‹ Puissance politique et militaire de la Russie en 1817;Chapitre 7 sur 65 · ANGLETERRE · texte numérisé non relu

ANGLETERRE

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Deux partis divisent l'Angleterre. L'un prétend que l'union continentale est contraire à ses intérêts et fatale à ses libertés. L'autre proclame qu'il ne devrait pas se tirer un seul coup de canon en Europe , sans qu'un autre caiion^ chargé de munitions anglaises, n'y répondît,

(■86) et qjue la gloire militaire est de plus de valeur que la liberté constitutionnelle, •■♦..">,

Il ne serait pas difficile de démontrer la position de l'un de ces psi lis. ffuù cent millions de dettes hjipolhéquéçs, soixante-quatre million* d'autres qui ne le son \ pas , huit millions de petits revenus annuels, (1} et la suspension de l'ha-> bea$ corpus en temps de paix, voilà des points de départ et des bases «que nulle logique ne. peut détruire, .1

L'autre parti ,s'ilpouvaittrouverdesguinées, chercherait toujours sans doute à satisfaire sa pa3siftn pour les lauriers, qui égale au moins celle qu'eurent jadis les Hollandais pour les tulipes , tant que leur sol natal menaça de ne produire que des plantes malfaisantes et arrosées des pleurs d'un peuple affamé; mais son habileté à poursuivre ses projets se règle sur l'argent qu'il, peut se procurer pour exporter dans les cabinets étrangers.

Il n'est pas besoin d'hypothèse politique pqur former des plans d'action.

(1) Avec des contributions, £ps prêts, ttc., <jni< s'élèvent pe.ut-être . cetfe année à. près elfe doux» aillions*

Cependant il est heureux pour rkuitoanitè cjuikfaillo d'abord des subsides pour en venir à des (ails,. L'Angleterre ne peut s'engager dans aucune des guerres qu'on imagine : car le premier canon obligerait le Ministre des finances à emprunter , et, e« même temps, à hypothèque* soixante *• quatre miifions de billets de l'Echiquier r avec une perte, de vingt à trente pour cent ; ce qui renverserait tout le système de crédit p6blic;et, oomme nu) Gouverne* ment ne peut avoir la prétention de restreindre ses demandes à ce wxà objet , de même que nul homme ne saurait prévoit l'effet qpnn tel événement pourrait produire sur les établis*» semens et les. propriétés du pays, il faut doné que le temple de Jaous veste fermé, en dépit de tous ce» coureurs de gl&ire.

Unfe guerre, tendant à défendre les droits de l'Angleterre, serait tonte une autre affaires la vie et les fortunes ne seraient pins des « dé* tifafwliens verbales » contre les atteintes portées insidieusement ou L'épée à la main r à Fin* dépendance de ta Grande-Bretagne ou a ce qui lui reste de ses liberté* , s'il était permis à la mUiqn de le» défendre, , Tous les Anglais , semblables a Rostopchm ( qui approcha un flambeau; des rideaux de son»

lit de noces, pour incendier un superbe palais), solliciteraient le sacrifice de lôut ce qu'ils pourraient offrir sur Fa u tel de leur patrie, quand même, ainsi que Rostopchin , ils ne croiraient leur dévouement utile que pour l'exemple.

Il n'est point douteux que l'intérêt de l'Angleterre ne sçit de se concilier la France, et de faire ses efforts pour gagner 1 estime de ses habitons. Quand la Russie devint une grande puissance de l'Europe , la jalousie qu'excitait l'ascendant de la France, aurait du cesser d'exister , car la France seule pouvait le contrebalancer; allier l'Angleterre à un gouver* iiecnent , et déclarer la gperre à lapation , c'est ce que ne pouvaient justifier aucune politique , aucun principe , aucun exemple* - ' • * ' '•* '

Sous le règne de Louis XIV, personne n'entrçprit de contredire la volonté du peuple anglais. Le cardinal Mazarin , premier ministre, jipn-seulemeot reconnut le gouvernement , mais rechercha même l'allia née de Grotowel. QmêU qu'aient pu être ses motifs , leprincipedà çjçoij; que la nalion a de choisir la forme de son gouvernement fut consacré par sa conduite. :- " Lorsque Cromwel mourut, son successeur Çytrjeconnu; quand les Stuart revinrent, ils fergqt atjssi recpiinus » .comme souveraiqs , pjiir

toutes les puissances étrangères. Quand Jacques et sa dynastie furent déclarés avoir perdu la couronne en quittant l'Angleterre , et s'en être rendus indignes en Ecosse , la France ne contesta pas à Guillaume III là légitimité de sesdroits.il est vrai que les prétendans Jacquesetsonfils reçurent assistance de la France; mais cette assistance ne fut point accordée pour appuyer les prétentions de Jacques , mais feien pour affaiblir le pouvoir de l'Angleterre.

