‹ Puits funéraires gallo-romains du Bernard, VendéeChapitre 11 sur 45 · Partie inférieure du puits. — Elle était partagée en deux couches · texte numérisé non relu

Partie inférieure du puits. — Elle était partagée en deux couches

La première a fourni :

Une tête de bélier avec les deux supports de ses cornes ;

Un chien de grande taille ;

Un fort volatile ;

Les anses et les goulots de trois cruches ;

Les fragments d'une patère sigillée ; Une écuelle aux larges oreillons {fig. i) ;

Fig. I.

Un vase-trépied au vernis noir, rempli de cendre mêlée à des osselets de rongeur ;

Deux carreaux en terre cuite ;

Deux tuiles bombées; cinq tuiles plates à bords relevés;

Un galet de quartz , à veines violacées , dans la forme d'un coin celtique {fig. 2) ;

Fig. 2.

— 6i — Trois boules, également quartzeuses, aplaties sur leurs flancs ifig. I, 2j 3) ;

Fig. 2.

Fig. 3.

Un petit bassin en pierre, long de o"^22 sur o*"o6 de hauteur et sur o'"i2 de largeur^ creusé à une profondeur de o^oS (fig. 4).

Fig. 4.

^^///mj/Mêm^'/'Mmmm/é//mêM

'msr:'s^mwmi,^"^M7//mE^sffM

La 4euxième couche occupait un espace de 2'n66. Au désordre apparent de celle qui la précédait succéda dans celle-ci un ordre symétrique et calculé. Sept cachettes construites avec des pierres plates et des tuiles à rebords, placées sur un lit de cendre, renfermaient des vases et autres objets. Elles étaient en contre-bas les unes des autres, et, en côté plutôt qu'en dessous. Nous allons les passer successivement en revue.

Première cachette. — Trois cruches : une noire et deux d'un roUge de brique, dont une seule intacte ; hauteur, o"i8. Quatre fonds d'urnes pleines de terre gris de cendre, de nQix, de petits rongeurs, avec un os plus gros qui n'a pas été défini.

Œ>euxième cachette. — Trois vases : Une urne fracturée, contenant une noix, une noisette, les débris d'une volaille, un os de brebis, des osselets de musaraignes et du charbon ; un pot-cruchon, au vernis noir, à l'anse proéminente, où il y avait un rongeur ; hauteur, o"2 1 ; une cruche, d'un rouge assez vif, portant sur le haut de sa panse deux lignes en creux qui forment, dans leur enchevêtrement, le chiffre arabe 8; hauteur, o"33 (fig. i).

Fig. I.

Troisième cachette. — Trois pots noirs, à une anse, le premier, au type gaulois perpétué et au goulot frangé à

dessein; hauteur, o'n28 (jfig. i) ;

Fig. I.

i/io

Le second, au même type, mais plus petit ; hauteur, 0^24; le troisième, au bec tréflé, partageant le goulot en deux; hauteur, o"25 (fig. 2);

Fig. 2.

i/io

Ajoutez deux autres cruches fracturées, Tune rougeâtre et à deux anses; Tautre, à teinte gris de fer et à une anse, ornée au haut de sa panse d'une ceinture de canaux; hauteur, 0-^34 (fig. 3) ;

Fig. 3.

Un rameau d'épine noire et quelques os.

Quatrième cachette. — Sept vases : Trois cruches rouges à l'état de débris; dans l'intérieur d'une quatrième, une ligne en relief, partant du milieu de la base, se déroule en spirale comme

un limaçon, jusqu'au milieu de la panse; trois pots noirs, à pâte brune, parsemée de petits cailloux blancs. Le premier est brisé; le second, haut de 0*25, a la forme lourde; le troisième, plus élégant, a le bec tréfilé ; hauteur, o"22 {fi g. i).

Fig. I.

Il y avait dans la couche adjacente des brindilles d'épine noire, des coléoptères et des petits rongeurs, ainsi que rhumérus d'une volaille, le scapulum et le fémur d'un lièvre ; un scapulum, un fragment de tibia et deux morceaux de l'os du bassin d'un jeune veau ; une portion de vertèbre dorsale d'un mouton, sciée dans sa partie médiane; les fragments d'un scapulum, d'un cubitus et d'une côte asternale du même animal ; les débris d'un petit carnassier et un morceau de lignite long de o"o8 à lo.

Cinquième cachette. — Sept vases , comme dans . la précédente : Quatre à l'état de débris, trois entiers, savoir : Un pot noir, où avaient pris place des coléoptères au corsage brillant, et des escargots; hauteur, o" 17; deux cruches, à pâte rosée; hauteur de la première, o"22; hauteur de la seconde, 0*26 (cette dernière est remarquable par le développement de sa panse) {fig. 2).

Fig. 2.

Dans le mobilier contigu à la niche on remarquait : Des escargots et des bucardes ; des noix et des châtaignes ; une poule et un coq à longs ergots ; deux broches à cheveux en ivoire, attribut d'une femme, Tune simple et l'autre munie d'ime tête avec ornementation {fi g. i, 2).

Fig. I.

Fig. 2.

A la suite de ces épingles, parut, à quelques centimètres plus bas, un instrument plus grossier, il est vrai, mais plus rare et plus curieux pour les antiquaires. C'était une petite pioche, à la panne en fer et à la pointe en acier, dont le puisatier s'était servi pour creuser la fosse. Une partie du manche était restée dans Tceil et au-delà. La pioche avait une solution de continuité entre Tœil et la pointe (fi g. i).

Fig. I.

i/io

Une forte épine noire avait été plantée dans le puits et traversait les couches dont nous venons de parler. Les racines de son tronc vigoureux posaient sur la sixième cachette.

Sixième cachette. — Elle était occupée par un coflFret en bois de chêne, dont les ais avaient 0*45 de largeur sur une épaisseur de o"oi. Ces ais, munis de clous, arrivèrent tout disloqués au haut de la fosse et noyés dans une matière noirâtre mêlée de cendre, de charbon, d'hélices, de glands de chêne, de fruits de l'épine noire adhérant encore aux branches, de noyaux de prune, de quelques fragments d'une coupe en verre blanc, et des esquilles d'os, dont deux semblaient appartenir à l'espèce humaine.

Auprès de la caisse, gisaient neuf vases, ou fragments de vases, d'abord, quatre fonds d'urnes et de pots, dans lesquels il y avait des os de rongeurs, quelques pépins de pomme de pin et la coque d'un œuf de poule; ensuite, quatre cruches d'un rouge pâle, dont deux avaient leurs parois internes tapissées de pépins de raisin ; enfin, une cruche, à teinte cendrée, à deux anses (aujourd'hui brisées), renfermant des insectes, une musaraigne, l'extrémité d'un petit rameau d'épine noire, avec le noyau du fruit de cet arbuste, et deux os luisants , de o^o5 de longueur, sur une épaisseur de o"oi5.

Septième cachette. — Une couche de terre glaise, de o"io d'épaisseur, la séparait de la sixième et servait de défense à l'unique vase qui s'y maintenait debout. C'était un seau en bois, à anse mobile, dont les douelles, au nombre de dix, étaient maintenues par trois cercles en fer; hauteur, o"3o. Un trou avait été pratiqué exprès au fond du puits pour le recevoir. Nous y avons trouvé le squelette d'un chat-huant

VIII« Puits.

Page 1