EE
sexuelle. En effet, le rapport de la longueur à la largeur du tronc est de 0,83 dans la Decolopoda australis çÿ, de 0,74 dans la © de même espèce (fig. 1) et de 0,76 dans la © de D. antarctica. Ainsi, chez les Décolopodes, le tronc serait plus étroit et moins discoïde chez les femelles que chez les mâles.
Mais avant de poser en règle générique la
différence précédente, il conviendra de véri- ps 4. — pecolopoda austratis
Eights, © du «Pourquoi pas ? ».
— Le corps et la partie basale des appendices vus de dos. Gr. #
fier le fait sur d’autres /). australis et d'attendre la découverte du mâle de la 2). antarcticu.
Abstraction faite de ce caractère, les différences qui distinguent la
Expédition Charcot. — Bouvien. — Pyenogonides du « Pourquoi Pas ? ». 7
D. australis de la D. antarctica sont exactement celles relevées dans mon précédent travail, à savoir :
19 La structure des palpes qui ont neuf articles au lieu de huit ;
20 Le développement beaucoup plus réduit des pattes, celles de la deuxième paire égalant huit à neuf fois la largeur maxima du tronc dans la D. australis, au lieu de douze fois comme dans la D. antarctica ;
30 La brièveté et l'épaisseur plus grandes du premier article des chélicères, cet article égalant au plus les 35 centièmes de la longueur du tronc et étant à peu près trois fois aussi long que large; tandis que dans la 1). antarctica il mesure les 48 centièmes de la longueur du tronc et sa longueur égale six fois sa largeur ;
49 La forme des pinces des chélicères dontla portion palmaire est courte dans la D. australis, où elle se termine par des doigts fortement infléchis en arceau demi-circulaire, tandis que chez la D. antarctica la portion palmaire est assez longue et se termine par des doigts médiocrement arqués ;
»° Le développement de la trompe, qui est bien plus courte (les 75-85 centièmes de la longueur du corps au lieu de 91 centièmes) et notablement plus étroite dans la D. australis :
60 Le faible développement du tubercule oculaire qui est bien plus étroit que la moitié du céphalon, tandis qu'il est plus large dans la D. antarctica.
Je laisse de côté les caractères moins importants ou quelque peu variables, tels que la longueur du 28 article tibial et les soies spiniformes du tronc, des pattes et de la trompe; dans la #. australis du « Pourquoi Pas? » ces dernières sont particulièrement peu nombreuses sur le tronc comme sur la trompe, beaucoup moins nombreuses que dans lexem plaire figuré par M. Hodgson (19052, PI. III ; 4908, PI. II, fig. 2).
Faut-il considérer comme un caractère spécifique la forme des orifices sexuels femelles”? Je ne saurais le dire, faute de matériel suffisant. Mais, comme on le verra dans les figures jointes à ce mémoire, les orifices sont ovales dans l’exemplaire de D. australis (fig. 2, 3, 4) et subtriangulaires dans la D. antarctica Mg. 5, 6, 7). J'ajoute qu'ils sont notablement
plus grands dans cette dernière espèce, presque le double (530 y au
PYCNOGONIDES DU « POURQUOI PAS?» 51 lieu de 270), mais ces différences sont peut-être dues à la taille des spécimens.
Lacoloration pourraithien être un caractère plus important. Elle est très variable et probablement caractéristique des Algues où se tient l'animal chez la D. australis :
« Quelques exemplaires, dit M. Hod-
Fig. 2,— Decolopoda austra- Fig. 3. — Decolopoda australis, mème ©. Fig. 4 — Decolopoda australis, même ©. — Orifice — Abdomen et coxæ des pattes pos- lis, même ©. — Orifice sexuel de la {re patte gau- térieures, face ventrale avec orifice sexuel de la patte postéche. Gr. 8. sexuel. Gr. 8. rieure gauche. Gr. 46.
gson (4908, 183), sont de couleur paille très légère, sans aucune trace de pigment, sauf dans un ou deux cas où l’on trouvait un peu de celui-ci à l'extrémité de la trompe. D’autres exemplaires sont
d'une riche cou-
leur brun-olive, 3 qui est considé- 10 j rablement plus - ns Fig. 5. — Decolopoda an- Fig. 6. — Decolopoda an- Fig. 7. — Decolopoda foncée, presque larclica Bouv.— Ori- {arctica. — Orifice antarclica. — Orifice . nu fice sexuel de la 4re sexuel de la 1" patte sexuel de la 5° patte noire, sur la patte gauche. Gr. 4. gauche. Gr. 46. gauche, Gr. 4.
trompe, les man-
dibules (chélicères) et les palpes. Dans un spécimen, les pattes étaient également très foncées. Les notes de couleur qui m'ont été transmises et qui furent relevées au moment de la capture montrent que certains exemplaires étaient d'une brillante couleur écarlate, comme la
décrit Eights ; d’autres étaient d'un rouge très sombre, et alors, avec la
trompe presque noire. La couleur écarlate parait uniformément distribuée sur le trone etles membres, la trompe et les parties adjacentes étant plus foncées que le reste. » Comme on le voit d'après ce passage, la couleur varie notablement et parait assez fugace dans l'alcool; lexemplaire du « Pourquoi Pas? » était d'une belle couleur rouge au moment où il fut capturé, et sa décoloration est complète à l'heure actuelle.
Au contraire, la D. antarctica est d'une teinte brun clair légèrement olivâtre ; voici quatre ans que le type de l'espèce se trouve danslaleool, et sa coloration n'a pas varié. On peut donc croire que la D. antarctica se distingue de la D. australis par l'insolubilité de son tégument dans la liqueur alcoolique.
Les deux espèces n'ont pas identiquement la même distribution géographique. Toutes deux appartiennent à la province magellanique telle que l'a définie M. Hodgson, mais la D). australis paraitlocalisée entre le 619 (Orcades du Sud) etle 630 (Shetlands) de latitude sud, tandis que la D. antaretica fut trouvée à Port-Charcot par 690 de latitude sud. Cette dernière
espèce parait done plus franchement antarctique que la précédente,
Deuxième Famille. — COLOSSENDEIDÆ P. P. CG. Hoek.
Cette famille se distingue de la précédente par sa structure octopode et par la disparition des chélicères ; elle comprend les genres Colossendeis Jarz., Rhopalorhynchus Wood-Mason et Pipetta Loman. Les deux premiers genres sont des Colossendéomorphes absolument normaux, encore que, d’après M. Loman (1908, PI. XV, fig. 215), les palpes semblent éloignés des ovigères dans les Rhopalorhynchus :; le genre Pipetta est un peu aberrant en ce sens que le 2e article coxal des pattes est très allongé au lieu d’avoir la même longueur que les deux articles contigus. Il ne saurait être question de faire dériver, avec M. Cole (1905, 410), les membres de cette famille des Ammothéidés. Ainsi que l'ont montré M. Hodgson (190, 41) et M. Loman (1908, 15), les Colossendeis se rattachent étroitement aux Decolopoda, et le second de ces auteurs range même le genre Decolopoda dans la famille qui nous occupe.
Comme je l’ai fait observer antérieurement (4906P, 15), le genre dou-
teux Pasithoe Goodsir ne rentre pas dans cette famille et doit prendre
place parmi les Ammothéidés, même s'il est bien réellement, comme l’a dit Goodsir, dépourvu de chélicères (Voir p. 139), ce qui le rapprocherait des Discoarachine. Et dès lors, le nom de Pasithoidés que M. Sars et M. Cole attribuent aux Colossendéidés doit disparaitre de la nomenclature zoologique.
Le genre Rhopalorhynchus estreprésenté par deux espèces sublittorales localisées dans les mers indo-pacifiques et le genre Pipetta par la P. Weberi Loman, capturée ou sud d’'Amboine, à 2081 mètres de profondeur, par la «Siboga». Les Colossendeis ont au contraire, on le verra plus loin, une distribution fort vaste, et représentent seules la famille dans les
eaux antaretiques.
Genre Colossendeis Jarzynsky.
Les Colossendeis sont vraisemblablement issues des Decolopoda :; la plupart, il est vrai, ont un corps allongé et plus ou moins grêle, fort différent du trone discoïde qui caractérise les Derolopoda, mais on observe une structure à peu près identique dans la €. proboscidea Sab. des mers arctiques. Il est d’ailleurs certain que les Colossendeis ont eu pour progéniteurs des espèces de Decolopoda plus primitives que les deux actuellement connues, car la C. articulata Loman présente un tronc nettement articulé, alors que cette structure a disparu dans nos Mecolopoda.
Les Colossendeis sont répandues dans toutes les mers du globe et ne se plaisent qu’en eau froide, de sorte qu'elles sont abyssales dans les régions chaudes et peuvent devenir littorales ou sublittorales à mesure qu'on se rapproche des pôles. Leur taille est médiocre ou grande, parfois très grande ; c’est parmi elles qu'on trouve les représentants les plus volumineux de l’ordre.
Le genre est actuellement représenté par 28 espèces, qui peuvent se répartir en deux groupes, les longitarses etles brévitarses:; dansle premier groupe, les trois derniers articles des pattes pris ensemble égalent au moins les trois quarts du second tibia et souvent même dépassent en longueur cet article; dans le second, ils présentent toujours une longueur beaucoup plus faible.
