PAR
Fig. 3. — Pentanymphon antlarcticum Hodg- Fig. 4. — Pentanymphon Fig. 5. — Pentanymphon anson. — Extrémité d'un ovigère. Gr. 30. antarcticum Hodgson. tarclicum Hodgson — Griffe — Une épine denticulée terminale du mème ovigère.
du même ovigère. Gr. Gr. 96.
d'hiver de la baie de Mac-Murdo; soit à peu près par 78° latitude sud
Fig. 6. — Pentanymphon antarcticum Hodgson. — Extré-
mité de la deuxième patte gauche, vue de côté. Gr. 13.
et 168° longitude est. On sait par M. Hodgson (1905°, 35) qu'un autre exemplaire, probablement de même espèce (1), a été capturé au cours de l’Expédition antarctique écossaise, près des Orcades du Sud (45° longitude ouest, 61° latitude sud), c’est-àdire dans une région antarctique opposée à la précédente. Enfin les exemplaires du « Français » proviennent de l’île Booth-Wandel, qui se trouve par 64° longitude ouest et 65° latitude sud. Il n’est done pas exagéré de dire que le Pentanymphon antarcticum est répandu partout dans les mers qui avoisinent le pôle Sud.
D’après M. Hodgson, les exemplaires de la « Discovery » furent capturés entre 12 et 125 brasses
de profondeur ; mais les récoltes de M. Charcot montrent que l'espèce
peut remonter jusqu’à la côte.
(1) Cet exemplaire n’est pas sans ressembler beaucoup à ceux recueillis par la Mission Charcot. D'après M. Hodgson, en effet, il se distingue du P. antarcticum par ses appendices ambulatoires plus courts et par les dimensions relatives des tarses et des propodes, qui sont de longueurs variables, mais d'ailleurs subégaux. Ces caractères ne sont pas d’une constance absolue, et c’est pourquoi je n'ai pas attribué les spécimens du « Français » à une espèce nouvelle.
Famille des PALLENIDZÆ P.-P.-C. Hoek.
Les Pallenidæ sont des Pycnogonomorphes euchélates qui dérivent vraisemblablement des Nymphonides par atrophie plus ou moins complète des palpes. Certains d’entre eux ont des ovigères à griffe terminale comme les Nymphonides, et c'est précisément le cas du genre Cordylochele qui représente à lui seul la famille dans les collections du .« Français ».
CORDYLOCHELE G.-0. Sars.
Le genre Cordylochele comprenait jusqu'iei un petit nombre d'espèces, C. malleolata Sars, C. longicollis Sars et C. brevicollis Sars, toutes trois propres aux régions boréales. Il compte aujourd’hui un quatrième représentant, le C. 'urqueti, découvert par le « Français » dans les mers australes.
Cordylochele Turqueti E.-L. Bouvier.
(Voir les fig. 1 et 2 de la PI. IIT, et dans le texte, les fig. 7-18°).
1905. Cordylochele Turqueti E.-L. Bouvier, Bull. du Muséum, 1905, p. 297.
1906. Cordylochele Turqueti E.-L. Bouvier, C. R. Acad. des sciences, t. CXLIT, p. 18. Le corps. — Le céphalon (fig. 7, 8, 10) est très dilaté latéralement
dans sa partie antérieure, où il est
beaucoup plus large que la partie
centrale des segments du tronc
et où il présente dorsalement une
Fig. 7 et 8. — Cordylochele Turqueli Bouv. — Le corps, les chélicères et la base des pattes, vus du côté dorsal (fig. 7, à gauche) et du côté droit (fig. 8, à droite). Gr. 4 2/3.
paire de hautes saillies coniques. Ces saillies sont un des caractères les
plus frappants de l’espèce :elles se rattachent au céphalon par une très
large base et se prolongent au sommet en une courte pointe aiguë (fig. 9) ;
Expédition Charcot. — Bouvier, — Pycnogonides. D
leur bord externe est vertical, et leurs bords internes dessinent une courbe demi-cireulaire ; elles sont à peine inclinées en avant; la distance qui sépare leur pointe de la face supérieure correspon- NPA dante du céphalon est à peu près égale à la distance
eus de leurs deux pointes.
