‹ Pycnogonides du "Pourquoi pas?Chapitre 12 sur 17 · ESS · texte numérisé non relu

ESS

Re Es

Marguerite ; chalut I, 200 mètres ; température de l’eau sur le fond + 12,18; roche, gravier vase.

Un exemplaire « jaune tirant sur l’orangé »

5 (No 186), immature comme le précédent, mais de

fe taille un peu plus réduite; la structure est d’ail-

à é > leurs la même, toutefois le tubercule oculaire LT dus est arrondi au sommet avec un léger mucron, le

Fig. 79.— Ammolhea gibbosa. fémur n’égale pas tout à fait le tibia 1, et les

— Partie antérieure du corps et ses appendices dans un imimature, face dorsale. Gr.8.

spinules des paltes sont moins nombreuses et plus distinctement sériées.

Dragage n° VII: 16 janvier 1909, près de la Terre Alexandre ; latitude sud 68034’, longitude ouest Paris 72005"; chalut 1, 250 mètres ; température de Peau sur le fond + 12,6 ; roche.

Un grand mâle de couleur « jaune sale » (N° 149), qui porte quatre paquets d'œufs (fig. 80) en forme de manchon, deux sur chaque ovigère; l'un de ces manchons entoure l’article #, Fautre la partie distale de cet article et la partie basale du nombreux et

suivant: les œufs sont très

mesurent à peu près ! millimètre de dia- Fig. 80. — Ammothea gibbosa, S. — Ovigère gauche. Gr. 3.

mètre.

Cet exemplaire (fig. 81) diffère des deux précédents et des types immatures de M. Mübius par sa trompe, qui ressemble à celle de l'A. grande (à peu près droite, rétrécie et avec un léger étranglement dans son tiers basilaire, d’ailleurs bien plus large

dans ses deux tiers terminaux), par ses petites chélicères où la pince

est réduite à un bourgeon, par son tuberecule optique en colonne dilatée et arrondie au sommet, par ses saillies dorsales segmentaires qui Ss’épaississent beaucoup en

haut, leur petite pointe peu appa-

rt f-

ee ÿ ?Ÿ

& SRE £ | SE Fe s Fe \ er rm — se | : À Mon FR ni ee # Fig. 81. — Ammothea gibbosa, S.— Le corps vu du Fig. 82 — Ammothea gibbosa, O. — La e patte côté gauche avec les appendices céphaliques cor- gauche avec l'orifice sexuel et la saillie Pur

respondants. Gr. 1 3/4. Gr. 1 3/4.

rente étant située en avant, et par les fémurs (fig. 82) qui sont très légèrement plus longs que les tibias 1.

L exemplaire offre d'étranges ressemblances avec l'A. grandis, mais il s'en distingue et ressemble aux types immatures de l’espèce par quelques caractères importants: 1° la plus grande hauteur des saillies dorsales segmentaires ; 2° la plus grande longueur et la direction très oblique de Rare 3° le développement de deux tubérosités arrondies à l’extrémité distale des prolongements coxaux et du premier article coxal, tubérosité qui remplace un léger bourrelet continu dans l'A. grandis ; 4° les spinules des pattesquisontbeaucoupmoinsnombreuses et régulièrementsériées (notamment sur lestibias), au lieu d'être disposées sans ordre. Pour le reste, les deux espèces me paraissent absolument identiques, et j'en suis encore à me demander, comme Je le faisais en 1907 (p. 6%), si elles ne sont pas identiques et ne devront pas être réunies dans la suite (1).

Je crois utile de relever ci-dessous les dimensions du mâle adulte précédent et d'un mâle ovigère de l'A. grandis.

(1) Dans la o de VA. grandis prise par la « Discovery » et très bien figurée par M. Hodg-

son (1908, PI. VI, fig. 1), les spinules du tibia sont nettement sériées, l'abdomen est oblique, et la trompe cylindrique semble réfrécie à la base.

Expédition Charcot. — Bouvier, — Pycnogonides du « Pourquoi Pas ?», 17

130 PYCNOGONIDES DU « POURQUOI PAS p».

{C A. GIBBOSA }. | € A. GRANDIS ».

Millim.

Longueur de la trompe 5.8 16.6 Diamètre maximum de la trompe — de la trompe à l'extrémité distale.

Longueur du céphalon Largeur du céphalon en avant.........

Longueur totale du vcéphalothorax. "terne tree Largeur du céphalothorax dans sa partie étroite (2° segment) Largeur du céphalothorax avecles prolongements coxaux (2e segment) Longueur de l'abdomen . des coxæ de la 25 patte droite............

du fémur du tibia 1 du tibia :

CLS CO

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ETES 1 SO É ÜtO

1 © res

© CO © & Ct

de la griffe principale des grilles auxiliaires

On voit par ce tableau que les adultes des deux espèces diffèrent non seulement par la longueur de Fabdomen, mais par celle des griffes et du propode, qui sont plus longs dans PA. grandis. Ces différences ne se montrent pas encore dans les jeunes, non plus que larceau creux et lisse qui se trouve en avant sur les protubérances dorsales, au-dessous de la dilatation qui termine ces saillies.