A Vienne , le 12 mai i8i5', les ministres des puissances alliées rédigèrent une déclaratioh qu'ils publièrent en Europe , statuant : « que

* les gèdvernemens qu*ils représentaient, con- « naissaient trop bien les principes qui de* » vaient les guider dans leurs relations avec

-« un pays indépendant, pour enti*eprendre «••(•ce dont ils avaient été accusés ) de luiim^ « poser des lois , de se mêler de ses affaires in- « térie lires, de lui prescrire aucune forme de « gouvernement, ou de lui donfter des chefs

* dy accord avec les intérêts et lès passions de v ses voisins. » ••>>•»:

Lord Clancarty , en communiquant cet acte, fit les obseryalions suivantes dans sa dépêche

( 190 ) officielle :-* Dans cette guerre y les souverains cr ne se proposent point d'enfreindre les préce tentions légales du peuple français; ib n'ont «\ pas l'intention de s'ôpposér 4u drok qiie ce cette nation a de choisit* Informe de go&ver- << nement qu'elle croit copvenablé , aide wei- .«. fre obstacle à ï indépendante > qu'elle doit «* avoir , comme peuple grand et libre» *

L'Autriche exprima le merue sentiment que . l'Angleterre} et, dans uae note, dajée de Vienne, 4 mai 1 8i5^ proclama que : * l'empereur , irré- <* vocableraent résolu de diriger tous ses ef- « forts contre l'usurpa tion de Buonaparte, ;* çtait convaincu que son devoir et sespriiv- « cipes particuliers ne lui permettaient pas de « continuer la guerre pour imposera la France <c un gouvernement quelconque. »

Déplu», les souverains alliée ont, en considération du grand intérêt <Jui les engagea af- .igrinir l'autorité du souverain légitime, promis . à Sa Majesté très- chrétienne de la protéger, de leurs arme$yQQT\\?e lo n te con yulsion révolutionnaire tendant à* renverser, par la force* l'état des choses actuellement établi, et qui menacerait ainsi, de nouveau, la tranquillité de l'Europe* .

( *9l ) * Mais o'ogblwpt f99 <m'w. raison de to « multitude d'aspects sous Jtasqwefô l'esprit ré*

* vol^tionna^e pç^t epcore 3e manifester en « France , i|, pourrait exister des doutes sur « les circonstances susceptibles d'exigée l'in* , « fe? veqtion ^me/^rçe éteengèm, cl, en même « teçnps, sentant Ifà difficile de donner des « inslructipns préqis^, ^pplw:at>le^ à chaque ii hypothèse ça particulier, l^ souverains al*

* liés opt jtugqà propos dç *,«n- rapporter , i a: la prudence bien connue et à la discrétion h du duc0 de Wellington , pour le moment et « la manière déployer les troupes, son* ses « or(Jrje%, bien persuadés qu'en» aucune cir-r « çan^nce il n'agira sans s'être auparavant «* avfCQrtç qvçe S* Majesté le roi de France, « et qu'il informera le plus lot possible, les « souverains alliés des motifs qui l'auront en- « ë*gé a pendre ses détermm^tions. « .

1/ Angleterre a déjà, ditam, perdu le res* p$çt du monde; elle n'est plus regardée comme « L'amie de l'opprimé. » Ses promesses spot devenues un objet de raillerie et ont passé en proverbe ; elje s'est aliénée la bienfaisance de ceux même qu'elle a aidés; elle ne peut plus trouver un seul apologiste dans les lieux où ja*

C *9* ) dis des milliers de champions embrassaient volontairement sa cause.

