ETUDE DE TETE DE JEUNE FILLE
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jamais désigné une couleur, mais une nuance d'ombre de lumière, et qui aujourd'hui, sous le nom d'azur, représente cette lumière elle-même,; surtout pour le blanc, le ton le plus lumineux, que Platon déclare être la couleur des dieux? Et, à mesure que l'habitude de la synthèse donnera à la peinture plus de netteté et de simplicité, les couleurs se résumeront en cet te dernière, portée au plus haut degré de son exaltation et de sa beauté. La même observation a été faite dans l'œuvre de Victor Hugo.
On s'étonne souvent du long temps que Puvis de Chavannes a mis à imposer sa peinture au public, des résistances formidables qu'il a eu à vaincre, des préjugés qui lui ont l'ait constamment obstruction; et, la cause en a été cherchée dans le misonéisme de la foule, dans les pharisaïques haines des coteries et des académies. Ne serait-il pas plus positif de ne voir là qu'un phénomène purement naturel, dont l'analyse relève moins de la morale que de la physiologie? Notre amour-propre, ainsi que la vérité, en recevraient plus de satisfaction. Le temps dont les différentes couleurs ont eu besoin pour affecter la rétine en tant qu'impressions spécifiques, disent les savants, est en raison de la quantité de forces vives qu'elles possèdent; il a donc fallu moins de temps aux couleurs d'une forte intensité et plus à celles dune moindre pour affecter la rétine et faire naître une sensation. Si, dès la première heure, Paul de Saint-\ ictor, Théophile Gautier, Th. de Banville ont su apprécier, dans les ouvres du peintre d'Amiens, de Marseille et de Poitiers, tout ce qu'il y a de poésie au point de vue de la couleur, c'est qu'ils étaient eux-mêmes des coloristes et des poètes; mais, le public a eu besoin dune longue éducation des veux, par la continuité, sans intermittence, pendant près d'un demi-siècle, du spectacle de la même peinture, immuable dans son principe, si elle est toujours progressive dans ses résultats. El quelle contradiction ('frange entre les opinions littéraires et la réalité scientifique! Ce même peintre est qualifié de coloriste rudimentaire, naïf, etc. Or, que démontre encore la science? C'est que L'enfant qui reste si indifférent aux nuances tendres, au blanc et au violet notamment, parce qu'il ne les voit pas, fixe avec un plaisir indicible les couleurs éclatantes, le rouge, le jaune et le vert, qui seules influencent et émeuvent son cerveau à peine formé.
A L'ATELIER