‹ Puissance politique et militaire de la Russie en 1817;Chapitre 4 sur 65 · I I | I ■ ■ ■ I II I I I · texte numérisé non relu

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(1) Il ne faat pas oublier que ces communications sont rendues beaucoup plus faciles- par l'usage des traîneaux; des marchandises pour le transport par eau desquelles il faudrait deux années pendant Télé , peuvent être transportées, de cette manière , pendant un seul hiver. Il faut, ainsi, moins dû trois mois pour le voyage d'Okoslk.

rivent au jour prescrit , et plusieurs à la même ~ heure.

II n'est pas de pays au monde où Ton voyage à moins de frais, et où Ton craigne moins le$ voleurs. Pendant les six: dernières années , de grandes auberges ont été construites, par ordre de l'empereur, auprès des principaux relais de poste de l'Europe.

On a établi des manufactures de toutgenrç, et particulièrement pour façonner le fer. Oq le travaille avec une habileté qui rivalise avçç celle des ouvriers de tous les pays.

Les vçitures , qu'auparavant on faisait venir d'Angleterre , sont maintenant fabriquées SQuf la direction d'puvriers allemands ou anglais Les matériaux excellens et peu coûteux nç laissent pas lieu de regretter qu'on n'en pep* mette plus l'importation. Les fabriques de draps sont fortement encouragées par le gouvernement; et les derniers événemens qui se sont passés sur lé continent, ont considérablement augmenté la population qui s'occupe des travaux dé manufactures et des arts mécaniques.

Les ports de Croi^tadt, de Rig*.ejt de Rer *<el > ont été ouverts au commerce de l'Europe entière, et l'industrie américaine, devenue la

( *3$ ) rivale de l'industrie anglaise, affranchit la Russie de la dépendance des marchés bri-» lanniques. Ainsi , les privilèges promis aligné* gociaiis anglais par Pierre-le-Grand,, lorsqu'il vit Guillaume III en Hollande > en 1697* et les privilèges qu'on leur avait postérieurement accordés, ont été annuités > ou plutôt n'ont point été renouvelés, comme opposés aux principes généraux d'équité.

Âla même époque, les doctrines inculquée* par La Harpe n'avaient pas été négligées e» Ressie. Non-seulement les traits les plus revoit tans de J esclavage étaient effacés,. mais on avait fait de grands pas vers l'abolition de ce fléau; et ces progrès étaient dus aux régiemens et à l'exemple de l'empereur»

. La noblesse de TEstpnie a récemment déclaré qu'à l'expiration d'un petit nombre d'années nécessaires pour préparer l'aurai çbissement des esclaves, délai aussi favorable aux paysans qu'à leurs' maîtres actuels, l'esclavage cesserait dansJeur province; c'est un motif puissant pour espérer Que la propagation généreuse de cette mesure biefifaisautç ne sera pas long-temps différée* . La disposition qu'a manifestée Tem perçu** à introduire de* mesures préluaioairtf* pou*

-un gouvernement constitutionnel, a été repoussée par le sénat, qui s'est déclaré pour le maintien de l'autocratie. Mais si, à celte époque , ce corps eut montré des dispositions aussi généreuses que son souverain , on eût pu former l'édifice d'un gouvernement représentatif, dont la consolidation eut suivi les progrès de l'éducation.

Tels sont les traits caractéristiques des améliorations intérieures. Les signes de la puissance extérieure de la Russie , dans ses rapports avec l'étranger, ne sont pas plus équivoques.

Nous avons déjà dit que trente -six millions d'hommes reconnaissaient l'autorité d'Alexandre; àson avénemen t a u trône; mais dans le moment actuel , par l'effet des acquisitions et de l'accroissement de l'empire, le nombre de ses sujets ne peut pas être porté à moins de quarante - deux millions, sans compter les hordes nomades qui errent dans les déserts de TAsie. Cette population se compose surtout d'Européens habitans des contrées dont l'importance politique et militaire ne procure pas seulement à la Russie une augmentation en revenu et en nombre d'anies , mais assure, comme on le prouvera ci:après, l'avantage d'une ligne de défense plus resserrée , et en

( i*7 > même temps, la faculté de prendre des positions avancées , qui , aussitôt qu'elle les occupera , lui donneront l'empire de l'Europe et de l'Asie.

La suggestion a un même trône d'une si grande multitude de peuples différens par la religion , par le langage et par le climat , pourrait porter quelques publicistes qui raisonneraient par analogie, et sans avoir pu se fonder sur des observations pratiques, à pré* sager la séparation de l'empire, à supposer que son agrandissement est le signal de sa destruction. « Us le compareront à une bulle « d'eau qui ne cesse de s'élargir jusqu'à ce « qu'à force de s'étendre, elle soit réduite à « rien. »

On pourrait appliquer à la Russie ces principes spéculatifs, s'il s'agissait, à son égard, d'une extension progressive de frontières découvertes , etc. y de lignes de communication sans liaisons , de prohibitions coloniales imposées aux paysans incorporés , d* intolérance religieuse , et même, </e qu'il y a de pis, de proscriptions politiques } enfantées par les préjugés y et par 1$ jalousie à V ègarddeV étranger ; raais^ Russie, après ses conquêtes, se contente d'en jouir avec modération. En tous

pays elle respecte les croyances , est indulgente pour les mœurs, et maintient les lois qu'elle y trouve, pourvu qu'elles n'aient rien de contraire à celles de l'humanité. Sa devise estm<* rebùs, plutôt que mihi res , (submitiere conor) (je m'efforce de me soumettre à ce que je trouve existant, plutôt que de chercher à soumettre ks choses à ma volonté). Elle ne cherche pas de prosélytes ; elle ne désire que des sujets, à qui elle ouvre la carrière dé tous les emplois civils et militaires de l'état ,' suivant la mesure de leurs talens et de leurs services (î), à qui elle accorde, sans préférence, non-seulement le fus civiiatis ( le droit de cité ) , fus comme fcii ( le droit de comhr>erce),/MS connuBiï(\e droil du mariage), jus hœreditatis (le droit de succession ) , ft>ais aussi fus suffragil ( le droit de suffrage), et jus honorum (te droit aux honneurs).

