L'HEMICYCLE DE LA SORBONXE
sur ses genoux une gerbe de fleurs, lin enfant, le scalpel à la main, va saisir un lézard pour l'étudier, pendant qu'un autre examine avec curiosité un flacon de culture microbienne. La Physique est une sorte d'Isis mystérieuse, qui ne se dévoile qu'aux initiés, ardents, enthousiastes, convaincus : Je l'ai placée sur un haut piédestal, comme une déesse; des jeunes gens, d'un commun élan, jurent de se consacrer à elle. Les Sciences mathématiques seront trois hommes absorbés dans l'étude d'un problème de géométrie ».
Si une démonstration éloquente du caractère élevé, grave et positif, de la peinture de Puvis de Chavannes devait être faite, afin de convaincre de leur erreur profonde ceux qui ne veulent voir en lui qu'un rêveur et un fantaisiste hors de la vérité et même de la vraisemblance, elle l'est par cette genèse d'une composition qui repose toute entière sur la logique et le bon sens; dont la simplicité est telle, que l'esprit le plus rudimentaire peut en saisir sans légende l'idée dans tous ses développements, et en admirer la forme sous tous ses aspects.
On a dit que ce qui donne l'intelligence d'une chose est de la prose ; que ce qui en donne l'impression est de la poésie. Le peintre de « La Sorbonne » est donc un vrai poète, à l'imagination féconde et puissante. En définissant la faculté de l'imagination en art, Iluskin semble avoir écrit l'analyse psychologique de cette grande page, tant ses termes mêmes s'adaptent avec justesse à l'expression de ce qu'elle fait éprouver : « Le propre de l'ima-