‹ Puvis de Chavannes, notices rédigéesChapitre 21 sur 51 · ET SAINT GERMAIN (PANNEAU CENTRAL · texte numérisé non relu

ET SAINT GERMAIN (PANNEAU CENTRAL

La part confiée alors à Puvis (elle devait être accrue beaucoup plus tard, à la fin de la vie de l'artiste) comprend d'abord une longue frise où défilent de hauts personnages, dont Saint Paterne de Vannes (sous les traits d'Elie Delaunay), Saint Victor de Beauvais (le graveur Pollet), Saint Trophime d'Arles (Philippe de Chennevières) et Saint Paul de Narbonne (Chavannes lui-même).

Au-dessous de la frise, quatre panneaux en hauteur, séparés par des pilastres, représentent des scènes de l'enfance de Sainte Geneviève.

La plus importante , qui occupe trois de ces panneaux, représente la rencontre mentionnée par l'inscription suivante : « L'an 429, Saint Germain d'Auxerre et Saint Loup, se rendant en Angleterre pour combattre l'hérésie des Pélagiens, arrivent aux environs de Nanterre. Dans la foule accourue à leur rencontre. Saint Germain distingue une enfant marquée par lui du sceau divin. Il l'interroge et

prédit à ses parents les hautes destinées auxquelles elle est appelée. Cette enfant fut Sainte Geneviève, patronne de Paris ».

L'esquisse que reproduit notre planche précédente donne l'ensemble de la scène, qui figura, en trois cartons, au Salon de 1876. A côté de ces cartons était exposé le quatrième panneau, entièrement terminé, que nous retrouverons bientôt.

C'est à peine si la voix des mécontents, dont Charles Blanc, que chagrinait le caractère religieux de cette série de peintures, parvint cette fois à se faire entendre. La presque unanimité des journaux et des brochures enregistre enfin un véritable triomphe.

« Après avoir beaucoup peiné — écrit Ch. Yriarte, — beaucoup cherché, je dirai aussi beaucoup souffert, car, dès le premier jour, nous avons été témoins des èhahissements naïfs de la foule, des timides interrogations des hommes de bonne volonté et des rires grossiers des ignorants..., l'artiste est désormais en pleine possession de l'opinion... M. de Chavannes avait son public restreint ; il s'isolait dans son aristocratie intellectuelle et on se souviendra de cette inauguration curieuse des fresques du musée d'Amiens, présidée par Théophile Gautier, oii quelques initiés seulement avaient pris place. Aujourd'hui, après avoir été longtemps à la peine, il est à l'honneur et son heure est décidément arrivée. »

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