Les Colossendeis longitarses sont plus primitives que les autres, d’abord parce qu'elles se rapprochentdavantage du genre Decolopoda, ensuite parce qu'elles comprennent deux formes très primitives du genre, la €. proboscidea sub. et la €. articulata Loman; c’est parmi elles que se trouvent toutes les espèces franchement arctiques et antarcliques. On compte 6 espèces de Colossendeis dans les régions arctiques ou subaretiques et 12 dans les régions antarctiques et subantarctiques; mais, à vrai dire, le nombre des espèces franchement polaires est beaucoup plus réduit, car plusieurs des espèces précédentes sont abyssales et se répandent ‘sous les tropiques ; en fait, les seules espèces localisées au voisinage du pôle sont la €. proboscidea Sub. et la €. clavata Meinert pour les mers aretiques, les €. australis Hodgs., glacialis Modgs., frigida Hodgs., rugosa Hodgs., orcadensis Hodgs., patagonica Hodgs. et gracilipes Bou. pour les mers antaretiques. Or toutes ces formes sont des Colossendeis longitarses ; les autres (anrgusta Sars, colossea Wils., macerrima Wils. et minuta Moek pour les régions boréales: gigas Hoek, leptorhynchus Hoek, #egalonyxr Moek, robusta Hoek et gracilis Hoek pour les régions australes) sontles unes longitarses, les autres brévitarses, maisrecherchent les abysses et peuvent se trouver fort loin des pôles. En tous cas, ilressort de ce qui précède que les Colossendeis sont beaucoup plus nombreuses dans les mers australes que dans celles du nord.
Les trois espèces recueillies par le « Pourquoi Pas? » sont longitarses ; deux d’entre elles, €. robusta Hoek et C. australis Hodgson, étaient déjà
connues; la troisième, €, gracilipes, est nouvelle pour la science.
Colossendeis robusta Hoek.
1881. Colossendeis robusta P. P. CG. Hoek (18812), p. 66, PI. IX, fig. 4-5. 1902. Colossendeis robusta R. Môbius (1902), p. 190, Taf. XXIX, fig. 1-5.
1911. Colossendeis robusta E.-L. Bouvier (4944), p. 1157.
Dragage n° X, 22 janvier 1909: près de la Terre Alexandre Ier, latitude sud 660 55”, longitude ouest Paris 720 40°: chalut, 297 mètres, température de l’eau sur le fond, + 00 6; roche, vasebleue. Un exemplaire mâle: « Corps jaune brun, pattes passant du jaune brun au rouge orangé. » (No 280.)
’ax A ir 6CÛ nr . £, h , + 2 L'exemplaire précédent diffère du type unique de l'espèce par les
caractères suivants :
19 Sa trompe (fig. 8 el 9) est notablement plus allongée et plus étroite, avec les dilatations du milieu et du bout moins accentuées :
elle est plus courte que
le tronc dans la figure
. — Colossendeis robusla ©. — Corps du côté gauche
avec le palpe et l’ovigère. Gr. 2.
donnée par M. Hoek, un peu plus longue dans notre exemplaire,
ainsi qu'on le verra dans le tableau comparatif donné ci-dessous ;
20 Son tubercule oculaire (fig. 8) est un cône large à sommet très obtus et même arrondi, tandis qu'il est en forme de cône étroit et très aigu dans la figure 4 du mémoire de M. Hoek;
30 Dans le type de M. Hoëek, le fémur et le tibia sont de même longueur et notablement plus longs que le tibia 1:
le fémur semble un peu plus large que le tronc dans l’étranglement qui sépare les pattes 2 et 3; en outre, la griffe terminale égale environ la moitié de la longueur du propode ; dans notre exemplaire, par contre, le fémur Mig. 10) estbeaucoup plus long
que le premier tibia et légè-
Fig. 9. — Colossendeis robusla ©. — Le corps, les palpes, les ovigères et la base des paltes vus de dos; on voit, sur les pattes des deux paires antérieures, le pore coxal. Gr. 2.
rement plus allongé que le deuxième ; sa largeur est plus faible
que celle du tronc dans l'étranglement signalé, et la griffe (fig. 11) est notablement plus longue que la moitié du propode. 49 L'abdomen est plus long et, au lieu de s’atténuer d'avant en arrière, se dilate un peu en massue (fig. 9).
Le tableau suivant donne les di-
Fig. 10, — Colossendeis robusta, ©. — Patte anté- Fig.11. — Colossendeis robusta.— Les trois articles rieure droite, Gr. nat. terminaux de la patte antérieure droite, Gr. 2.
mensions des diverses parties de l'animal, dans le type du «Challenger », d'après la figure 4 de M. Hoek, et dans notre spécimen (1); mais on y a Joint les dimensions d'un exemplaire mâle capturé par le « Valdivia » et attribué par Môbius à la même espèce.
lype © Type 5 Type d du du de la « Challenger ». |« Pourquoi Pas?».| « Valdivia ». Millim. Millim. Millim.
Longueuride latrompe ne 20e 30 19,2 17 | Diamètre maximum de la trompe ............ 1,5 2 » NMEongueur du céphalothonax PE 90 AA 15 | Largeur du même entre les pattes 2 et 3...... 1,5 Li » Lonsueuride Nabdomens rer er 6,4 4,9 »
— des coxæ de}lafpatte3..0 7.110410 10 — duTÉMUR Serre Te pe 52,0 39 — AUDE SRE PRES de 46 l 29 — AUAIDIA RCE RME mn 53 2413 31 ‘132 120 = N LAUMATSE ee ete 20,5] 13 — duiPropode te Tee Pr 15 9 — HENAPOTITE ANT RUE ERA dl 7(?) Parcs eunduMemUur PNR ter ne D 3 Longueur des coxæ de la patte 2.....,....... » 11 — AUÉMUP EE ANR ee Te » 36 | — AUDI AM SEE RE 0e » 31,5 11445 123 — AUDI Re ee RE » Ds) — du HATSB Em cee LETT » 14 \ — du'propodes Re RP Rene » 9,5 — de ln Te RS RE rr n » ts)
(4) Dans le type du « Challenger », la seule patte complètement figurée est la troisième du côté gauche. Mais, dans notre exemplaire, cette patte fut brisée et se présente à l'état de bourgeon repoussant, de sorte qu'il a élé nécessaire de relever les dimensions sur la patte du côté droit.
Certaines des différences précédentes, notamment la plus grande largeur du tronc et la gracilité relative des pattes, sont peut-être dues au sexe, mais la plupart correspondent à des variations individuelles. Car notre exemplaire appartient très certainement à l'espèce du « Challenger » ; 1l en a totalement le facies et, abstraction faite des différences précédentes, il répond jusqu'au détail à la description de M. Hoek.
On est en droit de se demander s’il en est de même du Pycnogonide ‘apturé dans les parages de Kerguelen par la « Valdivia » et considéré par Môübius comme une Col. robusta. V'après les dimensions relevées par Môübius, il ressemble beaucoup plus à notre spécimen qu'à celui du « Challenger », et comme il est figuré avec un tronc fort large, des pattes relativement grêles, il y a des raisons de penser que réellement ces deux derniers caractères sont de nature sexuelle dans l'espèce. Par malheur, il est difficile d'être affirmatif sur ce point, car, avec son tronc démesurément large, ses prolongements latéraux à peine écartés, ses hanches sans dilatation terminale et ses griffes presque aussi longues que le propode, la figure d'ensemble (1902, fig. 1) donnée par Môbius devrait fort justement être rapportée à une autre espèce. Mais cette figure fut exécutée à coup sûr sans grand souci de l'exactitude (trompe et abdomen dépourvus de l'articulation basilaire, articles des pattes de longueurs dissemblables), et laissée, on doit le croire, à la fantaisie du dessinateur. Une fois cette conviction acquise, on reconnait à certains détails (forme de la trompe, grosseur des palpes) l'espèce du « Challenger », etles figures de détail données par Môbius (1902, fig. 2,3, 4, b)viennent fortifier cette conviction.
Je dois ajouter que, dans la figure 1 de Môbius, le dessinateur à dû singulièrement exagérer les lignes articulaires des segments du tronc. Ces lignes ne sont ni figurées, ni représentées par M. Hoek; elles existent très nettement dans l’exemplaire du « Pourquoi Pas? », où elles se voient surtout bien quand l’évaporation à fait disparaître des téguments l'alcool superficiel. Ces lignes ne sont nullement indiquées par un sillon articulaire, comme on pourrait le penser d’après la figure 1 de Môbius; elles résultent simplement de la différenciation du revêtement cutané, qui, en ces points, reste clair, au lieu de présenter, comme
partout ailleurs, de minuscules taches. Ces dernières paraissent jaunâtres
Expédition Charcot. — Bouvier. — Pycnogonides du « Pourquoi Pas ? », S
dans l'exemplaire décoloré que nous avons sous les yeux, mais elles sont, à n'en pas douter, des centres de formations pigmentaires.
Quoi qu'il en soit, l'exemplaire du « Pourquoi Pas? » permet de rattacher sans conteste (il me semble) l’'exemplaire étudié par Môbius à celui décrit par M. Hoek sous le nom de €. robusta.
Ces trois exemplaires sont, à l'heure actuelle, les seuls représentants connus de l'espèce : le type © du « Challenger » fut pris par 120 brasses de profondeur, au large de Christmas Harbour, îles Kerguelen ; — c’est également aux Kerguelen, par 88 mètres, avec une température de fond de 4, que fut pris exemplaire G' de la « Valdivia ».
Ainsi, avant la campagne du « Pourquoi Pas ? », l'espèce était tenue pour subantarctique et étroitement localisée. Aujourd'hui, on doit la considérer aussi comme antarctique et certainement circumpolaire, car la Terre Alexandre I, où M. Gain captura notre spécimen mâle, se trouve presque à l'opposé des Kerguelen (par 720 longitude ouest au lieu de 649 longitude est), et la température du fond où vivait l'animal ne s'élevait pas au-dessus de -+- 00,6.