En arrière des saillies coniques, le céphalon se rétrécit en un étroit col, puis s’élargit pour se con- Fig. 9 — Cardylbochee fondre avec le premier segment du tronc. Il n’est
Turqueti Bouv. — Le : ; « front vu de face, avec pas possible de séparer ces deux parties du corps;
la trompe en raccourci Fa :
et l'origine des chél- même ici l’on pourrait croire que le éubercule
ADS oculaire est une dépendance du premier segment, car il se trouve compris entre les prolongements latéraux de ce dernier, au niveau, il est vrai, de leur moitié antérieure. Ce tubercule est d’ailleurs réduit, peu élevé et arrondi au sommet ; 1l porte quatre yeux (fig. 11), dont les deux antérieurs sont plus grands et plus rapprochés que les autres.
La trompe (fig. 7,9, 10)estassez obliquement inclinée sur l’axe longitudinal du corps ; elle atteint presque le
LR D milieu du doigt mobile des chélicères et égale sensi-
Fig. 10.— Cordylochele Turqueti Bou. Llement en longueur la distance qui sépare le bord — Extrémité buc- £ l :
cale de 11e tome: 'pOPÉTIEUE du tubercule oculaire de l’extrémité de l’abr. .
domen ; elle a une insertion ventrale au-dessous de la
base des chélicères; son contour est arrondi. Sur au moins toute la longueur de ses deux tiers proximaux, elle s'atténue très légèrement à partir de la base ; ensuite elle se rétrécit progressivement
/ davantage, si bien que son tiers terminal figure mani- O ‘? [e) 6 festement un tronc de cône à sommet rétréci. Ce sommet
es (fig. 10) présente un contour en forme de triangle obtus ; sa lochele re surface est irrégulière, mais ne présente aucune soie, tion des yeux même examiné à de forts grossissements du microscope. vue d'en haut. Le tronc (fig. 7, 8) est plutôt robuste avec des prolon- Schema.
gements latéraux séparés et à peu près aussi longs que sa propre largeur ; les segments y sont bien distincts, obtusément arrondis en arrière et dépourvus de saillie médiane dorsale: le sillon qui les
sépare les uns des autres en arrière est toujours apparent du côté ventral, tandis que, du côté dorsal, il n’existe pas entre les troisième et quatrième segments. Les prolongements latéraux se dilatent un peu dans leur partie terminale; ils présentent dorsalement, près de leur bord externe, un léger tubercule conique perpendiculaire à leur grand axe.
L'abdomen (fig. 7, 8) est sensiblement dirigé suivant l’axe du corps; un peu plus long que les prolongements latéraux, il est à peu près cylindrique, sauf dans sa partie distale où il s'atténue assez rapidement en cône.
Sur toutes les parties du corps, les téguments sont glabres et dépourvus d’aspérités.
Appendices du céphalon. — Les chélicères (fig. 7, 8, 12, 13 et 14)sontun peu moins inclinées que la trompe ; elles se composent d’un scape et d’une pince dont les bords internes forment entre eux un angle presque droit. Le scape est à sa base presque aussi large que la trompe, et beaucoup plus à son extrémité distale ; il n’atteint pas la longueur des pinces et paraît complètement dépourvu de soies.
