‹ Puvis de ChavannesChapitre 23 sur 42 · CHARLES MARTEL VAINQUEUR DES SARRASINS · texte numérisé non relu

CHARLES MARTEL VAINQUEUR DES SARRASINS

La décoration du Musée de Picardie a appelé sur Puvis de Chavannes l'attention du public et des administrations. En 1867, quand le Palais de Longchamp, à Marseille, bâti comme couronnement de l'œuvre édilitaire de l'adduction des eaux de la Durance, fut achevé, la municipalité commanda à l'artiste deux peintures murales pour l'escalier d'honneur.

A Amiens, l'apothéose de la province a été l'inspiration de 1' « Ave Picardia nutrix » ; ici, la cité domine tellement de ses nombreux siècles de gloire et de richesse la région dont elle est la métropole, que le peintre décide immédiatement de consacrer à l'allégorisation de cette gloire et de cette richesse, les compositions qu'il doit exé-

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cuter. Il fait e Marseille, Colonie grecque », et « Marseille, Porte de l'Orient ». A défaut d'histoire précise, léguée par un Pline ou un Strabon, on a créé une légende de la fondation de Marseille. L'an 1 V| de l'ère romaine, dit-elle, une flotte phocéenne, conduite par Protis, aborda sur le rivage qu'habitaient les Celto-Ligures. Les hardis navigateurs cherchèrent aussitôt à s'assurer L'amitié de la plus puissante des tribus, les Sigobriges, dont le chef se nommait iNaas. Protis, avec quelques compagnons, fut délégué auprès de lui. 11 arriva au camp de Naas, le jour même où la Mlle du chef, Gyptis, suivanl L'usage du pays, devait choisir un ('poux, en présentant à L'un des jeunes gens assemblés une coupe d'or remplie d'eau. Les Phocéens furent invités à la cérémonie. \ l'étonncineut de tous ses prétendants, la jeune Ligure présenta la coupe à Protis : il était beau comme un Mis de la Créée. Ce choix fut ratifié par Naas, qui concéda aux étrangers, pour y fonder leur ville, un emplacement situé à l'extrémité de son territoire, près de celui des Saliens. Fort gracieuse est cette légende. Un peintre ordinaire, sans aucun doute. L'eût aussitôt choisie comme sujet; mais, pour le décorateur d' Viniens, elle ne poux ait a\ oir le caractère de s\ nt hèse dont il a fait son dogme artistique. Il montrera une plus large conception de poète et d'artiste, dans la généralisation de l'idée de la fondation de Marseille, en ne mettant en scène que des personnages dont l'action collective caractérise essentiellement le génie de la future cité : l'audace, l'activité, le sens du commerce et le goûl de l'art. Un immense panorama ensoleillé montre tout ce qui sera la ville antique et la ville moderne, de la colline, berceau de la première, à la plage du Prado, au cap d'Endoume et aux des pelées d'il, de Pomègue et de Ratonneau; au fond, s'étale la rade, aux eaux bleues, qui, à travers les siècles, deviendra le grand port de la Méditerranée. Sur la plage, centre de l'activité, on construit des navires ; des bétes de somme transportent des marchandises à bord des barques et. des bateaux. La côte se garnit, avec rapidité, de constructions : magasins, entrepôts, temples, palais et villas ; on ne voit, que maçons, charpentiers et tailleurs de pierre, dans les champs d'oliviers et d'amandiers en fleurs. Sur la terrasse d'une maison, une marchande fait admirer à des jeunes femmes des colliers de perles et des tissus brodés.

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