La coloration sur le vivant était d’un « beau rouge orangé » dans le type. « rouge-minium » dans l’exemplaire de la « Valdivia », « jaune brun » sur le corps avec les «pattes passant du jaune brun au jaune orangé » dans notre spécimen. Il existe donc, là aussi, des variations indi-
viduelles.
Colossendeis gracilipes E.-L. Bouvier.
1911. Colossendeis gracilipes E.-L. Bouvier (1944°), p. 1137.
Dragage n° X:22 janvier 1909 : près de la Terre Alexandre-Ier; latitude sud 68055", longitude ouest Paris 720407; chalut 1, 297 mètres; température de l'eau sur le fond + 00,6 ; roche, vase bleue. — Un mâle adulte « orangé » à l’état vivant (No 281).
Dragage n° XVIIT : 27 décembre 1909; Shetlands du Sud, anse ouest de la baie de l'Amirauté dans l'ile du Roi-Georges; chalut 1, 75 mètres, température de l’eau sur le fond + 00,2; vase grise, cailloux. — Une femelle adulte « d’un bleu rougeûtre » sur le vivant (N° 741).
Cette espèce est voisine de la €. robusta, mais plus petite et avec des
pattes bien plus grèles ; elle se rapproche certainement aussi beaucoup de la C. patagonica Modgson (1907b, 18), dont, par malheur, on ne connait pas la taille.
Par la brièveté et le faible élargissement antérieur du céphalon (ig. 12 et 13) dont le bord antérieur est droit, par les dimensions du tronc et le grand écartement de ses prolongements latéraux qui sont rétrécis à la base, par la forme de l'abdomen qui se dilate un peu en massue dans sa partie terminale, notre espèce ressemble complètement à la C. robusta; le tubercule oculaire est également identique dans les deuxespèces, un peu plus large pourtant dans la
nôtre, où 1} envahit une plus
grande partie du céphalon; au- É ; ; Fig. 12. — Colossendeis gracilipes Bouv., @,— Corps dessus des yeux, qui sont noirs avec les palpes, les ovigéres etla base des pattes,
face dorsale, Gr. 4.
et parfaitement limités, le tubercule se termine par un cône aigu très régulier. Comme dans la C. robusta, les yeux de la face antérieure sont beaucoup plus grands que ceux de derrière. La face dorsale du céphalon est dépourvue du monticule obtus que J'ai observé, à droite et à gauche, près des angles latéraux antérieurs dans notre spécimen de C. robusta. Toutes ces parties du corps sont unies et sans poils, sauf quelques très courtes soies distribuées sur la ligne médiane dorsale, dans l’exemplaire mâle. Les lignes intersegmentaires sont effacées complètement dans la femelle, et peu sensibles dans le mâle.
Les soies sont bien plus nombreuses et sensiblement plus longues sur la trompe (ig. 12 et 13), qui est nue, comme on sait, dans la €. robusta. Cet organe appartient d’ailleurs au même type dans les deux espèces, en ce
sens qu'il se dilate à partir du milieu et devient ensuite beaucoup plus large
jusqu'au sommet. Mais, tandis que cette partie dilatée présente, dans la C. robusta, un renflement basilaire et un renflement terminal, elle est à peu près cylindrique dans notre espèce, tant ces deux renflements sont peu marqués. J'ajoute que la trompe est presque droite et nettement plus courte que le céphalothorax dans notre espèce, tandis qu'elle est à peu près aussi large ou plus large dans les deux autres espèces, et d'ailleurs nettementrecourbée vers le bas dans la (’. robusta.
Les palpes (fig. 12 et
13) sont presque identi-
ques à ceux de la C.r0-
lune busta, mais richement pourvus de soies raides Fig. 13. — Colossendeis gracilipes ©. — Le corps du dans notre espèce, tan-
côté gauche avec palpe et ovigère. Gr. #.
dis qu’elles sont plutôt très rares dans la €, robusta. L'article terminal est étroit et, au plus de la longueur du précédent chez cette dernière espèce, alors qu'il est assez large et notablement plus long queles articles 8 et 9 dans l'espèce du « Pourquoi Pas? ». Au surplus, dans cette espèce, les dimensions relatives des divers articles à partir du deuxième sont exprimées par les nombres 10 —2 — 6,5 —2,5—4— 2,7 — 2,7 — 3,4. Ces mêmes
rapports sont les suivants dans notre exemplaire de €. robusta, où les
nombres qui les expriment représentent des millimètres : 9,5 — 1,5 — 6,2—2,2—3— 2,4 —2,3— 2,1. Dans la C. patagonica Hodgs,
espèce également très voisine, lesrapports sont exprimés par les nombres 10 —1,5—5—3—3,5— 1,5—2—53.
Par les dimensions relatives de leurs articles, dont les quatre derniers sont subégaux, les ovigères (fig. 12 et 13) de notre espèceressemblent tout à fait à ceux des deux espèces précédentes. Mais la griffe terminale et les épines spéciales sont tout autres, et d'ailleurs diffèrent considérablement dans le mâle et dans la femelle. La griffe du mâle (fig. 14 et 15) est bien développée, quoique fort étroite et égalant au plus la moitié de la longueur de l’article précédent; quant aux épines des quatre articles ter-
minaux, elles sont très longues, étroites, obtuses ou subaiguës et sans
denticulations apparentes sur les bords. Dans la femelle (fig. 16 et 17) au contraire, la griffe est totalement absente des deux côtés, et les épines des quatre articles sont très courtes, arrondies en sommet, comme si elles étaient usées et réduites à leur base. Il y en a d’ailleurs trois rangées fort nettes dans les deux sexes, comme dans la C. palagonica.
Les pattes (Hig. 18 et 19) sont
plus grêles que dans la C. ro-
busta; leur fémur est à peu près
\ TRS AE CN OP: Fig. 14, — Colossendeis Fig. 15. — Colossendeis
de même longueur que le tibia f, Se bn he De Donne Où
2 2 F- ME . terminale de l'ovigère gère gauche du ©, arti-
beaucoup plus long que le ti- gauche. Gr, 10. cle terminal et grifte. Gr. 23.
bia 2, ce qui rappelle ainsi la C. palagonica, tandis que dans la €. robusta c'estle bia 1 qui est l’arücle le plus court, le tibia 2 et le fémur étant de longueur subégale.
Le doigt est un peu plus long que la moitié du propode (fig. 19), lequel égale lui-même le trois quarts du tarse. Les articles coxaux sont courts et subégaux.
L'abdomen (fig. 12) égale
à peu près en longueur le dernier segment du tronc; il est légèrement recourbé
de haut en bas et dilaté
en massue dans son tiers
postérieur.
, Fig. 16. — Colossendeis gra- Fig. 17. — Colossendeis gra- Les pattes sont munies cilipes, Q. — Partie termi- cilipes, Q. — Article termi- : a nale de l'ovigère gauche, nal des ovigéres avec ses de courtes soies spinifor- qui est dépourvu de grifre. épines. Gr. 23. Gr:40!
mes disposées en rangées longitudinales (fig. 18, 19). Les rangées principales sont au nombre de trois au-dessus et au-dessous des lignes latérales. Entre ces rangées
essentielles on trouve d’autres saillies spinifères moins régulièrement
disposées, surtout chez la femelle, où elles sont particulièrement nombreuses et abondantes.
Les très petits orifices génitaux du mâle occupent leur position ventrale ordinaire, près du bord distal
un peu relevé du deuxième article
{ À coxal. Dans la femelle, où l’orifice est | beaucoup plus grand, il occupe la k RTL OE S = ; | déclivité proximale d’une assez forte | Fig. 18. — Colossendeis gracilipes, ©. — Une Fig. 19. — Colossendeis gracilipes, S, — Les 3 arpatte. Gr. 2. üicles terminaux de la patte de la figure 18. Gr. 4.
bosse située distalement sur le côté ventral du même article. Par contre, le pore glandulaire dorsal est beaucoup plus apparent dans le mâle que dans la femelle, où d’ailleurs il occupe la même place (fig. 12), sur la ligne médiane, à la naissance du tiers terminal de Particle.
Voici les dimensions des deux exemplaires types de l'espèce
(°} Q Millim. Millim.
Pongueurdelattrompes re 1 8 Diamètre maximum de la trompe............. 1,5 2 Lonsueurducéphalothorax "0. 0... 8 10 Largeur du même entre les pattes ? et 3..... 195 1,8 Longueur de l'abdomen. 7... 223 2,6 — desicoxæidelatpatte "0 4 4,7 — du fémur EU ne 16 18,4 — du tibia 1 ET ae 16 18,3 — du tibia 2 — RE 13 14,9 — du tarse I 6 7 — du propode TS TT | 4,5 4,7 — de la grifre nn TR se nn 25 Al Largeur maximum du fémur................. 123 1,4
D'après les mesures précédentes, les pattes sont relativement plus courtes chez la femelle que chez le mâle ; le rapport de leur longueur à celle du céphalothorax est de 7,75 chez le mâle, tandis qu'il se réduit à 7,03 chez la femelle.
