revenir ici sur ce que uous avons déjà dit en traitant (p. 123) de l'industrie cotonnière ; le tableau XXV confirmera les considérations développées à l'endroit cité. Seulement, comme la fabrication continue de progresser, il faudrait en tenir compte dans les évaluations postérieures. La crise de 1857 n'a eu qu'un elfet momentané. De nos jours, ces crises ressemblent au caillou que le ruisseau rencontre dans sa course; il en est un instant retardé, mais il reprend bientôt son cours avec un surcroit de rapidité, comme s'il voulait regagner le temps perdu.
Sur le même tableau nous avons rapproché le mouvement commercial de la laine, de la soie et du lin, ce qui en facilite la comparaison. On trouvera qu'en général les pays qui ' excellent dans ces industries, emploient à la fois de grandes quantités de plusieurs matières textiles. Ce fait ne provient
Bkx-k, l'iiimiaiice comp. 10
pas seulement de ce que les étoffes mélangées sont trèsrépandues, mais encore parce que le succès obtenu dans une branche encourage souvent plusieurs autres. On constate aussi des différences comme les suivantes: l'Angleterre emploie 6 fois autant de coton que la France, mais seulement un peu plus de laine. Si Ton ajoute à la laine importée, celle qui est fournie par les troupeaux indigènes, la manufacture de laine atteint en France les % des quantités consommées par ses fabriques de coton , tandis qu'en Angleterre la laine n'arrive qu'au ! / 9 de la quantité de coton employée
Quelques mots encore sur le commerce des tissus des principaux pays producteurs.
La Grande-Bretagne a exporté en 1860 1,790,500,000 de yards de calicot blanc, 960,500,000 yards de tissus de coton imprimés et 14,500,000 de mousselines et autres tissus pareils, le tout pour une valeur de 42,141,000 L st. Les tissus de laine exportés par l'Angleterre n'ont atteint que la valeur de 12,156,000 L st. et se composaient de 570,671 pièces de draps, 93,000,000 de yards d'étoffes mélangées et 2,619,245 pièces d'autres étoffes de laine. La toile exportée se chiffre ainsi qu'il suit: toile blanche, plus de 132,000,000 de yards, toiles teintes et imprimées 3,203,000 yards, toile à voile 3,857,000 yards, valant ensemble plus de 5,500,000 L st. On doit encore compter ici 588,000 livres (262,000 kil.) de tissus de soie d'une valeur de 1,587,000 L st.
En ce qui concerne la France les trois derniers tableaux du commerce parus jusqu'à ce jour renferment les chiffres suivants :
') Xous avons donné dans le Journal des Économiste* 1859, t. XXI, P. 189 un tableau comparé des progrès do la manufacture du coton et de la • manufacture de la laine.
Quantités en qu. de 100 k.
Valeur
in do fr
Toile» de lin . . .
Batistes ....
Tissus de laine . .
v ,, de soie . .
„ de coton . .
D'après le résumé du commerce de 1860 que donne le Moniteur du 28 juillet 1861, l'exportation de la toile de lin s'est élevée l'année dernière à 22,195 qu., celle de la batiste à 350 qu., des tissus de laine à 84,118 qu., des tissus de soie à 36,799 qu. et des étoffes de coton à 101,934 qu., ce qui constitue un notable progrès.
Le Zollverein est également un pays d'exportation. L'association a expédié à l'étranger les quantités suivantes aux années ci-après.
En quintaux de 100 klL
tèsa
Toiles do lin, ccruos ....
„ „ „ blanchies . . .
„ rubans, batiste ....
„ „ „ et de laine . .
„ de laine non foulés . .
,, „ „ draps ....