CONCLUSION
Arrivé à ce point de conclure la présente étude, je suis tout prêt à me poser, comme L.-D. Gilbert, cette question: «Au fond. qu'est-ce que Saint-Evremond?»
On ne vil pas plusieurs mois en communion avec un penseur de celte envergure sans avoir de lui une idée, mais également aussi la conscience vague qu'il est à peu près impossible de fixer définitivement sa physionomie. Donc, espérant qu'elle se dégagera suffisamment d'ellemême, je préfère m'en tenir à ce que j'ai dit de sa doctrine et montrer la note qu'il a pu apporter dans le concert des esprits, et l'influence qu'il a pu exercer.
Si je l'ai bien dépeint, j'ai dû faire comprendre qu'à cet homme d'une intelligence très vaste el très pénétrante a l'ait tout naturellement défaut cette qualité que « les honnestes gens » ignoraient au XVIIe siècle et qui est une des conquêtes, et la plus glorieuse peut-être, du nôtre, le sens moral; qu'à cet écrivain très tin et très distingué