PYCNOGONIDES DU « POURQUOI PASP». 63 Arrinirés. — En somme, malgré ses pattes plutôt grêles, l'espèce qui nous occupe appartient bien au type des C'olossenders longitarses. Comme nous l'avons vu, elle se rapproche surtout de la €. robusta et de la €, palagonica ; mais elle se distingue aisément de la première par ses pattes bien plus grêles, sa trompe droite et plus courte, ses palpes dont le dernier article est plus long que le précédent, mais surtout par ses pattes, dont le fémur et le tibia { sont subégaux et beaucoup plus longs que le tibia 2 (le tibia 1 est l'article le plus court dans la €. robusta) ; elle se distingue de la seconde par la longueur plus grande du troisième article des palpes, la réduction extrème des griffes des ovigères et par les dimensions plus réduites du fémur, qui, dans la €. patagonica, est beaucoup plus long que le tibia 1; j'ajoute que le premier article coxal est très nettement distinct du prolongement latéral qui le porte dans notre espèce, tandis qu'il s'en distingue à peine, et seulement par une fine ligne articulaire, dans la C. patagonica.
On sait que la €. patagonica fut recueillie par l'expédition magellanique hambourgeoise, dans les régions patagoniennes de Amérique du Sud, sous #49 1# latitude sud et 610 23' longitude ouest Greenwich, la profon-
deur étant de 60 brasses.
Colossendeis australis.
1907. Colossendeis australis T. V. Hodgson (1907), p. 59; PL. IX, fig. 1, {v, 1°; PI. X, fig. 1 et 2.
1911. — — E.-L. Bouvier (19144°), p. 1137.
Dragage n° IX: 21 janvier 1909; au sud de l'ile Jenny; latitude sud 680, longitude ouest Paris 700 20°; chalut 1: 270 mètres; température de l'eau sur le fond + 09,5; sable vert et roche. — Un exemplaire mâle (fig. 20) « Jaune orangé » sur le vivant (N° 258).
Les dimensions de ce magnifique exemplaire sont les suivantes :
Millim.
Ponsueurde laRiLOMpE cmt ere ects des 35,5 Larseur maximade laïtrompe. "NA... -.. 5,6 OnPUCUL AUITONC EEE EE Eee ee ete ee ec eee 20 Largeur du tronc entre les deuxième et troisième paltes...... 4,2 Éonsueuride l'abdomen 2-2 mec cc cn 5,8
Patte droite de la deuxième paire :
Éongueumiotale desicone PER PE ER TEE ee ce rec 9
Millim.
bongueuritotale duttéMUur EE PRE EE EEE ECC rene ee CE 35 —— CM TONNES eos pocpanorcnobcoodasnsge 94 — du deuxième tibia re ce 32 — du tarse Re ee Per erererer ee roc 15 — düpropode cr" Pret rer 0 8 — dé la griffes tee CE Er etc 4,2
Fig. 20. — Colossendeis australis, ©.— Côté gauche avec le palpe et l'ovigère. Gr. 2.
Millim..
Patte droite de la troisième paire : «> Longueur totale des coxæ- 0eme ce 8,9 — Au ÉMUP MERS rer one 31,2 — duipremier tibia". MAR ee Pres 32,2 — duideuxiemeitiblas. PART ERP ER er 31,4
— AUITALSE See A LE CO CE EC CE 14 — dU'PrOPOdE ET Re er certe 7,8 — de da gouter MR Eee ee 4,1
Cet exemplaire ressemble tout à fait au type décrit par M. Hodgson ;
pourtant les doigts des pattes (fig. 21) égalent en longueur la moitié du
Fig. 21. — Colossendeis australis Hodgson. — Les 5 derniers arlicles de la deuxième patte droile, Gr, 2.
propode et se distinguent d'ailleurs par un rétrécissement terminal fort brusque, non signalé dans les types. Malgré un examen très minutieux,
je n'ai pu y reconnaître des glandes coxales.
DisrriBuTiox. — Les exemplaires types de la « Discovery », un mâle et une femelle, furent capturés dans la province africaine, lun à Pile Coulman, au large du cap Wadworth, par 8 à 15 brasses de profondeur, l'autre, au large des monts Erebus et Terror, par 500 brasses. L'espèce
semble donc être cireumpolaire.
DEUXIÈME ORDRE. — WNYMPHONOMORPHA R. I. Pocock (emend.).
Première Famille. — NYMPHONIDÆ P. P. C. IHoek.
Des quatre familles que j'attribue à l’ordre des Nymphonomorphes, celle des Nymphonidés est certainement la plus primitive, car tous les appendices y sont bien développés. Elle se rattache aux Pyenogonides ancestraux par l'intermédiaire de formes disparues ou qu'on ne connait pas encore; le scape des chélicères, en effet, ne compte qu'un article, même dans le genre Pentanymphon Hodgson, qui est décapode, et tous les représentants de la famille ont des palpes de cinq articles, à Pexception du genre Paranymphon Caullery, qui en compte sept.
Outre ces deux genres, la famille comprend les Nymphon Fabr., Chætonymphon et Boreonymphon, formes octopodes très voisines les unes des autres et qui dérivent vraisemblablement des Pertanymphon par l'intermédiaire des Nymphon. On peut dire sans exagération que les Nymphon sont des Pentanymphon octopodes, les Chéætonymphon des Nymphon trapus et pileux, à pinces courtes, les Boreonymphon des Chætonymphon aveugles dont les pinces sont inermes et les épines des ovigères privées de denticules. Quant au genre Paranymphon, 1 dérive d'une forme plus primitive que l'espèce actuellement connue du genre Pentanymphon, car il a des palpes de sept articles. On peut admettre que cette forme était un Pentanymphon à palpes richement articulés : Ta variation dans le nombre des articles des palpes se manifeste dans le genre Decolopoda; eile a pu tout aussi bien se produire chez les Pentanymplon.
Les genres Paranymphon et Boreonymphon sont localisés dans les mers arctiques ou dans leur voisinage et comptent chacun une espèce: les trois autres genres ont des représentants dans les mers antarctiques et
fournirent quelques espèces aux naturalistes du « Pourquoi Pas? ».
Expédition Charcot. — Bouvier. — Pycnogonides du « Pourquoi Pas ? ». 9
Genre Pentanymphon Hodgson.
Le genre Pentanymphon à été fondé par M. Hodgson (1904, 459) pour une espèce curieuse trouvée par la « Discovery » dans la baie Mac-Murdo. Il présente cinq paires de pattes, mais est moins primitif que le genre Decolopoda, car le scape de ses chélicères est simple ; ses palpes n'ont que cinq articles, etses orifices sexuels sont moins nombreux, du moins chez les mâles. Il n'offre aucune affinité avec ce dernier genre, et, en tout cas, ne saurait en dériver, ainsi que le pensait M. Cole (4905). C'est un Nymphonomorphe très typique et le plus primitif de l’ordre, au moins parmi les formes actuellement connues.
L'unique espèce du genre est le Pentanymphon antarcticum découvert par la « National antarctic Expedition » ; ce Pyenogonide présente des griffes auxiliaires bien développées, et ses tarses sont à peu près de même
longueur que le propode.
Pentanymphon antarcticum T. V. Hodgson.
1904. Pentanymphon antarcticum T.-V. Hodgson (1904), p. 459 et PI. XIV.
1905. — — L.-J. Cole (4905), p. 405.
1906. — — E.-L. Bouvier (1906), p. 18.
1906. — = —= (1906°), p. 30, fig. 3-6.
1907. — — T.-V. Hodgson (1907:), p. 36-39, PL. V. 1908. — — — (1908), p. 177.
1909. -- d'Arcy Thompson (1909). p. 537.
1910. — — E.-L. Bouvier (1940 ) p. 28.
Les spécimens recueillis par le « Pourquoi Pas? » ressemblent à ceux du « Français » et diffèrent du type de la « Discovery » par la forme du céphalon, dontle cou est plus étroit (fig. 22)etla partie antérieure bien plus dilatée, le rapport des largeurs de ces deux parties étant de 2,5 à 2,8, tandis qu'il se réduit à 1,56 dans la figure du type donné par M. Hodgson. Les tibias 1 de ces formes sont d’ailleurs relativement plus courts, comparés aux tibias 2; le rapport varie entrel,42 et 1,53, tandis que, dans les
figures de M. Hodgson, ce nombre s'élève à 1,58; souvent aussi le propode
est de même longueur ou plus long que le tarse, alors que, dans le type, il est notablement plus court.
On croirait, dès lors, se trouver en présence de deux formes géographiques de la même espèce : l’une angusticolle” fig. 22), l’autre laticolle (fig. 23) : la première appartenant à la province magellanique, où elle a été trouvée par le « Pourquoi Pas? »
etle « Français », l’autre habitant les parties australes de la province de Kerguelen, où elle aété prise par la « Discovery ». D'après quelques indications données par
M. Hodgson (1908, 177) sur l’exemplaire
capturé au Orcades du Sud par l'expédition
antarctique écossaise, il semble que cet
Fig. 22. — Pentanymphon antarcticum individu présente surtout des analogies Hodgson. -— Trompe, céphalon et base des appendices correspondants,
avec la première forme, ce qui fortifierait dans un individu Q à long. con. l'hypothèse. |
Îlne parait guère possible d'attribuer ces différences à la taille nt à l’âge, encore que, dans les collections du « Pourquoi Pas”? », le seul individu à peu près identique au type de M.
Hodgson soit plus petit que les autres, et presque de même taille que l’exemplaire figuré
par l’auteur anglais.