Les pinces présentent d’abord une partie basilaire située dans le prolongement du scape, mais un peu plus large ; elles s’élargissent ensuite beaucoup pour former le
reste de la portion palmaire, qui s'incline : Fig. 12, 13, 14. — Cordylochele Turalors de haut en bas et d’arrière en avant. queti Bouv. — Chélicère droite vue L À : par la face inférieure (fig. 12, à gau- La pince atteint son maximum de largeur chej etpar la face supéro-interne 1 : (fig. 13, à droite), Gr. 7; en haut au niveau de la base des doigts; ces der- (fig. 14), extrémité très grossie de la même chélicère, face inférieure.
niers sont séparés par un large hiatus et très
subaigus à leur pointe, qui est roussâtre. Le doigt immobile (fig. 14) présente en dessus quelques courtes soies éparses, comme les parties avoisinantes de la portion palmaire ; sur son bord interne, il est muni de deux dents tronquées, l’une petite et subterminale, l’autre plus longue, plus saillante et située plus en arrière. Le doigt mobile est inerme,
au moins aussi long que la portion palmaire et mobile dans le plan même
de la pince, c’est-à-dire de dehors en dedans et de haut en bas.
Les palpes n'existent pas ; on ne peut même pas en apercevoir la trace
du côté ventral, au-dessous et en dehors des chélicères. *
Les ovigères (fig. 15, 16) prennent naissance sur la face ventrale et
Fig. 15. — Cordylochele Turqueli Bouv. —Ovigère droit vu de côté.
Gr. 6 1/2.
Fig. 16. — Cordylochele Turqueti Bouv.
— Extrémité du même ovigère vu de côté et plus grossi.
dans la partie postérieure du céphalon, au bord inférieur d’une paire de saillies qui délimitent très nettement le cou ; Juste en arrière de ces saillies, on observe un sillon transversai assez net, qui, du côté ventral, sépare le céphalon du premier segment.
Les ovigères du mâle adulte que nous étudions se composent de dix articles dont les
quatre derniers sont un peu courbes, subégaux, réunis en faucille et
D 2 29 IDD DID
Fig. 17. — Cordy-
munis chacun, sur leur bord interne, de 18 à 21 épines, qui sont obtuses au sommet, un peu crénelées à la base etplus loin à bords finement striés en éventail (fig. 17); sur l’article terminal, qui finit par une griffe, les épines distales sont plus longues que les autres et présentent une pointe subaiguë (fig. 16). Le premier article des ovigères est très court; le deuxième l’est moins; le troi-
lochele Turqueti… sième dépasse notablement en longueur le précédent et
Bouv. — Une
épine denticulée {rès peu l’un quelconque des articles terminaux ; le qua-
de l'avant-dernier
article de lovi- trième article égale à peu près en longueur les articles
gère. Gr. 282.
1,2et 3 réunis; le cinquième est un peu courbe comme
le précédent et à peine plus long: le sixième est un peu plus
court que le troisième. Tous ces articles sont dépourvus de soie.
Pattes. — Je n’ai pas mesuré comparativement les pattes des différentes paires, mais il m'a paru que les postérieures étaient un peu plus courtes que les autres. D'ailleurs toutes (fig. 18) sont assez longues, plutôt grêles et munies de très petites saillies aiguës ou subaiguës qui portent souvent une soie fort brève ; ces saillies
sont peu nombreuses sur les articles coxaux, où elles se pré- Fig.18.— Cordylochele Turqueti Bouv.— Première patte droite, face postérieure. Gr. 4 2/3.
sentent surtout du côté dorsal ;
elles le sont davantage sur le fémur et bien plus encore sur les deux tibias, où la plupart se groupent plus ou moins distinctement en séries longitudinales. Les saillies manquent sur les deux articles terminaux, dont les faces supérieures et latérales présentent d’ailleurs (fig. 18”) quelques soies rares et courtes; sur le bord inférieur des mêmes appendices, on trouve des soies abondantes et beaucoup plus longues, qui font complètement défaut sur toute la longueur des griffes.
Le second article coxal est à peu près aussi long que les deux autres pris ensemble; il se dilate fortement en massue dans sa partie externe et présente dorsalement, à l’origine de son tiers terminal, un tubercule arrondi beaucoup plus grand que les saillies avoisinantes ; on observe sursa face ventrale, tout près du bord externe, un large pore génital, qui
est également bien développé sur toutes les pattes Fig. 18 bis. — Cordylochele
Le fémur est un peu plus long que les tibias, les- Turgueti Bouv. — Tarse,
propode et griffe de la uels son Soaux ; S même patte, face antéq t subégaux et, à leur tour, un peu plus méme pate
allongés que les trois articles coxaux réunis; on observe quelques saillies plus fortes et presque spiniformes sur le bord inférieur du fémur. La griffe égale au moins les trois quarts du propode.
