‹ Puissance politique et militaire de la Russie en 1817;Chapitre 5 sur 65 · AUTRICHE · texte numérisé non relu

AUTRICHE

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Après une lutte de vingt ans, l'Autriche, épuisée par les perles de ses armées et la détresse de ses finances, paraissait pencher vers sa ruine, lorsqu'une alliance avec celui qui la conquit lui rendit l'attitude d'une grande puissance européenne.

L'idée du rétablissement de la maison de Lorraine sur le plus beau trône d'Europe, adoucit un peu l'amertume des humiliations qui avaient précédé cette étrange époque. La noblesse dont les fortunes étaient détruites par les guerres et les exactions de Buonaparte, regarda ce mariage comme une nouvelle calamité pour l'Autriche ; bientôt les plaies s'ouvrirent et saignèrent de toutes parts.

'Napoléon' était instruit de cette animosité

<>7*> cachée; et quand il envahit la Russie , il résolut de faire un sacrifies momentané del'indépendaoce de la Pologne, pour acheter la coopération de l'Autriche»

; £/issue de ta carçipagne de Russie à laquelle

~ l'AjMtrichç a tant contribué , que Napoléon ne pût accomplir son dessein de rétablir Je trône de Pologne à Varsovie, Télé va au point de

9 la rendre l'arbitre des destinées de l'Europe* Néanmoins, abandonnant cette position, elle ~ jeta son épée dans la balance de la Russie et Y Allemagne, suivant son exemple , fut délivrée, de la domination française»

.. Conformant sa politique au cours des évé* neineos, et n'entreprenant jamais de se faire un système qui lui fut propre , elle vit arracher U couronne de France du front de sa fille sans faite aucun effort pour s'y opposer* L'Europe, ou tout au moins, les cabinets» de l'Europe applaudirent à la magnanimité du sacrifice,

Au sur pi os, on lui restitua toutes les provinces et les pays qui lui avaient été enlevés pendant les guerres; et les alliés qui s'étaient lignés pour rétablir V indépendance et les /*• beriés des états subjugués lui rendirent Raguse* Venise, et toutes, les possessions vénitiennes.

On aurait joint à cela le' partage dé la Suisse; et la réunion de l'Alsace et de la Lorraine à la monarchie autrichienne; mais l'empereeç Alexandre intervint, et les mémoires cjtai de-. vaient servir à prouver lés droits des Autrichiens à ces acquisitions furent renvoyés aor archivés de Vienne.

En poursuivant ce système d'agrandisse^* ment, l'empereur d'Autriche ne considérait certainement pas qu'il agissait dans l'esprit de celte usurpation , contre laquelle l'Europe s'était levée et qu'elle avait terrassé.

Aimé personnellement de ses àujètè pour 1* bonté de son Caractère et lai dôucetir de sba règne, il oublia que les peuples préfèrent la sécurité de leur propre gouvernement à l'çyêrejce précaire d'une autorité étendue; Une réfléchit pas non plus que l'exemple est contagieux et fatal.

Il est vrai que maintenant il domine su* vingt-huit millions d'hommes ; que la mariné autrichienne commande dans l'Adriatique; mais ces vingt-huit millions d- habitons sont-ils tous Unis par l'intérêt et par la fidélité? ne compte-l-on pas plus de huit millions de Galiciens , de Monténégrins y de Ragusains et d'Italiens retenus dans la soumission par force

( 177 ) et urt anssi grand nombre encore n'estai pas exposé à la séduction , par le sacrifice de sa prospérité, spus un faux système d'économie politique (i).

La Russie esclavonne > grecque et cosmopolite^ avec ses six cent quarante raille hommes sur le Danube , le Prulh , le Bug et la Wacta , ayant Ja Pologne pour garde avancée, et la Prusse pour lui tenir lieu de partisans , n'esbèlle pas infiniment plus redoutable pour FAut triche que ne fut jamais Bonaparte. En cas.de guerre ayec la Ruâ&ie , trois cent cinquante mille hommes (et c'est le plus que l'Autriche puisse jamais mettre sur pied), pouferont-iLs , former un rempart suffisant pour mettre ses frontières à l'abri de l'invasion, et veiller sur ses sujets du sud?

Détachée de la France par la déposition de la dynastie lorraine, où peutrellese reposer avec confiance? Dépourvue de richesses, de qui pourra -t- elle obtenir les secours pécuniaires dont elle aurait besoin? Que^a Russie veuille emprunter , on lui procurera de Tar*

(i) La Hongrie contient près de sept millions d7ix#— bitans.

gent; mais on l'Autriche négotiera4-ette un «m^riftDi semblable ?

Sans l'Angleterre poor trésorerie, «ans* la France pour réserve, avec un votéan sous sfcs -pieds et une ceinture de baïonnettes russes à ses frontières r sa situation *6t-ei%e améliorée par le nouveau système poUttqut de TBuWpe , autant qu'elle aurait pa l'être , si etfle av#it mieux aimé se consolider que s'agrandir.

Quand elle rompit les Hens qui l'anissaieiit au gouvernement et a* peuple de France, fiit-élle sage d'établir le «froit du plus fort pdtfr

- loi générale de l'Europe ?

Les Autrichiens sont un peuple dôtr* ûl bon} mais ils n'ont jamais été aimés cfea états qui leur ont été souaris(i), parce que la^ffvreté quelquefois simulée de teur'gôuverrie-

- ment nécessite quelquefois dès exactions. Ils ne se sont d'ailleurs pas fait d'amis clans les

' parties lés plus civilisées, d* f Europe; fcar ils -ils n)e se sont jamais conformée à l'esprit rfu

{i) Excepté dans le Tirol , ai te peuple ne foulait

se souihettre à aucune taxe , et par cette raison , l'Au-

"triciie se soucia fort peu- de recouvrer cette province.

. (a) Toutes ces observations ont rapport au système,

L'Autriche est naturçltemeftt le promontoire qui forme le boulevart avancé de l'Europe contre le Nord ; mais jusqu'à ce que la France puisse de oouveau être réunie à la ligne de défense, jusqu'à ce que les monts Carpathiens soient joints aux Alpes, par des pays aussi bien que par des gouvememens amis, elle ne peut pourvoir à sa propre tranquillité, et encore moins se charger de maintenir, en équilibre , les puissances de l'Europe.

Le ministre d'Autriche, homme d'une habileté remarquable , qui a rendu incontestablement de bien grands services à sa patrie , se glorifie, dit-on , de ce que « son cabinet ne ce s'abandonne jamais à son imagination en « politique ». Ce serait fort bien, s'il s'était sou- TOiiu aussi que Infortune a des ailes ainsi que

'ttoto àtoe in&tidtos' qui agissent d'après lui. Dans la iàmiîAf* guqct* * tt*s gênrératnt'Sébwartz^dberg; ât SeiJ^irxfelre^ ^ font tfe

i^^Uer l'4iMcliem^udef(.pef)pl(a^)t^ c*l*t autant par bonté naturelle.que^r.poliiicjUQ. i.es officiers die leurs armées adoptèrent le même plaa de conduite, mais les nécessités de Té ta t rendirent vains tous leurs effbrts^partïctilTers. Ils adoucirent le mal , mais ils ne peuiaitoat ftmrnbt^uffaammeut aru trésor.

( i&O des mains ; que , lorsqu'elle (end les unes , elle déploie les autres ; , qu'elle s'envole dès qu'on méprise ses car resses , et qu'alors ni les prières ni Tùrt ne peuvent la rappeler. «

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