Abstraction faite de cette
coïncidence, les carac-, OR E Fig. 23. — Penlanymphon antlarclicum. — Partie antérieure du tères morphologiques corps d'une © à cou bref: on voit, sur la 2e coxa, les orifices
sexuels. Gr. 9.
de l'espèce nous appa-
raissent comme indépendants de la taille. M. Hodgson ne donne pas les dimensions maxima et minima des exemplaires qu'il a étudiés, mais il observe qu'elles « varient considérablement» sans entrainer de
modifications importantes dans les caractères spécifiques. Et, d’autre
part, il suffit dejeter un coup d'œil sur le tableau relevé plus loin pour voir qu'un exemplaire peut être franchement angusticolle, avee une taille plus réduite que celle du type laticolle figuré par M. Hodgson.
Ainsi le Pentanymphon antarcticum semble bien représenté par deux formes, l’une angusticolle, l'autre laticolle, avant chacune dans l’Antarctide une distribution propre. Il va sans dire que cette conception réclame le bénéfice de contrôles ultérieurs.
D'après M. Hodgson (1907, 38), les orifices sexuels de la femelle se trouvent sur la seconde coxa de toutes les pattes et sont assez distincts chez l'adulte. Les orifices du mâle sonttoujours «difficiles à observer », et l'auteur n’a pu les « apercevoir que sur les pattes des trois paires postérieures ».
En ce qui concerne les récoltes du « Pourquoi Pas? », je considère comme femelles tous les exemplaires où les orifices génitaux sont bien distincts; ces orifices apparaissent ventralement sur la seconde coxa, très peu éloignés de son bord distal. Les individus ainsi faits sont un peu plus massifs que lesautres et présentent des pattes un peu plus fortes, surtout dans la région fémorale. Par ce double caractère, ils correspondent bien aux femelles de M. Hodgson, mais ce dernier auteur n’a pas indiqué la position des orifices génitaux dans les exemplaires qu'il a étudiés.
Par contre, je tiens pour mâles tous les exemplaires où Je n'ai pu découvrir les orifices sexuels. Ces exemplaires ont les pattes grêles; J'y ai découvert dorsalement, à la naissance du tiers distal de la deuxième coxa, sur toutes les pattes, une légère saillie où s'ouvrent sans doute des glandes coxales. Peut-être ces glandes coxales, comme les glandes sexuelles du mâle, ne s’ouvrent-elles pas qu'à l’époque de la reproduction.
Dragage n0 II : 26 décembre 1908; chenal de Roosen, au nord de l'ilot Casabianca; latitude sud 64948", longitude ouest Paris 650517 : chalut 1,129 mètres; température de l’eau sur le fond + 00,55 ; cailloux, roche, vase. Trois exemplaires (N° 22) « rouge-brique et blanc », dont les orilices sexuels n’ont pas été aperçus. Ces trois exemplaires me paaissent être des mâles; leur saillie porifère coxale est trèsnette, mais les
pores y sont rarement visibles. Deux de ces exemplaires sont à peu près
PYCNOGONIDES DU « POURQUOI PAS P». 69 de même taille et plus grands que le type figuré par Hodgson; autre est plus petit. Tous sont franchement argusticolles, mais Fun des premiers a le propode très légèrement plus court que le tarse. On trouvera les dimensions de cet exemplaire et du petit dans le tableau de la page suivante.
Dragage n9 V : 29 décembre 1908; chenal Peltier, entre Pilot Gœtschy et l’île Doumer; chalut I, 92 mètres ; température de Peau sur le fond — 00,1; vase grise, gravier. Un exemplaire (N9 48) « jaunâtre à taches plus foncées ». Cet exemplaire est un angusticolle très net à cou allongé ; ilressemble d’ailleurs au type de M. Hodgson par les dimensions relatives des divers articles des pattes. Il appartient probablement au sexe mâle.
Un second exemplaire (N0 49) était « jaune très pâle » ; il ressemble tout à fait au précédent par sa taille et par ses pattes, où, pourtant, certains propodes sont aussi longs que les tarses.
Un troisième etdernierexemplaire (N°50), « jaunâtre » avec des «taches plus foncées tirant sur le rouge ». Cet exemplaire est également angusticolle, maisson cépbhalonest assez court, égalant au plus 2millimètres, alors que le céphalothorax mesure 5mm,3: les pattes et le tronc sont plus massifs que dans les exemplaires précédents, de sorte que l'animal ressemble à une femelle ; pourtant je n°v ai pu voir les orifices génitaux. Les propodes sont aussi longs ou plus longs que les tarses.
Dragage N° VIT: 16 janvier 1909, prèsde la Terre Alexandre-Iér; atitude sud 680 54", longitude ouest Paris 729 5’; chalut 1, 250 mètres ; température de l’eau sur le fond + 19,6; roche. Un exemplaire (N° 159) « jaune pâle ». |
Cet exemplaire (fig. 22) est un mâle angusticolle à très long eou, le céphalon mesurant 3 millimètres alors que le céphalothorax atteint 6mm,8: le tronc et les pattes sont d’ailleurs fort grêles, de sorte que l'individu est très probablement un male. Les pattes ressemblent tout à fait à celles du type figuré par M. Hodgson, le rapport de # à F étant de 1,57 (Voir le tableau de la page suivante).
Un second exemplaire mâle (N°9 160), de même couleur, présente les mêmes caractères, abstraction faite du cou, qui est moins long et plus
épais, un peu moins pourtant que dans le type.
FORMES ANGUSTICOLLES QE du « Pourquoi Pas ? ».
figuré par “ Éai Drag. 3 Drag. 3 M (petit ex.).|(grandex.). o © Longueur dela trompe rer re EC 1,83 I SL. 2 2, Diametrerde la trompe terre er rer 0,60 0,55 | 0,8 1,0 1,0 Longueur ducéphalothorax "PP 77 Do 4,8 6,6 Tee 7,0 — du CÉDRAlON ER RE Ce 1,82 112%) 2,9 219 2,0 Largeur maxima antérieure du céphalon .…. 0,83 1,14 | 1,4 1,5 1,20 — minima du céphalon au cou....... 0,53 0,25 | 0,56 | 0,54 | 0,4 Rapport des deux dernières dimensions... 1,56 2,5 2,5 2,8 3,0 Entre les prolongements Largeur du tronc latéraux Eee 1 0,88 1,2 1,0 1,0 au 2e segment. ) Avec les prolongements l'ATÉLAURRE EEE 3 DE 3,6 3,2 2,89 Longueur totale des trois coxæ, patte 2.... DS) 2,85 4,6 5,0 4,0 = de la deuxième coxa ............ 1,83 A | RE) 2,0 — AUTÉMULE EE Er rece eeete 4,36 3,90 | 5,6 6,1 5,3 — AUOT PEER EME ANR 5 4,50 | 6,1 6,5 553 — AU LIDIA RS SE PCR PT ET An 7,93 6,40 | 9,2 10,0 TS — AUATSE RSR SE Re 1,45 1 31091 2,0 1,5 — dUADrIOpPOdER ee 1,15 1,32 1,6 1,9 1,9 —— dela erifes. Fenetre nee 0,50 0,48 Os 0,8 0,8 Longueur totale de la patte 2........,...... 23,89 | 20,62 | 29,3 32,3 | 26,3 Rapport de la longueur du tibia 2 à celle AUDI L PER En PR EEE 1,58 104200045510 45311541
Dragage n9 XV : 26 novembre 1909, devant Port-Lockroy, chenal de Roosen ; latitude sud 64049, longitude ouest Paris 65049’: chalut I, 70 mètres ; vase et “ailloux. Quatre exemplaires de « coloration brun jaunâtre clair avec, sur les pattes, des raies orangées transversales et circulaires ». Ces exemplaires (N° 651) sont de grande taille, leur céphalothorax mesurant de 7 à 8 millimètres ; trois sont des fe-
melles où les pores génitaux apparaissent fort
| nettement ; le quatrième est u âle (fig. 24) Fig. 24 — Pentanymphon antarcli- til 1 i e est un mâle Vo cum, Q,e Exemplaire écou bre SG tse nalspu découvrir O autres poresique O' du n° 651. Gr. #4. S
ceux situés sur la face dorsale de la deuxième coxa. Les quatre spécimens sont assez angusticolles, avec un cou de lon-
gueur médiocre (fig. 23). Les dimensions du plus grand, que je tiens
PYCNOGONIDES DU « POURQUOI PAS ?». 7I pour mâle (fig. 24), sont relevées dans la quatrième colonne du tableau de la page précédente.
Un autre exemplaire (N° 653), « jaune sale pâle », est beaucoup plus petit, son céphalothorax ne mesurant pas plus de # millimètres de longueur. Cet exemplaire se distingue par la brièveté relative du céphalon, qui est angusticolle, le rapport de sa dilatation antérieure à la partie la plus étroite du cou étant de 2,6. C'est probablement un mâle.
Je relève, dans le tableau de la page 70, les dimensions du type laticolle figuré par M. Hodgson et celles de troisexemplairesangusticolles recueillis par le « Pourquoi Pas ? » :
Genre Nymphon Fabr.
Les Nymphon sont actuellement représentés par 5$ espèces environ, y compris les quatre nouvelles recueillies parle « Pourquoi Pas?» au cours de sa campagne. Ces espèces me paraissent devoir être réparties en deux groupes : celles où les griffes auxiliaires sont rudimentaires ou nulles et celles où ces griffes sont bien développées.
Le second groupe est de beaucoup le plus vaste, car 1l comprend toutes les espèces, à l'exception de 1 qui seront signalées plus loin. Il se trouve dans toutes les mers, et celles situées au nord de léquateur n’en renferment pas d'autres. La seule espèce qui, dans cette dernière région, pourrait être rapprochée du premier groupe est le AW. longimanum G. O. Sars, qui habite la mer de Kara; dans cette forme, en effet, les griffes auxiliaires sont très réduites et égales au plus, en longueur, au dixième de la griffe principale.