(i) Alexandre a donné vu au Ire exemple tl'un excellent jugement dans le choix de ses officiera, en coq-* fiant à Woronsowle commandement deson^rinéeen France,: ce choix , comme tous ceux qu'il avait faits auparavant, n'est pas la récompense de Pâdalation 7 mais celle des services et du mérite qni donnent à ce général les titres lesplos incontestable» à la confiance intime de son souverain.

( i39 ) Là Russie e&t asiatique éû Asie, européenne en Europe , et américaine en Amérique. (C'est le témoignage qye lui rendait Vaucouver, et îes navigateurs qui ont visité cette partie du monde après lui). Si elle s'élève au-dessus des antres états , elle ne fait point sentir sa supériorité d'une manière insultante; elle suit une impulsion comme elte là donne , et se plie aux mœurs et au* habitudes, même hétérogènes. C'est ce Système de législation et d'union qui maintient sous sa dépendance , les Finlandais, ïe$ Lithuaniens, les habilans de la Courlande et de la Podolie , ceux de la Wolhynie, les Sarmates et les Tar tares ; qui anime les cosaques du Don et du Volga, d'un zèle enthousiaste pour le service d'une puissance, à ta domination de laquelle ils ont silong-terop* résisté.

Point de doute qu'on n'eut pu produire une insurrection dans tes provinces polonaises , en déclarant l'indépendance de la Pologne. Mais , d'après fa combinaison de toutes les circonstances de l'invasion en Russie, il aurait fallu que l'empire se démembrât volontairement. Ces circonstances ne se reproduiront plus. Il n'j a plus de Buonaparle; il n'y a plus de France, unie avec la Vislule par les liens d'un

système fédératif , et remuant toute l'Europe pour la faire concourir au rétablissement de la Pologne. Il n'existait pas alors une monarchie polonaise unie à la couronne de Russie, un empire russe fort d'une armée de près de six cent mille hommes , sans compter l'armée polonaise ; l'Autriche n'avait pas encore abandonné Warsovie pour éviter que la France ne réclamât la Gallicie , et sur-tout, il n'y avait pas encore de congrès à Vienne, }-

L'orgueil de la Pologne est maintenant satisfait, quoiqu'elle n'ait pas obtenu tous les objets de ses vœux. Elle a conservé ses lois propres , sa langue , son année; et son territoire est affranchi de la présence de troupes étrangères : elle a obtenu une forte diminution d'impôts, et ses revenus sont appliqués à l'amélioration de son propre sol , et à la réparation des maux qu'elle a soufferts.

Le gouvernement prussien consacre beaucoup d'argent à bâtir des villes, à encourager, l'industrie dans la partie de la Pologne qui lui est échue; mais il désire d'effacer parles lois prussiennes, par l'introduction de la langue allemande , et par la destruction de toutes les distinctions» militaires nationales, jusqu'au soutenir de la Pologne. Ce projet a inspiré, con-

( tfi )

tre sa domination , une antipathie insurmontable* . L'Autriche, toujours à un siècle en arrière du siècle présent , a introduit , dans ses provinces polonaises , toutes ces restrictions qui caractérisent son système d'économie politique , et qui ne sont pas seulement des obstacles à la prospérité générale, mais qui sont contraires à la stabilité de sa domination.

La Pologne sait que la Prusse et l'Autriche s'opposaient au rétablissement de la monarchie polonaise : elle ne pourrait donc se fier à des assurances de leur part qui auraient pour but de l'encourager à se procurer une indépendance complète; et elle n'aurait que peu de confiance en leurs ressources militaires pour l'exécution de ce grand projet, proposé même avec sincérité.

La Pologne sait aussi que si elle tirait le glaive contre la Russie , le territoire polonais, par tout ouvert et frontière immense de l'empiré russe , deviendrait nécessairement le théâtre de la guerre.

Gommé avant-garde de la Russie, elle jouit de la tranquillité , et si elle marche au combat, elle est assurée d'un puissant secours : elle a l'avantage de l'offensive par sa position caillante ,

et elle peut potier le ravage sur le territoire ennemi.

Que le lecteur considère maintenant la position de la Russie , ses acquisitions immenses , la redoutable ligne de ses frontières, et son influence qui domine le monde entier.

On n'a pas pu cependant développer, dans cet écrit , toute l'importance de ses acquisitions. L'intelligence de l'observateur devra suppléer âax omissions inévitables. Mon but est de montrer non des probabilités, mais des réalités. If fatrt donc faire voir clairement les profils, les points principaux , les traits sailtans de cette puissance fondamentale sur laquelle la Russie s'appuie , mais sans s'y reposer.

* En 1800, elle appuyait son flanc droit à la mer du Nord. Sa ligne frontière, traversant la Laponie russe , courait cinquante milles en avant de la mer Blanche. Couvrant alors la province d'Otonetz, elle approchait du lac Ladoga, à une distance de trente milles, et aboutissait au golfe de Finlande, à cent quinze milles seulement de distance, en droite ligne , de Pélersbourg. Ainsi, la Suède commandait près des deux tiers des côtes septentrionales du golfe de Finlande, mais pouvait naviguer en vue du port de Revél, et à trente milles au

plus de ce port de là Livonie, que lui avair arrachée Pierre-le-Grand, et qu'elle a pu toujours espérer de recouvrer, aussi long-temps qu elle s'en est trouvée aussi voisine.

Là frontière de Russie , vis-à-vis la frontière , de Prusse, commençait près de Memel; atteignant te Niémen, entre Titsitt et Kowno, elle se prolongeait , le long de ce fleuve , jusqu'à Grôdno; là, elfe suivait une direction méridionale jusqu'au Bug, entre Drogicin et Brestlitov, où, descendant à Wlodowa , sur la frontière de la Gatficie autrichienne, elle se prolongeait encore le long de cette province, jusqu'à ce qu'elle eut atteint le Niester, près de Cholen , où elle suivait le cours de ce fleuve j usqtf'à la mer Noire.

Du côté de l'Asie, la frontière russe élait séparée des possessions turques par le Rubans, petite rivière qui coule à peu de distance du défilé très-étroit par lequel la Crimée se trouve isolée du continent asiatique, et quilip la mer d'Àzoff à la mer Noire. Elle se prolongeait, le long de cette rivière/ jusqu'à sa source , en passant devant la Géorgie ; et , derrière ou au nord des montagnes du Caucase, elle allait joindre la rivière du Terek poursuivre' son cours jusqu'à la mer Caspienne.

