FABRICATION DU PAPIER AU MOYEN DU BOIS
C’est en 1719 qu’on se servit d'abord du bois pour faire le papier. Cette industrie a déjà acquis beaucoup d'importance et augmente rapidement car la quantité de guenilles nécessaire au fabricant de papier devient insuffisante. Les bois’ qu'on emploie pour sa fabrication sont : l'Épinette, le Baumier, le Peuplier et le Bois blanc. Le bouleau et le hêtre sont aussi employés, mais pas autant que les premiers men: tionnés. Il y a deux procédés par lesquels on réduit les fibres du bois en pulpe, le chimique et le mécanique. Je dois à M. William Augus de Montréal la description de ces procédés.
Le procédé mécanique consiste à moudre le bois qui est coupé en petits morceaux de douze pouces de longueur sur quatre de largeur et placé dans un petite boîte sur une machine qui au moyen de vis et de pressure hydraulique, tient le bois contre le bord d’une large pierre meuliêre qui tourne rapidement. L'eau facilite le broiement et fait descendre la pulpe dans des vases destinés à la recevoir. On la fait ensuite sécher et blanchir s’il est nécessaire.
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On se sert du même procédé pour moudre le bois avec les roues d'éméri. Quand là pulpe laisse la pierre meulière elle est manipulée de manière à séparer la pulpe des grosses fibres de bois ou des tranches qui n’ont pas être moulues. On la passe ensuite dans une machine appelée dans le commerce machine humide” en feuille épaisses qui sont paquetées et expédiées aux fabricants de papiers.
Une quantité considérable de pulpe de bois en feuilles est séchée sur des cylindres dès qu’elles ont laissé la machine ; on s’en sert alors pour faire des boîtes à papier et à chapeaux, sans aucun autre mélange.
Le procédé chimique demande un grand capital et beaucoup d'adresse et d’expérience pour faire un bon article ; le procédé mécanique demande peu d'argent et peu d'expérience, de là le grand nombre de moulins de cette dernière espèce maintenant en opération. Le bois est coupé diagonalement en copeaux de trois huitiemes de pouce d'épaisseur, placé dans un bouilloire bien couverte avec une forte liqueur caustique et bouilli suivant le bois employé, à une pression de 60 à 100 livres de vapeur de huit à douze heures. Quand il est suffisamment bouilli, on fait disparaître la vapeur et le contenu de la bouilloire est vidé dans un égouttoir qui laisse échapper la liqueur dans une citerne. La pulpe est ensuite lavée avec soin pour enlever toute trace d’alkali. Le fabricant de papier mêle la pulpe de bois avec celle de guenilles dans une propoition de quarante à soixante jar cent, suivant la qualité requise.