Il n'y a pas un Anglais , sur le continent, qui n'ait été quelquefois l'objet des mépris , souvent insulté, sinon abhorré. ~

^Angleterre a mis, par son argent, l'Europe en état de se liguer et de marcher contre la France; son assistance est reconnue , mais non avec gratitude. Un tel sentiment n'aurait pas pris naissance, si son aide avait été considéré comme désintéressé : car, ainsi que dit fort bien Tacite : Les bienfaits sont agréables tant fu'ils paraissent pouvoir être acquittes : mais dès qu'ils sont trop grands, la± haine prend la place de la reconnaissance. Au contraire, on regarde l'Angleterre comme n'ayant pour motif qu'un pur intérêt, etcomme n'ayant; par cette raison , aucun droit à la reconnais* sance de l'Europe. Les diverses puissances senten t que l'Angleterre s'attache aussi aux gou vernemens rivaux , non pour conserver ce qu'elle4 appellera balance du pouvoir, mais pour s'opposer à la politique continentale, et continuer à leur refuser ce qu'ils réclament, comme- leur* par{ des avantages maritimes. »

• ; Déjà cette jalousie, que fait naître lapros-

(»93) périté de l'Angleterre , depuis que cette prospérité .accroît les moyens de redoubler ces atteintes nuisibles. De*là ce désir de la priver des sources présumées dé sa richesse, ce plaisir que Ton éprouve à voir s'étendre le pouvoir maritime dç l'Amérique : car, bien que l'Amérique ne puisse accomplir, avant bien des années, ce dont s'est flatté l'un de ses présidens, c'est-àdire : « de tirer, avec ses flottes, une ligne de déce marcation au-delà de laquelle aucun pavillon « européen ne pourrait paraître sans un pas- « se port.» Cependant il est un fait certain , c'est que chaque vaisseau dé ligne construit par celte puissance occasionnerait, en cas de guerre, à l'Angleterre, pour s'y opposer, une dépense égale à l'entretien de trois voiles, et, qu'à proportion que la marine américaine s'accroît, le$ Mes anglaises, situées dans les Indes-Orientales, demandent de plus fortes garnisons , et les relations avec l'Inde deviennent plus précaires: delà enfin, peut - être, ces négociations qui ont été conduites à bord du Vashington , dans la Méditerranée , aussi-bien que la pré-* fereace montrée dernièrement p*r le pavillon amériricain dans la Baltique.... L'envie n'est point aveugle, et la vengeante ne dort jamais.

Ces vérités peu vent choquer ; mais les passer sous silence serait un outrage ; il est pénible mais nécessaire de les entendre, et, comme disait le philosophe à son maître courroucé : « frappe, mais écouté. *> . Si l'Angleterre ne s'aveugle pas sur son compte, elle peut encore se sauver du naufrage ; mais il faut quelle évite de s engager jamais dans une guerre avec la ftussie: Car alors ses canons donneront bientôt, dans ses possessions et sur toutes les parties du globe, lesignal de sa détresse.

. * L'Angleterre est une île; il faut qu'elle s'en souvienne; elle périt, si elle n'adopte point une politique insulaire et un système vraiment britannique; il faut qu'elle relire ses Iroùpes du continent, qu'elle veille à sa puissance navale, et qu elle négocie le trident à la main. Il faut dé plus quelle économise jusqu'à ce qu'elle possède des fonds, non pas imaginaires, mais çéels, pour le paiement de ses dettes; et surtout il faut qu'elle rende , à son peuple, la jouis-* sance de cette liberté qui a été la source de son ancienne prospérité, et l'âme de son énergie et de sa grandeur.

Aucune politique, hostile ne pourra dèslors compromettre sa sûreté ; et le respect gé-,

v néral la mettra co paix avec te gtowe huitaairt. Ses secrétaires d'état ne serontptus les geôliers arbitraire des citoyens. On ne veïra pins ta mer couverte d'une population (fui émigré pour fuir la persécution et la famine.

Quesongouvernementmainrieiineaveesom les lois, mais qu'il n'encourage pas cette classe pernicieuse, le fléau et le poison de la société , qui ne songe, par l'appât d'un vil salaire, qu'à accabler et détruire ses concitoyens.

Il faut, pour Fin térêt même de ceux qui dirigent les conseils de la nation britannique, qu'ils gagnent l'affection et U confiance du peuple, en renonçant à ce système qui leur a Tait perdre son attachement et leur autorité.

Le genre humain n'est plus plongé dans l'ignorance ; et les gouvernemens qui ont encouragé 1 éducation, doivent acdompagner celte faveur d'une attention libérale donnée aux droits de la société. Après avoir fait tant de sacrifices pendant la guerre, le peuple peut bien réclamer la jouissance de ses privilèges pendant la paix; et le plus grand de tous ses privilèges est la liberté! c'est-à-dire, la paix même.

Pax est tranquilla lipertas. — Servitus ma-

(i96) lorum omnium postremurn , non modo bello sed morte etiam repellendum.

« La paix est une liberté tranquille. — La servitude est le plus grand de tous les maux, qu'il faut repousser non-seulement par la guerre, mais même par la mort. »

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