Les dimensions de l’exemplaire {ype sont les suivantes :
Millim.
Longueur totale du corps, sans la trompe...................... 6,0 Largeur maxima (au niveau des pattes 2).... ................. 4,1 Distance des pointes des deux cornes du céphalon .............. 2,8 Éongueur dela trompe." "2e eee Re 4,0 - dorsale du scape de la chélicère droite. .............. 2,6 — =. de la pincer ASE eee Re PNR — totale des trois articles coxaux (troisième patte) ....... 5,0 — AU ÉMUE LES ONE RE A SR EE EE 6,0 = du premier GbIn EE RER ST REP ERE RTS 9,9 — du déuxième tibia "2 M0 re CORRE 512 du tarseret du propode:-":2""" "Er RPC 3,2 — du doigt unes ee CRD TER RTS MEET 2,4 Harirar. — Port-Charcot. L’exemplaire type ci-dessus décrit. Affinités. — Cette espèce est une forme de passage entre les Cordylo-
chele G.-0. Sars et les Pseudopallene E.-B. Wilson; elle ressemble aux espèces du premier genre par son corps dépourvu d’épines et par les lèvres non sétifères de sa trompe; elle tient du second par les saillies de ses appendices ambulatoires et par la direction de sa trompe, qui est obliquement inclinée vers le bas. Au surplus, ses saillies appendiculaires sont réduites et non comparables à de vraies épines, ce qui indique encore une transition entre les deux genres.
A ces divers points de vue, notre espèce ressemble bien moins aux Cordylochele, dont toutes les espèces connues sont propres aux régions boréales, qu'à la Pseudopallene cornigera Môbius découverte par la « Valdivia » sur les côtes de l’île Bouvet, dans les régions antarctiques. Les différences qui distinguent le C. Turqueti de cette espèce, telle qu'elle a été décrite par M. Môbius (1902, 186), sont pourtant assez nombreuses : l°latrompe n’est point franchement conique depuis la base, mais en forine de cylindre sur une grande partie de sa longueur, et ensuite fortement atténuée; au surplus, elle ne présente pas, dans sa région labiale, les soies caractéristiques des Pseudopallene ; 2? ses deux cônes céphaliques sont plus profondément séparés ; ils ne s’inclinent pas en avant et se terminentpar des pointes beaucoup plus courtes ; 3° il n’y a pas d'éperons à l'extrémité des prolongements latéraux, qui sont simplement pourvus d’une légère saillie dorsale ; 4 l'abdomen n’est pas
PYCNOGONIDES. 39 en massue et ne se relève pas sensiblement; 5° le doigt fixe des chélicères porte deux dents au lieu d’une seule ; 6° le cinquième article des ovigères n’est pas beaucoup plus long que la quatrième, et le dernier article de ces appendices, au lieu de se terminer par un bout obtus, se réduit peu à peu et se continue par toutes les transitions avec la griffe terminale ; 7° le premier article tibial des pattes, au lieu d’être plus court que le suivant, est légèrement plus long; 8° les épines des ovigères sont plutôt striées que distinctement denticulées.
La Pseudopallene cornigera a été retrouvée par la « Discovery » dans les régions antarctiques ; les spécimens qui proviennent de cette nouvelle source viennent d'être décrits (1907) par M. Hodgson (1).
, Famille des AMMOTHEIDÆ A. Dohrn.