Les espèces du premier groupe se trouvent toutes dans la région australe et presque toutes dans les eaux subantaretiques où antarctiques. Les seules qui n'appartiennent pas à ces deux dernières régions se rencontrent au voisinage : le . capense Hodgson dans les mers du Cap, le N. procerum Moek au large de Valparaiso et le W. longicollum Moek dans les eaux chiliennes. Les griffes auxiliaires sont extrêmement réduites dans cette dernière espèce ; elles font absolument défaut dans les deux autres.
J'ajoute que, parmi les 8 espèces subantarctiques du premier groupe,
une seule présente encore des griffes auxiliaires, qui sont d’ailleurs à
peine perceptibles, c'est le W. s/ylops, une espèce nouvelle recueillie en abondance par le « Pourquoi Pas ? ».
Ainsi, alors que l'hémisphère austral renferme des espèces des deux groupes, l'hémisphère boréal n'en comprend aucune sans griffes auxiliaires ; d’où il faut conclure que les Nymphon ont évolué plus vite, à ce point de vue du moins, dans les régions australes.
Les Nymphon se tiennent à toutes les profondeurs et se rencontrent fréquemmént près du littoral, même dans les pays chauds, où ils semblent d'ailleurs plus rares que dans les mers tempérées et froides. Leurs espèces arctiques où subantarctiques sont au nombre de 22 et celles des régions australes au nombre de 19. Ces dernières se distribuent dans les deux
groupes et peuvent être caractérisées de la manière suivante :
PREMIER GROUPE (griffes auxiliaires rudimentaires ou nulles).
Il. — Le tibia 1 n'est pas sensiblement plus long ou est plus court que le tibia 2. / 9 q | + Tibia { Tubercule oculaire en longue colonne ordi- © 6 à = es x Es He \ nairement munie d yeux (des griffes auxi- CRUE ie jliaires) ER RE Eee tree stylops nov. a | © | quele fémur. , cue \ Tubercule oculaire court et aveugle........ compactum N © d set : à : Hoek.
& | % | Letibiat à | Les 4 derniers articles des palpes sub- Eu a RS - Y .
5 peu près de \ ÉDAUXE MS een le a RTE EC Charcoti nov. cs) n . : :
= = la longueur | Les 2 derniers articles des palpes bien plus = es Ndutiémur. NCOUTIS ERP MR NES PE PL Ce capense Hodgs. Le] r c É Ne Le tarse | Le fémur est presque égal au — EE cp} nf] 1 p . .
S |Eu Le ?e article | est plus tibia 1 (des grifles auxi- longicollum CNRS ES des palpes |'court QUE MElIAITES) ARE PRE RTE ENEEEe Hoek. nt 4 G . A CN MOMENT est | le Le fémur égale les 3/4 du = ox2£ le plus | DiOPOde MEDIA ER rre procerum Hoek. a | So long.
nŸ) | &2a] Le tarse est aussi long que le propode... nuipes nov. d nas eo à , | S= Les articles 2 et 3 des palpes subégaux; tarse plus long © &0 que:le Propode: eee nero CLR Let lanare Hodgs. D [ (o)
Le 2e article coxal égale environ les 2/3 du fémur, qui égale la moitié du bia 2e re reeee ennemies Pere Lee longicoxa Hoek.
IT. — Le tibia 1 plus long que le tibia 2, lequel est à peu près égal au fémur.
Pinces fortes à longs doigts, 2e article coxal normal, le tarse plus
long quele Propodes ee NC Ce hamatum Hoek.
Pinces médiocres à doigts médiocres; 2€ article coxal très piri-
forme chez la © ; tarse plus court que le propode.............. proceroides nov.
DEUXIÈME GROUPE (griffes auxiliaires bien développées).
1. — Tarse à peu près aussi long ou plus long que le propode. Fertémuretilestdeuxitiblas sUbDÉSAUX en RC A EC Et, arliculare Hodeson,
Le 2° article des palpes nettement plus court que les sui-
ÉTDIEIS p.00 08 Se 0 Von LUE SO PA AO HAE dat brachyrlynchum = Hoek.
£ !L'abdomen égale la distance du front au 2 bord postérieur du segment 1.......... antarcticum Pfeffer.
D 2° artiele des palpes plus de deux fois D k AS es £ Se AUSSMloOnL que le PE gracilipes Miers.
N Sn Le rés 2 ; En £ 202 2° article 3 me Fémur égalant le ti- RTS) 24 s 2] F2- des la bia { et plus petit Ah NE ticle 33 |pal lus/3 |£ sue le tibia 2 frigidum Hod ME Jalpes plus ? = {— 4 que: le tiDIA &.. - .. riqidum Hoûgs. A5 A [ ANS des Que , J © = long CE a Fémur plus petit que © + AS A LE évale le : ô eu que les 8 | © = les tibias Let 2... fuscum Hoek. = DS S autres. c : Fe 3 © ou Le scape des chéli- \ AE 3 8 [5 3 | Le5: art. ; | meridionale 2 CHENE ; , cères dépasse la { Hoel 5 AIS des palpes oeK..
se ES ROX 6 os TE GAIN plus court | Où | e SC no chélice- \ que D° ; :
\ 1 PAT D de hiemale Hodes.
IT. — Le tarse bien plus court que le propode. Tarse plus long que la moitié du propode ; article 2 et 3 des palpes SUDÉ PAU eie eee M nee -FR eee gracile Leach. Articles 2, 3, 5 des palpes subégaux............ tridentatum
Tarse plus court
DE Pfelfer.
que la moitié
à } Article 3 des palpes beaucoup plus long que les adareanum du propode. RE TO CIN Norte ne ni ne RC ne odgson.
Les quatre espèces recueillies par Le « Pourquoi Pas ? » sont nouvelles
et appartiennent au premier groupe.
Nymphon stylops E.-L. Bouvier.
1911. Nymphon stylops E.-L. Bouvier (1944), p. 1187.
Dragage n° XVII : 26 décembre 1909 ; Shetlands du Sud, ile du Roi- George, baiedel’Amirauté; latitude sud620 12", longitude ouest Paris 600557 environ ; chalut FE, 420 mètres ; température de l'eau sur le fond + 00,3 Trois lots de cette espèce, Le premier (N° 723) avec 10 exemplaires munis d'yeux et un aveugle, le second(n° 72%) avec 200 exemplairesenviron, dont vingt-cinq aveugles et quelques mâles avec des œufs ou des larves. Les
variations de ces exemplairessontétudiées plus loin (p.79) ;les mâles à peu
Expédition Charcot. — Bouvier. — Pycnogonides du « Pourquoi Pas ? ». 10
près en même nombreque les femelles. D'après M. Gain, ces Pyenogonides sont « brun-marron » ,etcela se voit encore très bien dans l'alcool, où d'ailleurslacolorationn'estpastoujours uniforme, prineipalementsur lespattes. Les exemplaires aveugles sont presque tous incolores, de mème qu'un très petit nombre d'exemplaires oculés. Le troisième lot(N0 735 )ne comprend que deux spécimens, qui sont aveugles etincolores; sur le vivant, d'après M. Gain, ils étaient d'un « blanc sale ».
Voici les dimensions de deux exemplaires très normaux, un mâle, une
femelle.
Millim. Millim.
Longueur de la trompe 2e 2,8
EE
Diamètre maximum de la trompe Longueur du céphalon Largeur du céphalon dans sa partie antérieure la plus large Largeur du céphalon au cou Longueur totale du céphalothorax ..........
Largeur du céphalothorax dans la partie antérieure du 2e segment Largeur du céphalothorax avec les prolongements coxaux (28 scament):t re CURE ee ere ne Ci Longueur des coxæ de la patte 2 du fémur du tibia 1 dufhibia 2er MR re erererme dû tar se AE ne M M ae rer ue ne du propode de la grilfe
Le corps (fig. 25) est court et fort dans toutes ses parties, non sans grande ressemblance avec celui du W. compactum Hoek, espèce qui s’en ‘approche le plus.
La courte #rompe fig. 25, 26, 29) n’atteint pas tout à fait l'extrémité distale du scape des chélicères ; elle atteint son maximum de largeur un peu en avant du front, puis se rétrécit légèrement et régulièrement jusqu'à la partie antérieure ; sa section transversale est un triangle à faces un peu convexes et angles largement arrondis. Cette forme se retrouve à son bout antérieur, au centre duquel se trouve une dépres-
sion en cercle ayant au centre une fente triangulaire dont les sommets
correspondent aux milieux des faces de la trompe; le sommet inférieur est situé sur la ligne médiane, les deux autres plus haut, lun à droite, l’autre à gauche, sur le même plan horizontal. La trompe est nue et à peu près deux fois aussi longue que large.
Le céphalon (fig. 25, 26, 29) est court, en avant aussi large que sa longueur, fortrétréci au niveau du cou, qui est un simple étranglement à partir duquel se dilatent les parties antérieure et postérieure du céphalon. Sur la partie postérieure s'élève
verticalement le tubereule ocu-
laire, qui devient ici une co-
É Fig. 25. — Nymphon slylops Bouv., ©. — L'animal vu du lonne subeylindrique presque côté dorsal avec les ovigères et la base des autres ap-
pendices ; les pores coxaux sont figurés. Gr. 6 2/3.
aussi haute que la longueur du
céphalon. Cette colonne remarquable varie quelque peu dans sa forme : tantôt elle est isodiamétrique depuis son épatement basilaire ; tantôt elle se rétrécit un peu jusqu'au sommet ; parfois, au contraire, elle se dilate légèrement. Sa partie terminale, très obtuse, est couverte par les quatre yeux noirs,
qui sont presque toujours
très rapprochés OÙ CON- Fig. 26. — Nymphon slylops, S. — L'animal vu du côté gauche SAADE avec l'ovigère etla base des appendices correspondants. Gr, 10. ligus.
