‹ Pupazzi et statuettesChapitre 12 sur 17 · LES ŒUVRES · texte numérisé non relu

LES ŒUVRES

nom qu'il trouvait « bien faicts », comme il l'écrit à la moderne Leonlium ; il précisait dans une Lettre a Barbin ceux qui étaient bien partis de sa main, et il déniait les Mémoires de la \'ie du comle Dx et le Sainl-Evremoniana. La Harpe "a voulu chercher les causes cle la renommée de Saint-Evremond en son temps et le passage du Lycée, d'ailleurs peu connu, vaut d'être cité : « C'étoit d'abord un homme de beaucoup d'esprit, un écrivain agréable, délicat et ingénieux; c'étoit en même temps un homme de cour, un homme de très bonne compagnie. Le rôle qu'il avoit joué dans la Fronde, guerre de plume aussi bien que d'intrigue, ses satires contre le cardinal Mazarin, ses divers écrits polémiques qui ne manquoient ni de finesse ni de gaîté, et qui empruntoient un nouvel intérêt à celui des affaires publiques, le mirent à la mode comme un des hommes qui possédoient le mieux la raillerie, l'une des armes alors le plus en usage. D'ailleurs, soit par insouciance, soit par une sorte de vanité que l'on sait avoir été dans son caractère et qu'il ne cache pas dans ses écrits, il n'imprimoit jamais rien, regardant comme au-dessous d'un homme de condition le titre d'auteur, en même temps qu'il dési-

roit la réputation du talent. Ses ouvrages, circulant d'abord dans les sociétés qui donnoient le ton, y acquéroient cette sorte de renommée la plus facile et la moins dangereuse, qui s'augmente par la curiosité d'avoir ce que tout le monde n'a pas, par l'indulgence qu'on a toujours pour les manuscrits et par la disposition de juger d'autant plus favorablement un homme du monde qu'on lui suppose moins de prétentions et qu'on exige moins de lui. De plus, rien de ce qu'il faisoit n'avoit la forme et l'importance d'un ouvrage : c'étoient des morceaux détachés qui paraissoient de temps en temps par l'officieuse infidélité de quelque ami. On se les arrachoit de toutes parts, et ce qu'ils avoient de mérite excitoit moins de jalousies, soit parce que l'auteur étoit éloigné, soit parce que lui-même avoit l'air d'abandonner tout ce qu'il écrivoit à ceux qui vouloient s'en emparer. Nous avons vu depuis beaucoup d'exemples de cette existence mixte de bel esprit et d'homme du monde, et nous avons vu que l'un de ces deux titres adoucissoit extrêmement la sévérité que l'on a d'ordinaire pour l'autre. » Il y a dans ce jugement beaucoup de vérité, et celui de Vigneul-Marville était à peu près identique : « Monsieur de Saint-

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