Les Ammothéides sont des Pycnogonomorphes cryptochélates, chez lesquels on voit les chélicères s’atrophier peu à peu et parfois même se réduire à un simple bourgeon (7rygeus), ou à un rudiment presque invisible (Clothenia) et parfois même disparaître (Discoarachne) ; plus ou moins parallèlement se réduisent les palpes, dont le nombre des articles peut varier de 9 à 4, et les ovigères, qui ont de 7 à 10 articles. Ce sont donc, à beaucoup d’égards, les plus modifiés des Cryptochélates, d'autant qu'ils présentent des griffes auxiliaires, des tarses courts et des propodes arqués, ce qui les éloigne encore davantage des Euryeidides, c’est-à-dire des Cryptochélates les plus primitifs. Au surplus, ils semblent se rattacher assez étroitement à ces derniers et, de même que les autres Cryptochélates, dérivent de forme moins modifiées que les Pentanymphon. Ces formes nous sont encore inconnues, mais devraient vraisemblablement s’intercaler entre ce dernier genre et le type ancestral de la sous-classe. Ainsi se justifie, à notre sens, le groupe des Pycnogonomorphes cryptochélates.
Les Ammothéides recueillis par le « Français » sont représentés par trois espèces qui appartiennent au genre Ammothea, et par deux espèces du genre Leionymphon.
1) Dans la bonne épreuve de son travail, M. Hodgson identifie avec doute le Cordylochele Turqueti avec la Pseudopallene cornigera. J'ai relevé ci-dessus les différences assez grandes qui existent entre ces deux formes ; il sera facile d'en relever d’autres en comparant mes figures avec celles de M. Hodgson.
A0 PYCNOGONIDES.
AMMOTHEA W.-E. Leach.
Les Ammothées se rangent parmi les formes les moins modifiées de la famille, parce que leurs chélicères présentent encore, chez l'adulte, un développement notable, de même que leurs palpes, qui ont de 7 à 9 articles, et les ovigères qui en ont 10.
Elles sont propres surtout à l'hémisphère du Nord; pourtant on en connaît quelques espèces au sud de l’Équateur (4. Wi/soni Schimk, À. brevicauda Loman), et M. Pfeffer en a mème signalé une, l'A. Hoeki Pfeffer, dans les parages de la Géorgie du Sud. Cette dernière était Jusqu'ici la seule Ammothée connue dans lesrégions antarctiques, maisle « Français » en a trouvé trois autres : l'A. cureulio, l'A. communs et l'A. affinis, dont les caractères sont les suivants :
Ammothea cureulio E.-L. Bouvier. (Fig. 19-22 du texte.)
1906. Ammothea curculio E.-L. Bouvier, C. R. Acad. des sciences, t. CXLII, p. 20.
Cette espèce n'est représentée que par des exemplaires immatures, dont les chélicères sont encore en pinces, les palpes vraisemblablement imparfaits, les ovigères nuls ou à peine indiqués.
Dans l’exemplaire qui a été choisi comme type, le céphalon (fig. 19, 20, 21) se rétrécit et se prolonge entre les chélicères sous la forme d'une avance un peu infléchie :; il se dilate ensuite latéralement, puis se rétrécit de nouveau, formant un col assez large qui, du côté dorsal et du côté ventral, semble
Fig. 19. — Ammothea cureuio S'articuler avec le tronc. Du côté dorsal, il Bouv. — Le corps, les appendices | JE
céphaliques et la base des pattes, Présente en son milieu un haut tubercule face dorsale. Gr. 10. 3 " Er t »
oculaire assez large qui s'élève verticale-
ment, s'atténue peu à peu tout d’abord et se rétrécit brusquement en
pointe au-dessus des yeux, qui ne paraissent guère distinctement séparés.
En avant du tubercule et en arrière des chélicères, on observe à droite
et à gauche deux saillies spiniformes assez petites.
PYCNOGONIDES. A1
La trompe (fig. 19, 20, 21) s'articule par une large base sur la face ventrale du céphalon, un peu en arrière des chélicères ; elle se rétrécit progressivement jusqu'au niveau des pinces, puis devientsubeylindrique et se termine par un bout obtus légèrement dilaté. Elle est un peu infléchie et recourbée vers le bas et à peu près aussi longue que le
reste du corps; dans la partie subeylindrique, son diamètre
Fig.20.— Ammothea cureulio Bouv. — Les parties de la figure précédente vues du côté gauche. Gr. 13.
