CHEZ TOUS LES MARCHANDS DU NOUVEAUTES
;, r :ri ' »
PREFACE
La Charte garantit la liberté de la presse : une ordonnance nous en avait privé; une ordonnance nous Ta rendue, sous certaines conditions.
Tous les orateurs qui ont parlé en faveur du Projet de loi sur les jouiv naux se sont écriés : « La voix publi- « que n'a pas besoin des journaux « pour se faire entendre. La liberté,.
« de la presse existe , publiez des bro- |« chures ...... » . Il m'a donc paru bien,
surprenant que des imprimeurs aient pu craindre de publier un ouvrage que j'offrais de signer; et qui, j'ose le dire , a été écrit sous la dictée du plus / ardent patriotisme.
( viif) éouïfrir pour la cause de là patrie; on s'est avisé d'un étrange expédient : on a poursuivi lès imprimeurs comme Complices des ouvrages > même avoués de l'auteur. Il me semblé voir tin enfant, pour se Venger de la piqûre d'ûneabeille, briser la ruche où la république- entière allait déposer son miel. Xercès, faisant battre la mer de verges , n'est quç çidiculej les modernes inquisiteurs seraient quelque chose de plus. ; • ,
On exhorte charitablement les Français, les jeunes gens sur-tout, à ne plus écrire sur la politique. « Pour le « faire sans danger , nous dit-on , il * faut du tact , de la mesuré, de la î'«. bonne-foi ». Français , comprenç&vous cette dernière phrase ? La bonnefoi, c'est-à-dire, la passion du bien ne suffit plus pour parler à ses compatriotes des intérêts communs , il faut encore le tact pour deviner ce qu'on
peut dire, la mesure, ce qui peut plaire.
Ne plus écrire sur la politique ! eh, quoi? lorsque nous sommes parvenu»
au dernier degré de l'opprobre et de la misère, lorsqu'un excès ti'énergie et de confiance peut seul sauver là patrie d'une dissolution prochaine, nous donner le courage nécessaire pour supporter ou terminer Une pénible agonie , vous nous engagez à nous livrer à l'étude des sciences, des lettrés' et des beaux-arts ? Ainsi , quand la mort erre sur les lèvres d'un enfant , ses imprùdens gardiens lui donnent un hochet pour amuser sa dernière heure , aulieu de lui prodiguer ces remèdes efficaces qui pourraient peutêtre ranimer ses forces , et le rendre à la vie.
L'attention d'un grand peuple aux affiiîres publiques , est la marque la toioins équivoque de son patriotisme:
(x) En effet, ci une bonne législation est celle qui est la plus en harmonie avec ]es intérêts du plus grand nombre, il est évident que ( dans les pays où il existe une telle législation ) si le gouvernement y conforme ses actes , plus les citoyens les examineront , plus ils se convaincront qu'ils ont été faits dans leurs intérêts : cette conviction seule les rendra capables des plus grands efforts, des plus grands sacrifices. Aussi un tel système, chez les anciens comme chez les modernes, a créé les peuples les plus grands, les plus forts. Far conséquent, dans la crise épouvantable où nous sommes, avec une constitution telle que la charte, nous, défendre de discuter nos plus cher? intérêts , c'est, à mon avis, méconnaître la nature des choses et donner lieu à la malveillance de publier : que Je gouvernement ne travaille pas sérieusement à sauver la
pat rie, ou que c'estpour éviter là ciriculation d'un pamphlet , tel que la Lettre à M. le comte de Cazes > par exemple, qu'on s'est mis dans laduré nécessité de proscrire un ouvrage aussi éminemment patriotique que celui de la Coalition et de la France.
Convaincu de la fausseté de semblables allégations , je me suis décidé à signaler un excès de zèle qui ne pour-*» rait que nuire à la confiance sans laquelle le gouvernement ne peut opé^ rer le bien.
Cette conviction seule a pu m'enhardir à publier ce court opuscule. Si je m'étais trompé, je répéterais avec tous les Français, dignes de porter ce nom : Fais ce que dois , advienne que pourra.
Pour parler à mes concitoyens , je n'ai d'autre titre que l'amour du bien ; d'autre qualité que la bonne foi ; et mon ouvrage n'aura sans doute d'au*
( »j ) tre mérite que la vérité. Puisse-t-on/ du moins , y reconnaître-ce caractère!»
Puissé-je porter la conviction dans les cœurs !
DE
L'UINION EN FRANCE.