Les deux exemplaires jeunes qui servaient de type à l'espèce ont été pris par la « Valdivia », dans la province subantarctique de Kerguelen, aux iles Bouvet, fond de 567 mètres. Les campagnes de M. Jean Charcot montrent qu'elle se trouve aussi dans les eaux antarctiques de la province de Magellan ; c’est ce qui ressort non seulement des captures faites par le « Pourquoi Pas? », mais aussi de celles effectuées antérieurement par le « Français ». En comparant les types d'Achelia curculio Bouvier (14906, p. 40, fig. 19-21) recueillis au cours de cette dernière campagne avec les jeunes Armothea gibbosa du « Pourquoi Pas? », j'ai acquis la certitude presque entière que tous ces individus appartiennent à la même espèce et que lestypes d'Achelia curculio sont en réalité de très jeunes Arumnothea gibbosa, beaucoup plus jeunes et plus petits queceux du « Pourquoi Pas? ».

En tout cas, l'espèce subit avec l’âge des modifications profondes:

Jeune, elle à une longue trompe conique très caractérisée, des protubé-

PYCNOGONIDES DU « POURQUOI PAS ?». 131 rances dorsales en cône très aigu et des saillies coxales acuminées; adulte, elle acquiert une trompe pédonculée et subeylindrique, des protubérances dorsales larges, obluses et dilatées au sommet, en même temps que ses saillies coxales se réduisent et cessent d'être en pointe. Alors elle ressemble beaucoup à l'A. grandis, dont elle se distingue par les

caractères indiqués plus haut.

Ammothea minor T. V. Iodeson.

1907. Leionymphon minus T. V. Hodgson (1907*), vol. IT, p. 44, PL VIH, fig. 2. 1911. Leionymphon minus E.-L. Bouvier (4944°), p. 1140. 1911. Leionymphon minus E.-L. Bouvier (49441), p. 414

Dragage n° IE : 26 décembre 1906, chenal de Roosen, au nord del'iîle Casabianca; latitude sud 64048", longitude ouest Paris 699 517; chalut IE, 129 mètres ; température de l'eau sur le fond + 09,55; cailloux, roche, vase, grès verdâtre.

Un exemplaire (fig. 83) «ocre » (N924), privé d'une partie de ses pattes et d’ailleurs en bon état. Cet exemplaire est immature, mais ses ovigères peu allongés comptent déjà tous leurs articles ; soncéphalothorax mesure 2m®,5, c'est-à-dire 1 millimètre de moins que les types de

l'espèce. Les différences avec ces

tvpes sont rares et minimes : le

tubercule oculaire forme un cône

Fig, 83. — Ammothea minor Hodgson.— Le corps d'un inmalure vu du côté gauche avec les appendices correspondants. Gr. 11 1/2.

aigu et élevé au-dessus des veux, non une simple pointe ; Pabdomen est plus allongé que dans le type, car il dépasse notablement les prolongements coxaux postérieurs. Les pinces sont déjà réduites à un bourgeon (1).

Comme les précédentes, celle espèce appartient au groupe des Armothea où le corps est condensé et où les segments du tronc forment, en

arrière, des saillies dorsales. Elle se distingue (fig. 83) par sa taille réduite,

(1) Les dimensions de cet exemplaire sont indiquées à la page 135.

par la forme conique de ses saillies dorsales, par sa trompe piriforme ou plutôt longuement ovoïde, à peu près droite en dessous et nettement arquée en dessus, par ses pattes (fig. 84) qui sont médiocrement longues mais comprimées latéra-

lement et, par suite, plutôt larges, | À enfin et surtout par la structure de ses palpes, dont les articles 6

à 8 sont égaux et très dilatés infé-

ne ner rieurement, ce qui donne à cette Fig. S4. — Ammothea minor. — La 3 patte droite partie de l’appendice un aspect

Fa serratiforme très caractéristique.

Le dernier article des palpes est plus long que les précédents et ovoïde; les téguments sont partout recouverts de granulations microscopiques, avec cà et là quelques courtes soies.

Le type de lPespèce fut capturé par la « Discovery » dans la région antarctique de la province australasienne, aux Winters Quarters, par 129 brasses et à l'ile Coulman par 8-15 brasses ; elle habite également la province de Magellan, comme le montre la découverte du « Pourquoi pas? ». Elle S'y trouve même dans la zone subantaretique : M. Lahille, en effet, m'a soumis un Pyenogonide des Sandwichs du Sud (19444, 414) qui appartient sûrement à cette espèce ; l’exemplaire est un immature de lataille du précédent, mais qui porte encore des pinces bien dévelop-

pées ; il fut pris par M. C.-A. Larsen à Visokoi, le {3 novembre 1908.