En 1817, la frontière de Russiç s'appuya toujours à l'Océan septentrional; mais elle s'est avancée de cent soixante milles , touche à la frontière de Norwége, £t l'entoure sur une étendue de cent quatre-vingt dix milles , jusqu'à ce qu'elle atteigne une ligne tirée droit au nord de Tornéo : elle descend alors vers la rivière du même nom, et continue de courir parallèlement pour aller aboutir au golfe de Bothnie, coupant le pay^ que traversaient toujours le$ troupes suédoises , pour entrer en Finlande, mais où, en raison de la dureté du climat et de la pauvreté du sol, on ne peut faire aucun mouvement , sans avoir d'avance pris de grandes précautions.

En effet, la difficulté des communications a contribué à la perle qu'a faite la Suède de cette province. Avec une population d'un peu plus de deux millions d'hommes, et un revenu qui n'excède pas , de beaucoup , un million sterling ( 24 raillions de francs) , la Suède ne pourrait pas supporter des sacrifices onéreux , en hommes et en argeuL(i); mais les' difficultés

(1) Avant la perte de la Finlande, son revenu irexcédait pas un million el demi, (trente-six mil-v

sont moins sensibles à la Russie , depuis que la domination qu'elle exerce sur les golfes de Finlande et de Bothnie facilite ses opérations.

Une ligne tirée à travers le golfe de Bothnie , serpente autour d'Aland , et regagne le contaient dans la province de Livonie , donnant, ainsi à la Russie les ports d'Abo et Sweaborg , autrefois le plus grand établissement maritime de la Suède sur la côte de la Finlande , et toutes les îles nombreuses qui se trouvent entre le Sund et la Terre-Ferme , et qu'habile une riche et heureuse population. Mais Me d'A- Iand n*est éloignée de la côte de Suède que de trente-quatre*milles ,* de l'archipel des îles , en avant de Stockholm , que de trente au plus , et de Stockholm même que de soixante au plus. N'oublions pas que la mer qui sépare les deux étals gèle fréquemment, et qu'alors les voitures y peuvent passer. "

Ainsi l aaciénne position relative de la Russie avec la Suède est complètement changée. Au lieu de l'attitude défensive de la position vul-

lions de francs, ) et sa dette était considérable ; toutes ses troupes moulaient à environ cinquante mille hommes.

( i46 ) toérabJe et humiliante que la première de ce* deux puissances avait autrefois vis-à-vis de l'autre, non-seulement elle menace, mais elle inspire la crainte , et , non-seulement elle se fait craindre, mais par un concours de circonstances fortuites , toutes favorables à son pouvoir, elle commande.

Sur le Niémen , la frontière de Russie de**, meure in statu quo , pendant environ vent milles. Elle traverse ensuite le Mémel et le» Niémen , et se prolongeant le long de la Prusse orientale , elle atteint la Vislule près deTborn , dont Dantzick n'est éloigné que d'environ soixante-dix milles, et Berlin seulement de cent soixante- dix milles.

Cette ligne passe ensuite la Vistule et s'avance vers Kalisch, point rapproché à une égale distance de Dresde et de Berlin. De- là . prenant sa direction vers le midi, et passant à trente milles en deçà de l'Oder , qu'elle joint dans son cours oriental , le long do district de

Gracovie mais à ce point, sa distance

delà troisième capitale, tienne, n'est que de een t soixàn le-dix milles. La fron tière de la Gallicie s'arrondit à l'endroit où sa ligne traversa le Niesler , et se prolonge vers les limites de

la Bukovine (1) jusqu'à ce qu'elle atteigne la rivière du Prulh , circonvenant ainsi toutes lej parties démembrées de la Pologne, excepté îe duché de Poser» , dévolu à la Prusse par Iç traité de partage.

Dans cette position qu'on peut vraiment appeler le cœur de l'Europe, la Russie est à l'ancre, Iç long des possessions du Brandebourg avec cent vingt chaloupes canonnières qui lui donnent une supériorité redoutable sur la petite marine prussienne qui n'a aucun moyen de s'j soustraire, et qui se trouve trop faible pour ne pas succomber nécessairement sous l'attaque de forces supérieures» ,

Quoiqu'en possession des forteresses de Danl* zick, de Graudentz et de Colberg, la Prusse ne peut jamais essayer de défendre aucune* partie du territoire situé au nord de TOdçrj et sa ligne de forteresses sur ce fleuve çs{ maintenant l'unique rempart de l'Allemagne: rempart beaucoup trop faible , s'il n'est pa$

' (1) La Bnkovine est an petit district fcrtaé entre là Transylvanie et la MoMaVie ,- qui ' se8 £iH>lonje te topg 4e, ces deux provinces ; il contient environ ce*ti treate. mille habitans , maim^nguH aaus la doxniijaij^ <àe t'Autriçhe.

<'4S) appuyé par des armées égales eo forces , ou à peu p^ès, a celles des aggresséurs, et surtout en cavalerie ; ce qui est presque impossible, depuis que la Russie peut, sans aucun effort extraordinaire f mettre en mouvement, sur la frontière de Prusse, cent trente mille hommes de cavalerie régulière ou irrégulière.

Il n'est pas surprenant que la Prusse entrelace le myrthe avec l'olive, pour conserver les lauriers qu'elle a conquis. Si elle avait cent princesses, et la Russie autant de princes, elle les lui donnerait toutes volontiers.

Du côté de la frontière qui s'étend depuis Cracpvie jusqu'au Pruth, le royaume de Pologne a pour appui une population , non-seulement amie , mais chez laquelle l'aigle blanc se trouve établi comme dans son aire natale» Ce territoire, en temps de paix', est une occasion de jalousie entre les possesseurs actuels , et ( dans la supposition même où l'aversion des peuples pour eux serait moins équivoque) ue pourrait être défendu en temps de guerre; néanmoins d'autres considérations politiques rendent le contact de l'Esclavonie, avec les montagnes Carpathiennes , dangereux pour la monarchie autrichienne. 7

La frontière russe, après avoir atteint lé

Prulb, se prolonge le long de ce fleuve (qui lui fut autrefois si fatal) jusqu'à sa réunion avec le Danube; là, cetle grande artère de rAulriche, ce principal appui de la frontière turque, roule ses flots» désormais aussi tributaires du pavillon de la Russie, dans. les eaux de la. mer Noire.