Le ronc est épais et massif; il se compose de segments courts, plus
larges que longs et nettement articulés. Les prolongements latéraux sont
courts, à peu près de la longueur du deuxième segment etun peu dilatés à partir de leur base : la distance qui les sépare à leur origine est au plus igale au tiers de leur propre largeur. Les seuls ornements de ces parties du corps sont de longues soies raides et dressées, situées sur les prolongements latéraux ; ces soies se rencontrent au nombre de trois à cinq ou six sur chaque prolongement latéral, accompagnées d'ordinaire de quelques soies beaucoup plus courtes.
L'abdomen est horizontal, sans articulation basilaire et nettement comprimé dans le sens dorso-ventral ; il égale à peu près en longueur la moitié du tronc et, vu du côté dorsal, présente la forme d'une large lancette à sommet obtus. On + trouve un petit nombre de soies menues et très courtes.
Lescapedes chélicères (fig.
27,28) se dilate un peu de la base au sommet: il est dorsalement orné de quelques soies longues et raides, insérées, avec des soies réduites, sur des saillies transverses peu marquées; il ya notamment un groupe de trois où
quatre grandes soies près du
bord antérieur. Les pinces
Ù Css (fig. 28)ne sont pas sensible- Fig. 27. — Nymphon stylops, Fig. 28. — Nymphon stylops, À . — Chélicère gauche, G.— La pince de la ehéli- ment plus longues que le Gr. 16. cère gauche. Gr. 28. =
scape. La portion palmaire se dilate un peu vers le milieu sans dépasser le scape en largeur; elle n'est pas du tout comprimée et porte quelques brèves soies. Les doigts sont à peu près aussi longs que la portion palmaire, un peu infléchis sur elle et légèrement arqués; ils se croisent longuement à la pointe et portent sur leur bord interne une armature continue de dents aiguës et très inégales.
Les palpes atteignent où dépassent à peine la base des doigts des ché-
PYCNOGONIDES DU « POURQUOI PAS »». 77 licères ; leurs articles 2 et 3 sont subégaux, de mème que les articles 4 et 5, qui égalent à peu près les deux tiers des précédents. IF % a quelques soies raides sur les divers articles des palpes.
Les ovigères (ig. 26,29) sont relativement courts, dépassantà peine l'extrémité distale des fémurs antérieurs, Leur troisième article est un peu plus long que les deux précédents, et les quatre derniers sont presque subégaux, encore que progressivement un peu plus courts de l’article 7 au 10€; celui-ci se termine par une griffe ténue, mais pour le moins aussi longue que les deux tiers de
l'article lui-même et armée de
sept à huit denticules spinifor-
Fig. 29, — Nymphon stylops Bouv., ©. — L'animal vu du côté ventral, avec les ovigères, la base des autres
mes sur son bord interne, Les MEMGNT Ja ba appendices et les pores sexuels. Gr. 6 2/3.
épines barbelées des articles
terminaux sont longues et profondément échancrées, ce qui produit de chaque côté trois, quatre ou cinq découpures; ces épines se trouvent au nombre de neuf à onze sur l’article 7, de six ou sept sur les deux suivants, et de sept ou huit sur l'article 10. IT 4 a de nombreuses soies sur ces articles, surtout à leur bord distal, où elles deviennent plus longues. Les males se distinguent fortement des femelles par la structure des articles moyens de leurs ovigères ; l’article 4 est fort et arqué, l'article 5 un peu plus long, rétréei et comme pédiculé à sa base; fortement dilaté dans ses deux tiers terminaux; l’article 6 égale à peine la moitié de la longueur du précédent et, lisse comme lui, également dépourvu de poils, se dilate à sa base et prend la forme d'une longue poire. Dans la femelle, au contraire, ces articles sont tout à fait normaux; droits, munis de quelques poils et sans dilatation aucune, l'article 6 étant à peine plus court que les deux autres, qui sont subégaux.
Les pattes (fig.30,31)ontune longueur médiocre, égalantau pluseinqfois
la longueur du céphalothorax ; elles sont plutôt fortes et épaisses, surtout dans la région fémorale. Le second article coxal se dilate régulièrement
de la base au sommet et égale à peine en longueur les deux autres
PE articles coxaux réunis. Le fémur l Ne F à VAS TS égale en longueur les trois quarts VA SE : pe :
W/ & environ du tibia |, lequel égale en Lés \& Te :
ue Ÿ longueur le tibia 2, ou le dépasse \ i\ | À qe \ h Ni À | de" {ue Fig. 30. — Nymphon stylops, ©. — La % patte Fig. 31. — Nymphon stylops, ©. — Extrémité de la droite. Gr. 5. 2e patte droite. Gr. 10.
quelque peu, cela variant d'une patte ou d'un individu à l’autre. Le tarse etle propode sont beaucoup plus grêles et, au total, à peu près de la longueur du fémur ; le propode égale à peu près les quatre cinquièmes de la longueur du tarse. La griffe, très faible, égale au moins la moitié du propode ; à sa base, dorsalement, sur le bord distal de ce dernier, on voit au microscope deux griffes auxiliaires avant environ un dixième de millimètre. La ligne latérale n'est pas distincte, sauf sur le tarse et, à un moindre degré, sur le tibia 2, Les longs poils dressés des prolongements latéraux du tronc se retrouvent sur les coxæ un peu plus nombreux ; ils se retrouvent également, d'ailleurs épars, sur les trois articles suivants: les deux soies de l'extrémité distale du tibia 2 sont particulièrement fortes et presque spiniformes. Les deux articles suivants ne présentent que des soies peu nombreuses et fort réduites.
Les orifices sexuels du zdle (Hig. 29) sont extrêmement petits et très difficiles à apercevoir ; d'après l'examen particulier des nombreux spéelmens de la collection, je crois pouvoir dire qu'ils sont localisés sur les pattes des deux dernières paires, où ils se trouvent sur la ligne médiane ventrale de la deuxième coxa, à une très petite distance du bord distal. Même sur ces pattes, je n'ai pas toujours pu les apercevoir, et Je me demande si, dans cette espèce comme dans les Pentanymphon, is
ne sont pas clos à certains moments. On a vu que les mâles se distin-
PYCNOGONIDES DU « POURQUOI PAS ?». 79 guent aisément des femelles par la dilatation remarquable des trois grands articles moyens de leurs ovigères.
Les orifices sexuels des femelles sont assez grands, ovalaires et plus éloignés du bord distal; ils sont bien développés sur toutes les pattes. Ces dernières se distinguent de celles du mâle par leur fémur un peu renflé. Par contre, tous les articles des ovigères sont assez grêles; pourtant ils étaient dilatés presque autant que ceux du mâle dans un exemplaire femelle.
Sur plusieurs centaines d'exemplaires de cette espèce, je n'ai trouvé que dix mâles chargés de la progéniture, huit avec des œufs, les deux autres avec des larves. Les œufs forment sur chaque ovigère un petit paquet frambroiséet réniforme (fig. 26,29), quien compte à peu près 40 ; la masse varie du bleu rougeàtre au jaune; elle se rattache à l’article 5 des ovigères, dont elle embrasse la partie basale rétrécie en pédoncule : le cément forme une sorte de cravate qui passe comme un pont au-dessus du hile de la masse d'œufs réniforme et de la partie rétrécie de Particle 5; cela constitue un collier sans aucune adhérence avec l'article et qui peut glisser sur la partie rétrécie de ce dernier. Les œufs ont un diamètre de 600 à 700 y.
Les larves sont accrochées par leurs pattes aux lambeaux adhérents du sac cémentaire qui reliait lesæufs. Je les ai toujours trouvées hexapodes, avecune large et forte saillie oculaire dirigéeen avant, et quelques grosses épines au bout des articles des appendices. Ni palpes, n1 ovigères. Le tarse n’est pas encore séparé du propode ; les griffes auxiliaires et les griffes principales sont relativement plus longues que chez l'adulte.
Variations. — De toutesles variations de cette espèce, les plus importantes de beaucoup sont celles relatives aux yeux. Nous savons déjà que les tubercules columnaires quiles portent sont variables dans leur forme, tantôt plus rétrécis à la base qu'au sommet, tantôt plus larges, le sommet lui-même, ordinairement obtus, pouvant devenir aigu, ou former deux ou quatre saillies. Quant aux veux eux-mêmes, ils sont normalement au nombre de quatre, mais présentent des variations extraordinaires qui conduisent à la cécité complète. Dans les exemplaires où ils sont le plus
développés, ils confluent totalement et ne présentent pas de limites
distinctes, puis on les voit se séparer deux par deux, puis tous les quatre, et alors se réduire de plus en plus jusqu'à disparaître. A vrai dire, les exemplaires aveugles sontrares, et c'est à peine si J'en ai trouvé 25 sur plus de 200 individus ; mais ils représentent bien un état vers lequel semble évoluer cette espèce. Au surplus, ils sont d'ordinaire blanchâtres, tandis que les autres ont presque toujours une teinte brunâtre plus ou moins foncée ; d'ordinaire aussi, leurs soies sont plus longues et leur colonne oculaire plus étroite. Mais il ne saurait être question d'en faire une variété ou une espèce distincte.
