‹ Puvis de Chavannes, notices rédigéesChapitre 44 sur 51 · XLVI. — L'HIVER · texte numérisé non relu

XLVI. — L'HIVER

On a expliqué par de bien ingénieux développements le choix des deux sujets adoptés par l'artiste pour décorer un salon municipal. Mais il n'est pas interdit de croire qu'il a tout simplement eu plaisir, après avoir si souvent exprimé la douceur du printemps et de l'automne, à chercher dans les saisons extrêmes le prétexte à des poèmes nouveaux. Ceux qu'il a écrits eussent été partout à leur place.

L'ÉTÉ et L'Hiver furent accueillis, aux Salons de 1892 et 1893, avec l'admiration due à un maître qui n'avait point décliné. Mais précisément parce qu'il n'était pas homme à s'enfermer, comme on l'a cru, dans une formule, il allait lui arriver une fois encore de surprendre la critique et de dépasser une partie de son public.

Dans les Salons de 1893 et 1894 parurent les toiles qui devaient compléter ses décorations de l'Hôtel de Ville et occuper, en haut de l'escalier d'honneur, l'emplacement resté vide après la mort de Baudry et de Delaunay. 11 y a là, encliàssés dans des moulures d'un luxe vraiment municipal, une douzaine de tympans, écoinçons et voussures dont l'agencement compliqué défie tout essai de description intelligible. Puvis y a personnifié les vertus de Paris : LE Patriotisme, la Charité, l'Ardeur artistique, l'étude, l'esprit. la fantaisie, la Beauté, l'Intrépidité, le Culte du Souvenir, L'Industrie, l'Urbanité et la Poésie. Tout en

haut s'étend un grand plafond : Victor Hugo

Page 1