. Dans celte position , la Russie n'est plus qu'à cent milles de distance de la Transylvanie , qu'à 4eux cent cinquante milles de Constantinople par èau, et qu'à trois cent milles par terre en droite ligoe. Les deux provinces intermé- ^ diaires, la Moldavie et la VaFachie, sont réellement gouvernées par sa politique, quoique la Porte ottomane en ait retenu la souveraineté nominale»

. La Russie avait tâché d'obtenir la ligne de Seretb, lorsqu'elle rencontra, de la part de l'Autriche, une opposition marquée à son désir de s'approprier toute la Moldavie et la Valaçbie , et d'étendre ses limites jusqu'% l'Illyrie et au liayt Danube; ligne qui, au fait, eut découvert non-seulement l'Illyrie, mais le Bannat, la Transylvanie et la Hongrie , et l'eut placée à un peu plus de deux cent milles de Couslantiriople.

Les préparatifs de l'ancien chef de la France

JO

avaient porté la Russie à accélérer la signature de la paix. Heureusement pour elle, l'arrivée cPAndréossy, avec ordre dé mettre obstacle aux négociations, avait été retardée, et les ministres turcs signèrent un traité pour lequel ils eurent ensuite la tête coupée, comme s'éJ tan t laissé gagner par l'argent des Russes. '

Probablement ils auraient pu obtenir des Russes , menacés de l'invasion qui ne tarda pas à s'effectuer, qu'ils rétrogradassent jusqu'au Ni ester.

Le recouvrement de la Bessarabie était un grand objet pour la Porte , qui maintenait parla la ligne du Danube , et, sous ce rapport, il était désirable pour l'humanité, puisque la Moldavie , coupée en deux comme la Saxe, a Vu sa population morcelée , et que , partagée entre des gouvernemens dont les intérêts sont opposés, elle éprouve toutes les souffrances qu'une telle politique a pour but de lui faire endurer, et que le roi de Saxe a si bien caractérisée dans sa protestation, en disant: « Qu'elle n'avait pour principe et pour basé ce que la convenance des puissances parla - « géantes, sans égard pour le bien-être et les « relations intérieures des peuples. »

Ces considérations rendaient plus important

( i5t ) te rétablissement de la paix avec la Turquie: la paix devant rendre disponible l'armée russe de Moldavie, pour le projet essentiel qui fut exécuté peu de temps après ; on aurait peul-êire pu obtenir de la part de la Russie la reslitulion volontaire de ses acquisitions en Moldavie, si la sûreté de la Turquie eut alors fixé su ffisamment l'attention de ses alliés , et s'ils eussent , à Àbo , attiré sur ce point la prévoyance d'Alexandre j maison en perdit l'occasion» et la fortune , comme toutes les femmes , est sensible au nié* p*is qu'oo fait de ses faveurs.

Tel . était l'état de la Russie : elle n'est plus menacée en flanc, ni sur ses communications, par les houlans de la Pologne; son attitude est au contraire appuyée par les soldats , la population et les ressources de cette riche et bel* liqueuse contrée. Elle n'a plus à craindre une diversion de la part de l'armée suédoise qui, à Tuisou des liens de parenté avec l'aggresseur , avaient toujours favoriséses opérations. La Turquie, privée de ses auxiliaires, affaiblissant tous 1^$ jours ses oqoyens de défense, qu'elle aabao* donnés à son adversaire , voit le danger > toujQars plus formidable, s'approcher d'une frontière jadis inaccessible aux infidèles.

; Après l'acquisition de la Grimée , en 1791 ,

io.

la rivière du Cuban, comme nous l'avons déjt observé, était la limite entré la Turquie et la Russie. Ce fleuve, en lui-même, est sans importance; mais, de ce point, un isthme très-* étroit , formé par un petit goîfe du travers duquel coulent les eaux du Cubah, s'avance sur un espace d'environ viitgt mifles , jusqu'à Ànapa, où la proximité des montagnes du Caucase défend l'accès delà côte, et resserre, fa ligne dé défense.

Maintenant te croissant a cessé de se dé' ployer sur les batteries du Cuban, et la bannière mahométane, remplacée par les aigles russes , a été expulsée au-delà de la partie navigable du Pbase, et ne se remontre plus que sur lefleuv* Bathus , en Arménie, faible barrière, lorsque Ja ligne avancée de la frontière russe, appuyée par une chaîne de montagnes qui lie la Géorgie avec sa nouvelle position, lui assure, sur les pays qu'elle à acquis , une souveraineté *fu'od ne pourrait plus lui disputer, et bravé tout* attaque.

Ainsi i invulhé^ble elle-même du côté de ja Suède , de là Pologne et de1 h Moldavie , la , Russie se tient prête à porter par-tout des coups certains. Ses foudres grondent sur l'Asie, pendant que sa politique attend une occasion

. < i5* > favorable : car ses route* militaires, sur tous le$ points qui lui offrent quelque aurait, ne lui demandent maintenant que quelques joues demnrehe.

Elle n'est éloignée de Trébisonde que & quatre-vingt milles; elle ne Test que de quatre-vingt-dix de la rive occidentale de VEgphrale , que dç cent milles d'Eraerouu , qqe de deux cent soixante-dix milles de Sioope. Ua peu plus de cinq cents milles la séparent, de Scutari, en face de Con&tantitioplc* La distance jusqu'à Aiexandreite (1) , {port de nu*r ep face de l'île de Chypre, dans la- Méditerranée , et qui n'est qtj'à soixante milles d'Aiep) ^ en travers de l'Isthme de l'Asie r Mineure , n'excède guères quatre cents milles y et de là jusqu'à la mer Ronge, on ne compte pas plus de cinq fents milles.

Etlè a de plus , d'excellentes communicaiioBs: avec une mer prête à transporter sesi provi-* «ohs et ses mdgçsias, qui n'atlendeot quW signal pour se mettre en mouvement, et la rendre maîtresse <&s communications, qui ^

(v) Ce fut près de cette ville, ^u'Alexa«dpc\^yjJCia^

seules peuvent amener, aux Turcs en Europe ^ leurs renfort s d'Asie. TSWeesi placée de manière à lancer lefep grégeois , des rives du Bosphore sur les tours du sérail, si, le sultan s'avisait de résister à un ukase impérial.