égale à peu près le dixième de la longueur totale.
Les segments du éronc (fig. 19, 20, 21) s’articulent fort nettement entre eux du côté dorsal; il en est de même du côté ventral, au moins en ce qui concerne le segment moyen; mais, de ce côté, l'articulation des deux segments postérieurs ne paraît guère distincte. Les prolongements latéraux sont larges, assez courts et diminuent de longueur du premier au dernier, comme les pattes qui leur font suite.
C'estlà, sans doute, le résultat d’une croissance encore incomplète. Les prolongements de la paire antérieure sont presque contigus au céphalon, mais ceux de la deuxième paire sont assez largement éloignés des prolongements qui les précèdent et qui les suivent ; par contre, les très courts prolongements postérieurs tou-
chent EE de la troisième Paire; sauf # Fig. 21. — Ammolhea cureulio Bouv. —
lendborddistal/ouilss/entécartentun peu. à Les mèmes DEReeNEN ONE ven Du côté dorsal (fig. 19), ces prolonge-
ments présentent tous, à quelque distance de leur bord externe, une arma-
ture de fortes épines ; ces épines inégales sont au nombre de 2 ou3 en avant
et de 3 ou 4 en arrière dans les prolongements des deux paires anté-
rieures; il yen a 2 en avant et 2 ou 3 en arrière dans les prolonge-
ments de la troisième paire, mais je n’ai vu qu'une seule épine,
d'ailleurs assez réduite, sur le prolongement postérieur. Ces différences
Expédition Charcot. — Bouvier. — Pycnogonides. 6
doivent à coup sûr s’atténuer avec l’âge. Une saillie conique s'élève au milieu de la face dorsale de chacun des segments (fig. 20). La saillie du segment antérieur est assez élevée, un peu inclinée en arrière et munie sur les flancs de quelques rudiments d'épines ; la saillie suivante est plus large etun peu plus haute, d’ailleurs presque verticale et armée latéralement d’épines assez fortes ; la saillie du troisième segment ne le cède en rien à la précédente pour la hauteur, mais elle est plus étroite, plus nettement acuminée et s’ineline au surplus assez fortement en arrière, sa partie distale présentant sur les flancs quelques fortes épines ; la saillie du segment postérieur est petite, inerme et fortement inclinée en arrière. La face ventrale (fig. 21) est égale, unie et sans protubérance.
L'abdomen (fig. 19, 20, 21) est fusiforme et obliquement relevé ; il ne semble pas s’articuler avec le dernier segment du tronc.
Les chélicères (fig. 19, 20, 21) se composent d’un fort article basilaire et d’une pince bien formée. L'article basilaire est un peu plus long que large et légèrement dilaté en avant; il présente quelques faibles saillies spiniformes près des bords externe et antérieur de sa face dorsale. La pince est à peu près aussi longue et aussi large que l’article basilaire ; ses doigts sont longs, courbes et séparés par un large hiatus.
Les palpes (fig. 19, 20, 21) ne paraissent pas avoir atteint leur complet développement ; ils dépassent à peine les chélicères et se composent de 4 ou 5 articles, dont le deuxième est beaucoup plus long que les autres.
Les ovigères ne sont pas encore indiqués.
