‹ Pupazzi et statuettes. Études sur le 17è siècleChapitre 2 sur 16 · LA COMMEDIA DELL ARTE · texte numérisé non relu

LA COMMEDIA DELL ARTE

C'était l'heure, en effet, où Tabouret, gentillàtre qui avait pour devise <( A tous accords » et que l'on a appelé a le Seigneur des Accords » par une distraction d'érudit que les érudits ont reproduite, donnait les Bigarrures, et Touches avec les Apophtegmes du 'sieur Gaulardy et les Escraignes Dijonnoises qui déjà faisaient présager les oeuvres légères des Bruscanibille et des Tabarin. Et certes, il serait malséant de croire que les émules de la Commedia delVarte fussent gens sans mérite et surtout sans orgueil, d'ailleurs légitime. Ils ont un système littéraire, en dépit de ce que ce mot peut avoir d'étrange en apparence lorsqu'on l'applique à leurs productions, et comptent que « de leur lecture l'on pourra retirer du fruict. » Et Tabourot de continuer à se préfacer ainsi : c( Je suys ferme en ceste opinion que la multitude et, facilité grandes des livres que nous avons aujourd'hui abastardissent les esprits de rechercher et lire curieusement les bons livres mesmes, quand ils s'estiment asseu- ^ rez d'avoir des.recueils quy leur enseignent ou gist le lièvre.... » Voilà la défense de l'idée, le rappel de la substantifique moelle. « Quant à la lasciveté », — continue-t-il, en |ti*enant bravement, comme on dit, \c tau-

reaii parles cornes, — a je ne puis penser qu'elle les puisse tant offencer que les Priapées de Virgile, Epigrammes de Catulle, de Martial, Amours d'Ovide, Comédies de Terence...., au lieu que les lascivetez icy rapportées représentent folastrement ce quy y est comme une chose légère et de peu d'efîect... » Acceptons la défense, d'ailleurs ingénieuse et sagace, et pour n'y plus penser, pour n'y plus revenir, établissons dès le début que je ne prendrai rien au sérieux de la part de nos farceurs ; (jue chaque fois, — ce qui n'arrivera que trop, — (|ue nous les trouverons scurriles et scatologues , je passerai sans indignation vaine, par égard pour cet aveu de Tabourot et pour cette argumentation par l'ombre des anciens à jamais révérés, nos ancêtres et nos guides.

Il n'entre point dans le dessein de ce travail de parler longuement des Bigarrures; mais il convient sans doute de noter (jue dans son Recueil j'ai rencontré des rébus par lettres, chilïres, notes- de musi- (|ue, des équivoques françaises et latines, ici de voix et de j)rononciation, là par amphibologie, des allusions, des vers biscornus de tout genre à faire palir un congrès de poètes, paronoemes, léonins, tous folA-

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