, L'artillerie de fiuona parte à Acre, ébranla Fempire ottoman sur ses fondemens* Si les troupes françaises eussent été placées, comme Je sqnt aujourd'hui les armées russes > sur Je Danube et en Arménie; si elles eussent dominé éur la mer Noire; si seulement une armée française eut pu gagner l 'Asie-Mineure , quekp'isolée qu'elle se fut trouvée , et quoique - privée des avantages que procurent k la Russie la conformité de ses croyances religieuses avec celles des Grecs , il n'est guères dputeuxque l'Arménie n'eut vu une seconde fois une poignée de soldats, ce trop nombreuse pour une * ambassade , trop peu nombreuse pour une « armée »^ dissiper, avant le coucher du soleil, une multitude sans ordre par l'ascendant de sa discipline , on aurait vu le drapeau français flotter sur les murs de Byzance.

Dira-ton, peut-être, que la perse marcherait fin secours des musulmans , quoique les que* relies religieuses aient fait des deux peuples 4e paor tels ennemis, lorsque les chrétiens ne me-.

nacçnt pas Tua des deux de sa ruine, liais la Perse, par son dernier traité avec la Russie, conclu sous les auspices de l'Angleterre , s'est elle-même prosternée aux pieds de la première ' de ces deux puissances (i).L& Russie est descendue de ses montagnes ; depuis loug-temps elle n'est plus occupée à lutter contre une nature ennemie, et contre la barbarie dans les rochers du Caucase. Elle s'est avancée dans la plaine, et tournant avec ses frontières autour de la Géorgie , s'emparant des provinces persanes du Daughistan, et du Sbirvan, pour consolider et cimenter toutes ses possessions; elle a planté les colonnes frontières de sç*n empire à l'embouchure du Cyrus, et pour compléter son triomphe, copame pour écarter tousses rivaux, elle a stipulé que son pavillon v et que son pavillon seul flotterait sur la mer Caspienne.

(i) L'ambassadeur anglais a obtenu les meilleures conditions qu'il lai fut possible d'obtenir; mais 1 impossibilité où il s'est trouvé d'en obtenir de plus favorables , confirme ce qu'on dit dans le texte de la situation désespérée de la Perse*.

Ainsi, la Perse est 'humiliée, et sa cour est réduite à dépendre d'une cour étrangère.- Il est vrai que ta Perse, exemple des'préjugés de la Turquie , a long-temps sotiicité, et avait à ta fin obtenu de faire instruire ses troupes a la discipline européenne par des officiers français ; mais il n'est pas possible que ces officiers soient aussi mal disposés pour la Russie qu a l'égard de l'Angleterre. Sans doute ils seraient moins prêts à escalader les glaces du Caucase^ qu'à se joindre à une expédition qui les mettrait à même de partager les dépouilles' de l'Asie , et de venger en orient les affronts qu'ils ont reçu en Europe.

Pour atteindre Téhéran', capitale des états du Shah, les colonnes russes n'ont qu'une marche de trois cent milles; et en les Irans-i portant par la mer Caspienne, on peut les faire débarquer à cent milles seulement de cette ville, Ainsi unç armée peut Jaire voile de la Baltique, et au moyen d'une navigation intérieure de félersbourg à Astrakan, débarquer sur les côtes méridionales de la mer Caspienne f planter ses tentes à quatre cent milles du golfe Persique^ d'où le voyage à Bombay fi'çst que de vingt-quatre à trenLe jours, dans

les deux moussons; et à Madras, de* huit à dix )Ours au plus, par la mousson du sud-ouest (i)#

Telle est l'attitude territoriale de lit Russie; mais quelle puissance est capable d'entretenir une force suffisante pour garnir une frontière dont les points d'appui sont l'Océan du nord et la «1er Caspienne, et en même temps fes limites de la Chine et de TÀrniénie? Les Suédois , les Autrichiens /les Turcs elles Persans; Ine sont-îb pas en ligné avec des éentimens et des intérêts qui les* poussent à la guerre contre la puissance qui voudrait les envahir?

La Russie, qui, ett 1799, Savait" qu'une ar* méede cinquante mille homtoés* disponibles i qui, en 1807, ne pouvait pas employer plus de quatre--yingt mille hommes à la défense dé ées deux capitales , et dont les forces , en i8i3 ; n'excédaient pas trois eent mille hommes (2) f

[1} Néarque, amiral de la flotte d'Alexandre-le- Grand , par l'ignorance où Ton était alors de la bous-» sole, fut obligé de longer les cotes, et ne mit cependant que soixame-un jour» à son voyage depuis l'Ihdus.

(a) -On dit que PieVre-te-Grand avait cent mille hommes à Narva ; mais ces troupes j d'aptes l'idée qu'on nous en donne , ressemblaient a un troupeau

répartis sur tout l'empire, après quelque» années de préparatifs , peut- elle, malgré une invasion destructive et des guerres qui ont occasionné tant de dévastations, et de dépenses, avoir rassemblé et rééquipé des armées en état de défendre ses acquisitions et d'en faire de nouvelles? Je réponds qu'elle le peut; l'Eur rope et l'Asie reconnaîtront la vérité de cette assertion ■: car ces deux parties du globe sont couvertes d'une masse de six cent quarante mille hommes ; ce qui suppose la faculté ~dç mettre en oflre de bataille douze cent millç hommes, sans compter la milice , la cavalerie tartare, etc., etc. . • :.

Le fait est que la Russie, après avoir porté trente mille hommes de troupes convenables aux localités, en Finlande, quatre-vingt mille sur la frontière de Gallicie , soixante mille eu Moldavie, trente mille sur les frontières d'Ar* ménie, autant sur celle de la Perse, et établi une réserve de cent mille hommes pour soutenir ces corps d'armée , peut encore disposer

de moutons , du nombre desquels les loups ne s'inquiètent jamais, et huit mille Suédois, eu vinrent aisément à bout.

(»59) àe deu* cent mille hommes d'infanterie , die ^quatre- vingt mille en cavalerie ; et de douze cents pièces de canon , mieux montés pour le service qu'aucune artillerie ou cavalerie du monde, (i) et d'une armée qu'aucune autre ne surpasse en bravoure , et n'égale dans la faculté de supporter lès fatigues des marches, de la faim, et d'endurer toutes les privations physiques , comme toutes les inclémences de l'air. Elle a de plus une population proportionnée à ses besoins , ej a une grande partie de laquelle les habitudes et les souffrances de la guerre sont toutes familières. Il n'est pas de puissance en Europe qui puisse Itver, équiper, OtU maintenir ses forcés en payant les hommes qui versent leur sang à aussi bas prix. (2)

Telle est la Russie : telle a été sa croissance gigantesque, dans le court espace d'un siècle. Jjes élémens de sa grandeur existaient sans

(1) La milice ferait le service des garnisons , 91 toutes les troupes régulières étaient obligées de marcher. Les moyens de défenses de l'empire russe sonl si grands et si variés , que l'évaluation exacte en est impossible.