Ammothea gracilipes E.-L. Bouvier.

1911. Leionymphon gracilipes E.-L. Bouvier (1944?), p. 1140.

Dragage n°9 VI: 15 janvier 1909, entrée de la baie Marguerite, entre l’île Jersey et la Terre Adélaïde, latitude sud 670 45’, longitude ouest Paris 709 45; chalut 1,254 mètres ; température de l’eau sur le fond —-19,18; roche, gravier.

Une femelle adulte, « jaune sale », dont les dimensions se trouvent relevées plus loin (n9 135).

Dragage n° VII : 20 janvier 1909, baie Marguerite; chalut H, 200 mètres, température de l'eau sur le fond + 19,18; roche, gravier, vase.

Un mâle ovigère «Jaune sale » (N° 188) et un jeune « brun sale » (N° 256), où les ovigères sont incomplètement développés.

La frompe (fig. 85) est identique à celle de PA, sinor, c'est-à-dire piriforme, très peu sensiblement infléchie et un peu plus longue que le céphalothorax : elle atteint sa largeur maxima (qui ne dépasse pas celle du tronc dans sa partie médiane la plus étroite), un peu au delà du milieu, celui-ci étant indi-

qué par les traces fort vagues d’un

étranglement:; à partir de ce point destisnes lonsiludinales se Man he 8 irmohes gracilipes Bouvs ©

Animal vu du côté gauche avec les appendices antérieurs correspondants. Gr. 9.

festent assez nombreuses sur Îles parois de l'organe.

Le céphalon (fig. 85) est un peu plus long que large et à peine plus étroit en arrière; son bord antérieur, carrément tronqué, porte un léger denticule à la base de chaque chélicère, La tubercule oculaire est vertical, assez haut et large : il se termine par un cône aigu, ou par une pointe, au-dessus des yeux. Ces derniers sont largement séparés, très nets, peu étendus et ovales; ceux de la paire antérieure sont sensiblement plus grands que les autres.

Le tronc (fig. 85) ressemble tout à fait à celui de l'A. #inor; toutefois ses saillies dorsales s'infléchissent très légèrement en arrière, et les deux saillies qu'on trouve dorsalement au bout de chaque prolongement coxal sont moins arrondies, plus anguleuses.

L'abdomen (Hg. 85) se dilate peu vers sa partie terminale ou ne se dilate pas du tout; dans le jeune exemplaire il est même rétréci. Sa longueur est à peu près celle du dernier prolongement coxal; il est beaucoup plus relevé que dans l'A. minor, vertical ou presque.

Les chélicères (fig. 85) ne présentent rien de particulier; leur pince,

qui est encore parfaite dans le jeune immature, se réduit à un bourgeon

chez les deux adultes.

Les palpes (Hig. 85) sont presque identiques à ceux de PA. nor;

ee pourtant l'article # est légèrement moins + # long quele deuxième; les articles 6-8 sont #P dilatés et donnent à cette région du palpe

Ë., une apparence serratiforme.

| Le Les ovigères sont également presque MN identiques dans les deux sexes ; chez Île : | \ male (fig. 86), les articles 8 et9 sont les plus "4: ! courts et l’article 5 est plus étroit que le À 3 | l quatrième, contrairement à ce que l’on ob- D À serve dansles figures de l'A. #71n07 données Rene al par M. Hodgson (19072, PI. VI, fig. 2a) chez

Fig. 86. — Ammolhea gracilipes, S. — ]a femelle (fig. S0), le dernier article est Ovigère gauche. Gr. 16. : Ê EVE À toujours plus long que le précédent, tandis

qu'il est représenté plus court par M. Hodgson (fig. 2 c). Dans notre type, le dernier article de l'ovigère gauche est étroit et ovalaire, tandis qu'il est arrondi (comme

6 # dans la figure de M. Hodg- | son) dans lovigère op- RE (# posé.

| { | ” nr A4 Les pattes (fig. 87) sont | fort dissemblables dans les deux espèces : leur deuxième article coxal est | à NS plus long que la somme | | PP des deux articles avoisi-

| Le nd nants ; leurlongueur égale RSR huit fois celle du céphate ar amer ae ds HE EuuGi», Jothorar, etic/estte peine si elles sont comprimées

latéralement, de sorte qu'elles restent fort étroites : la lon eueur du

deuxième tibia égale treize fois sa plus grande largeur; dans FA. minor, au

PYCNOGONIDES DU « POURQUOI PAS ?». 135 contraire, le deuxième article coxal est plus court que la somme des deux articles contigus ; la longueur des pattes égale sept fois celle du céphalothorax et la longueur du deuxième tibia huit fois seulement sa plus grande largeur. Ces différences, et quelques autres, apparaissent très bien dans fe tableau suivant, où j'ai relevé les dimensions du jeune immature de l'A. inor, du type de la même espèce figuré par M. Hodgson

et du type femelle de Pespèce qui nous occupe.

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