‹ Puvis de ChavannesChapitre 25 sur 42 · DESSIN D UNE FIGURE DE « MARSEILLE, PORTE DE L ORIENT · texte numérisé non relu

DESSIN D UNE FIGURE DE « MARSEILLE, PORTE DE L ORIENT

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plusieurs, le sujet de « Marseille, Porte de l'Orient », se trouva fort embarrassé pour lui donner une forme originale. « Un port? se dit-il, classiquement ce sont des bateaux aux voiles serrées, des quais et un phare, des groupes de marchands, de marins et de pécheurs, un vieux canon fiché en terre en guise de poteau d'amarre, et des cordages autour. » Tout cela lui paraissait médiocrement décoratif et surtout peu nouveau. Pendant un long temps, il rumina diverses conceptions qui ne pouvaient prendre corps et tournaient toujours, sans consistance ni forme précise, dans le même cercle des compositions traditionnelles et des vues marines de Joseph Vernet; il désespérait, lorsqu'un matin, en allant de la place Pi galle à Neuiljy, l'idée lui vint de résoudre ce problème de casse-téte chinois, en renversanl la proposition : prendre comme fond la ville et non la mer, comme premier plan, un navire au heu du port. Alors, il fit le voyage de Marseille pour se documenter d'après la nature. Le lendemain de son arrivée, i! reçoit du préfet des Bouches-du-Rhôné une invitation à déjeuner au château d'If, en compagnie de quelques amis. \n cours de la traversée, en présence du féerique panorama qui se déroule sous ses yeux, il « voit » tout à coup apparaître ce qu'il a cherché. Pendant (pie ses compagnons d'excursion déjeunent, lui, qui ne mange jamais dans la journée, s'excuse et s'en va, sur un rocher, prendre des notes et des croquis, se mettre dans les yeux les lignes et la couleur de ce merveilleux paysage de mer. Au retour, la composition était définitivement esquissée. Quand, au sommet du grand escalier d'honneur du Palais de Longchamp, les deux toiles de « Marseille, Colonie grecque » et de « Marseille, Porte de l'Orient » furent découvertes, les Marseillais applaudirent : L'artiste avait magnifiquement peint la gloire et la lumière de leur cité.

En 1872, la municipalité de Poitiers, qui vient de faire construire un hôtel de ville, propose, d'accord avec l'Etat, à Puvis de Chavannes d'en décorer de peintures l'escalier monumental. L'artiste accepte et choisit ces sujets : « Retirée au couvent de Sainte-Croix, Radegonde donne asile aux poètes et protège les lettres contre la barbarie du temps. » — « L'an 732, Charles Martel sauve la Chrétienté par sa vie-

L'HOTEL DE VILLE DE POITIERS

IOI

Son esprit se développe

toire sur les Sarrasins, près Poitiers, ainsi de plus en plus dans la conception des idées générales; et, du provincialisme, s'élève hardiment à la nationalité.

La figure de Radegonde illumine de poésie les premiers temps du moyen âge.

Fille de Bertlier, avant-dernier roi des Thuringiens, échue en butin de guerre à l'âge de treize ans à Chloter, roi de Neustrie, son maître, pour la beauté et l'intelligence de la petite captive, qui font présager une femme supérieure , la fait élever princièrement au domaine royal d'Attis sur la Somme. L'éducation qu'elle reçoit est celle des riches Gauloises, partagée entre les exercices du corps, les études latines et grecques, profanes et sacrées. Aussitôt qu'elle eut atteint

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