(2) La paye d'un soldat russe n'excède pas de beaucoup, une demie-couronne (trois francs) par mois*

(i6o) doute auparavant ; mais semblables aux trésors enfouis dans les entrailles de la terre, ces élémens n'étaient pas découverts : et lors?qu'on les eut reconnus, ils étaient trop grossiers pour qu'on pût en faire usage avant de les avoir habilement dégagés de leurs lourdes enveloppes; l'adresse et l'audace ont dirigé l'opération. La fortune et les fautes des ennemis de la Russie l'ont beaucoup aidée. D'un autre côté , la morale politique n?a point arrêtç les conseils de cet empire : et en bonne foi, elle a rarement mis un frein aux entreprise? du pouvoir , depuis que le monde existe. L'Asie, l'Europe et l'Amérique ont à peine vu un jour où cetieroorale ait servi de bouclier aux droits, aux libertés , à l'indépendance du faible dé? pourvu de toute autre protection. Si , en effet, la nature et la barbarie n'y apportaient pas de trop formidables obstacles, une armée de lit» bérateurs et de champions de l'ordre social Iraverserail bientôt l'Afrique, et devant les murs de Tofabuclbu, avec l'appui du canon, sous un prétexle ou sous un autre , demanderait soumission et tribut) peut-être en indemnité des contributions levées par Annibal.

• Alexandre porte aujourd'hui le grand sceptre delà Russie, et déploie une habileté égal*

/ (i6i) a sa tâche. Ses vues philosophiques ont été â la vérité contrariées par de pernicieux conseillers; mais ceux qui l'ont connu à "d'autres époques, s'attachent toujours à l'espérance qu'il n'adaptera jamais une politique insensible , qui n'a pour foridemens que l'ignorance et le fanatisme , et qu'il ne sacrifiera point à fcetle triste idole ses sentimens naturels de phi* lantropie, qui restent toujours gravés dans son cœur.

Si Alexandre résiste aux ennemis de la liberté et du bonheur de l'humanité, s'il persévère dans le désir qu'il a toujours exprimé de Voir les gouvernemens et les nations constitué», de manière que les souverains ne soient que les teprésentans de la force exécutived'états re- * présert talifs, dont l'action dépende, non du caractère du prince , mais de principes généraux fixes et ayant une influence indépendante des hommes ,* il ajoutera à sa gloire le titre plus illustre et impérissable de « bienfaiteur d^ « genre hutnain. »

Voudrait-il ne se montrer maintenant que SOÙ4 Faspect d\m conquérant qui ne fixerait l'attention del'univ^s que par l'immensité de la puissance qui le mettrait à même de faire un

( i6a ) pial réel pour tra bien problématique? Ses ëtiJ lierais seraient trop satisfaits de lui voir jouef un pareil rôle.

. Dans quel but ce souverain veut-il employer les forces immenses dont il dispose? C'est E sans doute , fa plus intéressante de toutes les questions politiques, soit qu'il veuille prendra pOur lui-même ià ligne'de la Yistule, ou même celle de l'Oder, rejeter la Prusse sur la Hql* lande; etc., soit qu'il se propose d'entrer en négociation avec l'Autriche pour un nouvel arrangement de l'Europe capable d'en réta* blir la balance; ce sont des hypothèses qui ont excité l'espérance et la crainte de beaucoup d'observateurs. Soit enfin qu'on lui suppose l'intention démettre à profit les positions el la supériorité actuelle de la Russie pour accomplir d'autres projets depuis long-temps désignés comme ceux de son système politique > toutes ces combinaisons doivent intéresser tous les gouvernemens , sans excepter celui dçs,Indes|-!' Orientales. L'attention de celui-ci doit, ausji être éveillée par la nouvelle de l'ambassafie du général YermolqiT, gouverneur de.la Ijgnp du Caucase, qui probablem$ntjau n>oiqentmême où j'écris, a atteint la capitale de la Perse, sur*

(i65) bout si Ton considère que ee général est un of* ficier du plus rare mérite, et de la plus haute capacité» comme administrateur et comme militaire, et qu'il marche non-seulement accompagné des officiers français (1; employés sous Gardanne, en Perse , et que l'empereur de Russie a engagea son service, à l'exception de trois: mais muni des rapports et cartes envoyés en France par cette ambassade, et qui, transportés en Russie à l'époque de l'invasion^ lurent trouvés pendant la retraite des Français, dans deux chariots abandonnés.

Ces rapports et ce» plans avaient convaincu Buonaparle qu'une expédition dans L'Iode était pratiquable,etil parait qu'il avait résolu d'envoyer une armée composée de Russes et de Français pour cette expédition, dans le cas où la Russie eut été forcée de conclure la paix à celte condition.

Voici deux circonstances accessoires des plus importantes pour fixer noire opinion sur

' (*) Tous ce* officiers sont des militaires très -distingués dans Je* armes do génie et de l'artillerie, et Vou dit <]ue quelques uns d'qntr'eux doivent remplir une anission auprès d'une de3 puissances de l'Inde, -après* un court séjour à Tcheren,

le développement ultérieur de la "puissance russe* N

L'emperpnr a déjà, nue armée beaucoup plus considérable que ne l'exige sa ligne de défense, et dont la dépense n'est pas en proportion avec se9 ressources financières: et ce* pendanl il continued'aqgmenter ses iyces (i)-

La Russie a une ligne de côtes sur deus mers qui ne sont navigables que six mois da Tannée; sur l'une de ces mers , la Baltique, elle n'a point de concurrent Cependant , non contente d'un établissement de quatre- vingts vais<r seaux de ligne dans les ports d'Arphangel Crpnstadt, Rével, Sevastopol et Cherson, malgré le fardeau et les embarras de la guerre avec la France , elle ti'a pas cessé de construire, et construit avec une activité croissante , des vaisseaux de ligue de la plus grande dimension.

