CONCLUSION .'M
il a manqué l'élévation du cœur, sinon parfois de la pensée; que ce philosophe, par
l'absence d'une foi, n'a pas toujours su ou se prendre ; et aussi que de ce mélange de défauts notoires et de qualités non moins réelles, il ressort qu'il exerça peu d'action sur le grand public, trop au-dessous ou à côté de lui pour être impressionné. Il n'en sera pas de même, remarquons-le, de Montesquieu, et surtout de Voltaire; mais cela tient à la différence des natures. Tons deux, un demi-siècle après Saint-Evremond, se rendirent en Angleterre ; seulement tandis qu'il donnait en étendant l'influence des idées de la France, ils recevaient, l'un l'influence de Shakespeare et de Milton, l'autre « les titres de liberté du genre humain ». Cosmopolitisme à rebours î En sorte que Saint-Evremond sema surtout dans les esprits élevés et novateurs et fut très apte à préparer pour le xviii" siècle ce monument que, sous le titre d'Encyclopédie, élevèrent Diderot et ses collaborateurs. Le grand principe qui fut le leur, après avoir été celui de Saint-Evremond, c'est l'empirisme. L'origine des connaissances demandée à la sensation, une soumission de surface aux doctrines orthodoxes, des discussions critiques et