J'ai dit plus haut que les pattes décroissent en longueur de la première à la quatrième; celles des trois paires antérieures paraissent bien développées, mais les postérieures sont trop réduites pour qu’on puisse croire qu'elles présententleur forme et leur structure définitives. Dans les pattes (fig. 22) des trois premières paires, le fémur et le premier tibia sont à peu près d’égale longueur et aussi longs que les trois articles coxaux réunis ; le deuxième tibia estnotablement plus long, mais le tarse est très court, et le propode égale à peu près en longueur les deux premiers articles coxaux. La griffe terminale mesure plus de la moitié
de la longueur du propode et dépasse d'au moins un tiers ses deux griffes auxiliaires. Tous les articles des pattes sont armés d’épines ; ces dernières sont assez fortes et au nombre de 3 ou 4 sur la première coxa, où elles occupent le côté dorsal; elles sont à peu près aussi nombreuses, mais plus réduites, sur le deuxième article, et à peine représentées par une ou
deux spinules sur le troisième.
he . Fig. 22. — Ammothea curculio Bouv. — Deuxième patte Ees epines sont bien plus nom- gauche vue un peu obliquement par sa face antérieure. Gr. 13.
breuses, et certaines sont plus fortes sur les trois grands articles qui suivent ; elles deviennent particulièrement abondantes sur les deux tibias, où d’ailleurs beaucoup d’entre elles se groupent en séries longitudinales ; partout, entre les grandes épines, se trouvent des spinules et de faibles saillies aiguës. Ces saillies existent seules sur le tarse et le propode, où elles sont accompagnées de courtes soies et, sur le bord inférieur, de quelques forts poils raides et spiniformes.
La longueur totale du corps, depuis le bout de la trompe jusqu’à l'extrémité postérieure de l'abdomen, est de 4°°,5.
HABITAT, VARIATIONS. — N° 446, 29 avril 1904, île Booth-Wandel. — Deux exemplaires immatures : le type décrit plus haut et un autre individu à peu près identique, mais à pattes postérieures déjà plus longues; le cinquième article des palpes y est bien distinct, d’ailleurs un peu plus court que le quatrième. Ces deux exemplaires sont d’une étude difficile, toutes les parties du corps, sauf la trompe, étant recouvertes de particules étrangères et de microorganismes.
N° 318, 8 avril 1904, ile Booth-Wandel, Port-Charcot, 40 mètres, sur une Ascidie. — Jeune exemplaire presque aussi grand que les précédents, mais beaucoup moins développé; les pattes postérieures sont réduites à de courts bourgeons indivis, un peu moins longs que l'abdomen; les pattes de la troisième paire sont encore petites et à peine plus longues que la moitié des pattes antérieures; ces dernières et les suivantes paraissent très normales, de même que la trompe. Les palpes atteignent à peine l’extrémité des chélicères et ne comptent que quatre articles.
Les bourgeons appendiculaires postérieurs précèdent manifestement le segment auquel ils appartiennent;ils naissentau contact l’un de l’autre, du côté ventral, entre la base de l’abdomen et le bord contigu du troisième segment, qui est lui-même peu développé.
Affinités. — Cette espèce est tellement caractérisée par la forme de sa trompe et par ses saillies segmentaires dorsales qu'il est impossible de la mettre en comparaison avec les autres espèces d’'Ammothées. On peut dire pourtant qu’elle se rapproche un peu, par son armature épineuse appendiculaire, de l'A. echinata Hodge et de l'A. Hoeka Pfeffer par la gracilité de sa trompe, qui, d’ailleurs, ne s’atténue pas en pointe comme dans cette dernière espèce. Onsait que l’A. echinataesltune espèce boréale, et que l'A. Hoeki, décrite par Pfeffer (1889, 48), appartient à la faune de la Géorgie du Sud. Il est possible que l'A. curculio doive prendre place dans le genre Awstrodecus, récemment établi par M. Hodgson (1907, 40); elle présente, en effet, une troupe d'Awshrodecus, mais l'espèce n’élant pas adulte, on ne peut en fixer avec précision les caractères génériques. En tout cas, l’Arwnothea curculio diffère de l’Auws/rodecus glaciale Hodgson par sa trompe plus longue, son abdomen relevé, ses saillies dorsales épineuses et par la présence de fortes épines sur ses prolonge-
ments latéraux.
Ammothea communis E.-!. Bouvier.
(Voir la fig. 3 de la PI. II, et, dans le texte, les fig. 23-32.)