L'empereur sait tout aussi bien qu'un amiral anglais , que des vaisseaux n'ont de valeur qu'avec des marins pour les monter, et que des marins ne se forment pas uniquement dans des mers Méditerranées. Il sait aussi tout

(i) On a lu récemment dans les journaux l'Ukasé de l'empereur de Russie , portant qu'il n'y aura point de recrutement cette année dans son empire.

<(*65) , aussi-bien qu'qucuu économiste de l'Europe ; «joe des vaisseaux ne sont que des objets d'une vanité; dispendieuse, si on,ne les construits que pour l'ostentation il n'est pas de souverain ; moins disposé que lui à détourner ses trésors des besoins de l'état 3 pour dçs entreprises sans profit, , . ; .

Il est donc d'une évidence à peu près complète, qu'il a toujours eu intention d'accomplir les instructions de Pierre - le - Grand , et d'étendre son empire jusqu'à ce qu'il puisse établir celje puissance maritime réelle, objet de ses vœu^c et de ceux de son peuple, toujours plus ar4eps,dçpui,s qu'ils ont yq tant de ri* chesses commerciales, et comme on dit, tant «l'or des 'colonies affluer dans leur pays* Putantenim, qui mari potitùf , eumrèrum potiru Car on pense , en Russie , qu'être maître de la mer, c'est être maître de tout..

Il n'est ga$ vç^iserybbble qp'il^e cpntente d'un permis tottpndflisj mais* soit qjul cherché à s'établir lui n>ême dans les ports de la Norwége , dé la Zélande + dan& l'Archipel , dans fa Méditerranée , ou, soit qu'il dise, comme le fiisde#Jupiter, Ammon, sur les rivés de f'Hyphasis : « Mon empire ne doit avoir d autres « limitas que celles que Dieu a donné à Ip

«* terre. » C'est ce que le temps nous apprendra.

îdais fEuropte , i'Àsie et l'Amérique ( i ) né

(1) NousVàVons rien dit de cet hémisphère , parce que l'beure n'est pas encore venue , quoiqu'il soit fertile «n évén&tftns de la >pïu8 haute knportfctice pour le monde.

' II est cependant imérfessant fcour le lecteur de savoir que les établissemens de la Russie commencent à Okotsk , sur les côtes de la Sibérie , dans une baie àe la mer Pacifique ; qu'ils s'étendent de là , par le ftdmtschaïka , à là côte noïd-ouest de l'Amérique , où îëè ftfradîp&fc* éuhtfissefneiis tttstés CM Me dfepttfe long-teftnlps forflrasâans Vile populeuse dfe (frodîa , (habitée 4>ar de« chasse**^ ^«tfctfuéeaju ><*mjttame-fiep» tièrae degré et demi de longitude septentrionale* et a* cent cinquante-deuxième-et demi de longitude ouest df Greenwich et à Norfblk -Sound : détroit de Norfolk . à cinquante-sept degrés de longitude norct, et cent fréhlèr-clriq dcf tét/gHtidè btrést.'Ob f a construit un Itoias^tob^iBétaW^^^

de eanobs. Cependant, depbia i£»&,il*B iUjss** da* desoeridu la dote; d'ÀmiJiqn* , , ^a< ^aasé h *i?ière .GolombU à çinq^çenta milles, et se sont établis i Badega» au trente-huitième degré et demi no?d , seulement à trente milles des ctablissemens espagnols de la Californie , où non-seulement ils trafiquent d'une manière très-avantageuse, mais où ils pro-

"(«67) ferontallespas des efforts pour la conservation de' ldur indépendance ?

La volonté de l'empereur <le Russie deviendrai elle la loi de l'univers? Faiidra-t-il comparer la Russie , connue autrefois Rome , au lutteur Miloi» qui cherchait en Tain autour de loi on antag'oqkte.

Il est pénible de penser qu'une gioecre «ntreprbe pour le rétablissement de la balance dopouroir, aura 8nî par le renversement de tout équilibre, par ja substitution d'une domination solide, à une autorité précaire, par la suprématie d'une nation , à la place de celle d'un 'tomme exposé aux chances do sort, Sujet à toutes \M infirmités humaines ; rien n'est

peP^?^f?.^PJlVs, vrai' ^ auss* longtemps que la Çraoçe jn'es* pas,jpçum> à l'Europe., aussi long-temps qu'elle n'est pas eo.çtet4cc«ftlw:

. flten* 4* 1a Muué 4a dwat et de la fetfftité 4a m^ poa* diaçwtter Wf pqsaeasîpps ,pl^ .jçptejitàQnftJes* £*, , p4*^ge d« ;U> «£te « jwdT<M*eu 4*iAw*ià9»e^:g<4foPm»3«p t &&.*&* .km<& ** trakaa qfjpt** niais ; mais un vtissftiu pt^aat d* D*s$er% ta •vrii , yojpE profiter 4e la weussop $vki<ffip9t, gagnerait *i$én>(wt la «dte «o* dteçe^t de r^iaé* i^uc en trois

• »oi*. • -.-••••,,

huer à un système général de défense , ctraquè monarque et chaque nation du conlinent doit avoir obligation de son existence à la condescendance de l'empereur de Russie.' , Pour, démontrpr là vérité de bette assertion , il est nécessaire d'examiner rapidement , mais avec soin , la situation dans laquelle les divers états, que Ion cite comme les gardiens de l'indépendance européenne contre/les empiéterons de la Russie» se trouvent placés par la politique suivie à -Vienne et à Paris (i).\ ; *

. (l) JI est. aise d'apercevoir ici le but* réel de . l'acteur. Ne serait-ce pas ici leçàsèujïmeo Danaos,etç+ En fixant l'attention sur la. Russie, eq dessinant le tableau de ses agrandissemens , dé ses positions, de ses forces et de 'ses ressources sous les couleurs les plus* saillantes /eh la montrant déjà- jtbu te' puissante , et prête à envahir le globe ; en prêtant à son souverain tous les projets d'une ambition sans bornes. L'auteur n'âuralt-i! pas pour objet réel et définitif, " de rompre, comme on le dit trivialement, te» chiens, de faire perdre de Vue- 'les spéculations d*une autre puissance, à la prospérité de laquelle il doit tenir. par les liens* de la naissance et du patriotisme; de faire oublier , a Vëgard de cette 'puissance, le « qui mari f poïitur^ eum rcrtmï Potin » qu'il a eu sôirt d'appliquer aux projets de la Russie, sans se souvenir

« Ava>nt l'ordonnance du 5 septembre !i 8 i 6; « cetdf contrée présentait l'aspect d?on p^yt^ « toujours travaillé par les mêmes divisions

peut-être que l'application, de cet adag'e à ua fait réellement existant était beaucoup plus simple, et plus naturelle ; enfin , de rattacher par l'exagération, du pouvoir de la Russie et des craintes que la con-*, viction de ses projets ne manquerait pas d'inspirer, tous les intérêts et tous les vœux à cetie autre puissance dont nous parlons , comme à la seule ancre de salut. Ua beau, en sa qualité de partisan de l'opposition, exagérer aussi la nullité prétendue des ressources agr gressives ou défensives de son pays. Pexsonne^ne croit à la nullité dé la marine anglaise, à celle de ses finances; el plus on craindra la Russie , plus on sera disposé à se serrer autour du cabinet britannique. Qn conyieixdra que si au lieu d'être membre de l'opposition l'auteru élait un partisan du ministère, il ne pourrait pas mieux s'y prendre. Quoi qu'il ensoù,.on ne peut pas bjâmer uu

( »7° ) ce qui lui ont été si souvent funestes. Un parti « nombreux, au moins dans la chambre élec- « tive, tout en faisant ostentation d'un zèle « ardent pour la royauté et pour le monarque, « semblait vouloir comprendre , dans un anacc thème général > les hommes et les instîfti- « tions, objets de sa longue aversion, pour « y substituer les hommes et les institutions « en faveur desquels sa prédilection était de* « puis long- temps prononcée. On erlignait * qu'il fee voulut effacer jusqu'au souvenir de

patriote dragir dans le a*ens des intérêts de son pays ; mais il est bon d'avertir les lecteurs pour qu'ils y, regardent à déni fois, avant de prendre ses asseritons au pied de là lettre. -

Quant au tableau de la situation de la France, l'auteur a trop sacrifié à ses passions pour qu'il non* ait été possible d'en rien conserver. Il a vu notre pays t (et nous laissons ici de côté ses opinions politi<jues>pour ne parler de son article France, que comme s'il eut été dicté par un espri i de modération) ainsi que le voyaient ceux qui , au commencement de 1816 , s'effrayaient des projets d'un parti qui paraissait alors dominant, et faisaient au gouvernement français, l'injure de l'en supposer complice. L'auteur ( en supposant toujours son article exempt de passion, et d'injures à la puissance) Considéré ïa France comme si elle se pré-

« la charte constitutionnelle , pour concentrer « réellement le pouvoir entre ses mains.

« Les projets de ce parti inspiraient Tacc larme à la multitude de ceux qui croyaient « avoir à en redouter le plus le triomphe , et a dont la défiance et les craintes ne pouvaient « qu'entretenir des préventions et des vœux ce contraires à raffermissement du pouvpir, « lui faisant ainsi redouter un autre parti qu'il « fallait soumettre ou gagner. »

« Entre ces deux extrêmes se trouvaient

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sentait encore sous Fâspect de sa' si t nation , teHe qne bien des gens l'imaginaient ayant le S septembre 1816: 11 ne tipnt aucun compte de cette ijate si 'remarquable , pi de ce qui $'*$t pwé d$puU|, Il a dpnc fallu subsMHiec à une peinture infidèle , un ubleaa plus ressemblant, sans cependant trop s'écarter du bqt principal de Fauteur, qui était de montrer que la France ne poqrait encore concourir efficacement au maintien de l'équilibré en Europe , qu'il présente comme menace.

Quant aux serties injurieuses que l'auteur s'est permises , nous en avons annoncé la suppression dans notre avertissfnœnt ; et npjas , prair^Qns mériter en partie les reprochas auxquels il s'est pxposç , si nous entrions à cet égard , dans aucun détail. On ne peut y répondre décemment, qu'en montrant la France sous son véritable aspect.

« tous ceux qui, sans 6e laisser effrayer, ou « exaspérer par ia défiance, se rattachaient « à la charte et au prince, pour consolider « Tordre établi. »

« Cette dernière classe de Français se com-

« posait de tous les hommes qui, attachés à « leur pays et à sa tranquillité, voulaient vivre « enfin en repos sous un gouvernement sage; « et cette classe, qu'on ne peut appeler un « parti, devait être la plus nombreuse des « trois.

- « H est sûrement inutile de dire que tant fc que ces divisions et ces craintes existaient, « il était impossible de compter la France au <c nombre des puissances capables d'avoir k une volonté et une action spontanées et *' unanimes. »

V Depuis lé 5 septembre i 816, l'état des « choses a changé, et tout observateur impar- « fiai doit reconnaître dan* la situation de ce « pays une tendance continue à une araélio- • ration progressive.

« Le gouvernement français ayant pris, à « cette époque* la résolution de dissoudre la ce chambre élective qui inspirait des craintes, « l'opinion publique a applaudi à cette me- « sure,. et de ce moment ce gouvernement a

( 173 ) « pu se flatter de comprimer tous les partis, « d'en diminuer de plus en plus la masse, et « de ramener les Français à celte unanimité « de vœux patriotiques, sans laquelk.il n'y a « point de nation : on a (ait de jour en jour « de nouveaux progrès vers ce but. La chatn- « bre élective de la fin de 1816 a manifesté « un meilleur esprit que la précédente. Une « loi sur les élections, très-populaire , a été « rendue , et il y a de grands pas de faits pour « l'application à la France du système re- « présentatif , ce palladium des libertés natio- « cales.

« Mais il faut encore du temps pour ache- « ver et consolider cet ouvrage , pour com- « pléter et pouvoir mettre en œuvre cette ana- « nimité de . vœux qui constitue . seule une « puissance nationale régulière. D'ailleurs, « tant que la France est occupée par les troi>- « pes de l'Europe, elle ne peut avoir, dans « ses relations extérieures, une action sponcc tanée, indépendante; et jusqu'à ce qu'elle « ait regagné complètement son indépen- « dance, qui serait assez bardi pour compter « de sa part sur une coopération active, éner- « gique, efficace à un système politique qui

.( *74 ) « aurait pour but le maintien ou le rétablis- « sèment d'un équilibre européen? »

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