1906. Ammothea communis E.-L. Bouvier, C. À. Acad. des sciences, t. GXLII, p. 20.
Le céphalon (fig. 23-27) est très développé en tous sens, plus large que long et pourtant à peu près aussi allongé que les deux segments postérieurs du tronc réunis. Son bord frontal est convexe en avant, et ses angles antérieurs font obliquement saillie en dehors, oùils se terminent en pointe obtuse; son extrémité postérieure est à peu près moilié moins large que son bord frontal tout entier. Un tubercule oculaire s'élève presque verticalement sur sa face dorsale (fig. 27), à une très faible distance du bord antérieur ; d’un diamètre basilaire au moins égal au quart de ce dernier bord, le tubercule semble tout d’abord figurer un tronc de cône évasé à la base et à sommet obus; mais, en fait, ce sommet passe
brusquement à un cône terminal étroit, qui, transparent et incolore, échappe facilement aux regards et ne peut être bien vu qu'à des grossis-
sements assez forts. Sur les côtés et non loin du sommet du trone de cône, on voit quatre yeux égaux et bien développés, qui laissent entre eux une aire non pigmentée ayant sensiblement la forme d’une croix.
La trompe (fig. 24-27), parfaitement mobile, est toujours un peu inclinée du côté ventral et légèrement plus longue que la distance qui sépare le bord frontal du céphalon de la naissance de l’abdomen ; c’est au voisinage du milieu qu’elle présente son diamètre maximum; en deçà et au delà, elle se rétrécit avec régularité, sauf toutefois près de son extrémité antérieure obtuse, où elle s’atténue un peu moins rapidement. En son milieu, elle est presque aussi
Fig. 23 et 24. — Ammothea communis Bouv.— Un exemplaire O vu du côté dorsal sans la trompe au gr. 23 (fig. 23, en haut) et vu du côté ventral avec la trompe, les ovigères et les orifices sexuels, au gr. 30 (fig. 24, en bas).
large que les segments moyens du tronc sans leurs prolongements
latéraux.
Le tronc (fig. 23-27) présente dorsalement trois sillons arti-
culaires transverses compris entre les divers segments, les deux sillons
antérieurs sont précédés par un petit bourrelet; du côté ventral, ces
bourrelets sont remplacés par un sillon. Les prolongements latéraux
sont à peu près aussi longs que la distance transversale qui les sépare sur
le tronc; ils sont contigus à leur base et un peu écartés dans leur région
46 PYGNOGONIDES.
distale. Cette dernière présente dorsalement, à chacun de ses angles, une saillie fort légère et souvent obsolète. La plus grande largeur du tronc se trouve au niveau des pattes de la deuxième paire ; en ce point, la
distance qui sépare distalement les deux prolongements latéraux est un:
Fig. 25. — Ammothea communis Bouv. — Le Fig. 26. — Ammolhea communis Bouv. — Les corps, la trompe, la naissance des palpes et des mêmes parties, les ovigères et les orifices sexuels, pattes, face dorsale, ©. Gr. 23. vus du côté ventral, même ©. Gr. 23.
peu plus grande que celle comprise entre le bord frontal et la base de l'abdomen (fig. 23, 25, 32).
Ce dernier est un prolongement fusiforme, de longueur et de direction assez variables. Il est un peu mobile sur le quatrième segment du tronc et présente un sommet obtus ; ordinairement plus ou moins incliné vers le haut, il devient dans
certains exemplaires presque hori-
zontal.
Fig. 27. — Ammolhea communis Bouv. — Exem plaire vu du côté gauche, les pattes enlevées. Gr. 23.
Les chélicères (fig. 25 et 27) se composent d’un article basal dilaté en avant et d’un court article ovoïde quelque peu acuminé au sommet. Ce sont, en somme, des appendices
réduits, où la pince non fonctionnelle ne présente pas même, le plus
souvent, les traces d’un doigt; elles ont à peu près la longueur de la