A ce sujet, il convient de signaler deux exemplaires où les pédoncules oculaires sont extraordinairementanormaux, en forme d'un haut et large cône aigu, dont la base embrasse toute la largeur du céphalon ; l'un de ces exemplaires a des yeux réduits ; autre est complètement aveugle.
Il eonvient de signaler également des variations assez notables dans la longueur relative des deux articles tibiaux et dans la position de labdomen qui s'incline assez fréquemment et se dirige alors un peu vers le haut.
Affinités. — Cette espèce est très voisine du #. compactum Hoek (4881 , 41, PI. IL, fig. 6-8; PI. XV, fig. 10), qui s’en distingue : 1° par ses tubercules oculaires toujours aveugles et d’ailleurs réduits à un simple bouton obtus (blunt Knop); 29 par les doigts de ses chélicères beaucoup plus longs que la portion palmaire : 39 par la structure des ovigères du mâle, où, d'après la figure de M. Hodgson (4908, PI. TI, fig. 5), l'article 5 est peu rétréci à la base et l'article 6 dilaté sur presque toute sa longueur etpresqueaussi long quele quatrième ; 4 parl'absencedegriffes auxiliaires.
Le N. compactum fut trouvé parle « Challenger », par 1100 brasses de profondeur, à l'est d'Auckland, latitude sud 400287, longitude ouest Greenvich 177943"; d'après M. Hodgson (1908, 168), l'expédition antarctique écossaise l’a recueilli également par 620 10° latitude sud et 41920” longitude ouest Greenvich, à une profondeur de 1 775 brasses. Le W. compactun est done une espèce abyssale, tandis que le W. s{ylops se tient à
de plus faibles profondeurs (420 mètres).
Nymphon Charcoti E.-L. Bouvier.
1911. Nymphon Charcoti E.-L. Bouvier (4944r), p. 1137.
Dragage n° XVII ; 26 décembre 1909, Shetlands du Sud, île du Roi- Georges, baie de l'Amirauté; latitude sud 620 12”, longitude ouest Paris 600 55’; chalut 1, 420 mètres; température de l'eau sur le fond + 09,3; vase, cailloux. Trois exemplaires (N° 756), dont deux mâles et un jeune. Coloration sur le vivant, d’après M. Gain : «jaune légèrement orangé » ; la pigmentation a complètement disparu dans l'alcool.
Un exemplaire mutilé de plus grande taille a été donné à M. Liouville (N° 730) par un pêcheur norvégien, qui l'avait pris sur une Balénoptère portant des Penella; localité : Chili austral.
Les dimensions du mâle et de la femelle types sont les suivantes :
Millim.
4,8 | Diamètre maximum de la trompe Longueur du céphalon Largeur du céphalon dans sa partie antérieure la plus larger rentre CR NE Largeur du céphalon au cou Diamètre du tubercule oculaire Longueur totale du céphalothorax Largeur du céphalothorax dans la partie antérieure AUD IS ET MOEN TER sean es rs ee ee Largeur du céphalothorax avec les prolongements CORAUX 2 SD MENU) nnsentepemeen.h Longueur du {er article coxal due 5,2 du 3 — 1,8 (appr.) du fémur Ç
à 9: ) du tibia 1 9,6 OU LD ARS RE ER RER Lac 2e ‘ 10 du tarse :
AU PLOPOUE SE ner de la griffe...
19 140 Qt OUI ee 4 1
DR
Dans le mäle, les pattes mesurées sont la deuxième et la quatrième du côté gauche; dans la femelle, la quatrième du eôté droit, la seule à peu près totalement intacte.
Le corps (fig. 32) est court et fort, moins condensé pourtant que dans le NW. stylops etle W. compactum.
Expédition Charcot. — Bouvien. — Pycnogonides du « Pourquoi Pas ? ». 11
ee] LS]
La {rompe ig. 32) ressemble beaucoup, par ses dimensions etsa forme, à celle du W. stylops, mais elle est beaucoup plus nettement prismatique, encore que ses angles obtus soient remplacés par des faces arrondies ;
comme dans le W. compactum, Sa partie dilatée est un peu rétrécie vers le
Fig. 32. — Nymphon Charcoti Bouv. — Exemplaire © vu du côt£ dorsal. Gr. 3 1/5.
milieu. La face buccale de la trompe est un triangle dont les larges sommets sont obus et légèrement bilobés.
Le céphalon est fortement et presque également dilaté en avant et en arrière, ces deux dilatations étant réunies par un cou plus étroit de moitié: il est plus large que long. La dilatation antérieure présente un sillon médian qui s'étale et se perd entre les deux fortes saillies où prennent base les chélicères. Le tubercule occupe la moitié postérieure de l'autre dilatation: il est un peu plus large que la moitié du cou et a la forme d’un faible dôme lisse, régulièrement arrondi. Vers le sommet du dôme se trouvent quatre petits veux triangulaires largement séparés par un intervalle en forme de croix. Dans l’exemplaire femelle, le dôme oculaire est rétrécti à la base.
Les segments du /ronc Sont un peu dilatés en arrière et très nettement
articulés; dans le deuxième, qui est le mieux développé, la longueur
est notablement plus grande que la largeur et un peu plus faible que les prolongements latéraux, qui sont presque cylindriques. L'écartement des prolongements latéraux augmente de la base à la partie distale ; ilest un peu variable suivant les pattes et, dans sa partie la plus large, il atteint au moins la largeur des prolongements latéraux.
L'abdomen est à peu près aussi long que le segment qui le porte et auquel il se rattache sans articulation ; cylindrique partout, sauf dans sa partieterminale, où il se rétrécit peu à peu, il se relève très obliquement vers le haut, formant avec l'horizontale un angle d'au moins 600,
Outre les poils très courts et très fins, presque imperceptibles, qui se trouvent plus où moins nombreux sur les diverses parties du corps et des appendices, le tronc présente dorsalement quelques soies dressées fortes et assez longues.
Lescape des chélicères(fig. 32)estsubeylindrique,avecuncertainnombre de fortes soies raides, lesunes éparses, les autres distribuées en un rangsur le bord distal. La pince est bien plus longue que le scape et assez fortement infléchie en dedans suivant une courbe régulière; sa portion palmaire se dilate un peu de la base au sommet et présente quelques soies dorsales ; elle est notablement plus courte que les doigts, qui se distinguent d'ailleurs par leur long entrecroisement terminal. Les dents du bord interne des doigtssontreprésentées par desépines grèles, les unes longues, les autres plus courtes, qui alternent régulièrement; il y a d'ordinaire deux épines courtes dans l'intervalle compris entre deux longues épines successives. À signaler l’inflexion tres forte et le grand allongement du doigt mobile dans sa partie terminale, qui prend ainsi la forme d'un crochet.
Les palpes (fig. 32) atteignent à peu près l'extrémité des chélicères; 11s se distinguent par les dimensions presque égales de leurs quatre derniers articles, surtout chez la femelle; dans le mâle qui nous a servi de type, les longueurs respectives de ces articles sont 20m,5, — 3 millimètres, — 2mm 5, — 2millimètres. Les deux premiers de ces articles sontnotablement plus forts que les articles terminaux, dont le dernier est particulièrement grêle, surtout chez le mâle, où ils'atténue singulièrement de la base
au sommet. Il y a de petites soies raides assez nombreuses sur les
palpes, très peu de fortes soies et seulement sur le deuxième article,
Lesovigères fig. 33,3%4)sedistinguentparlabrièveté deleurs trois articles
4 = y = Y Y NAN \ |, | oh / v/ Â {| LA À nl | C VV Sy ÿ 1] Le n / l À | e / à il = | —
Fig. 33. — Nymphon Charcoti, © trémité d'un ovigètre (Gr.
de ses épines. Gr. 100.
. — Ex- 15) et une
basilaires, surtout des deux premiers, par la grande dimension de l’article 6, qui est presque aussi long que l’article 4 et autant que les articles 7 et 8 réunis, enfin par la 3 | longueur à peu près identique des articles S, 9 et 10, qui sont d’ailleurs plus courts que l’artiele 7. Au surplus les différences sexuelles ne sont guère moins accentuées que dans le 4, stylops : chez les mâles (fig. 32), l’article 4 est large et presque droit; l’article5 bien plus long, d’ailleurs tordu, incurvé, fortement et régulièrement rétréci à la base; l’article 6 a subi une tor-
sion enS fort sensible et d'ailleurs ne se
rétrécit pas notablementde la base au sommet. Dans la femelle (fig. 34), ces
trois articles sont droits, se dilatent régulièrement de la base à la partie
y) #7) A \ ie cs WE = "| ï RAC NCREN QE:
€ Fig. 34 — Nymphon Charcoti, Q.— Extrémité d'un ovigère Gr. 8) et une de ses épines Gr. 100
dans l'ovigère gauche, femelle 10, 9, 9, 11.
distale, et si l'article # présente une légère inflexion, les autres restent absolument droits. Les griffes sont un peu plus courtes que l’article 10 dans les deux sexes, avec un bien plus grand nombre de dents spiniformes chez la femelle (14) que chez le mäle (5). Les épines barbelées des quatre derniers articles sont analogues dans les deux sexes, c'est-à-dire longues, grèles, toutefois plus grêles chez le mâle (fig. 33) et avec des barbelures latérales plus fines et moins nombreuses. Le nombre de ces épines présente des variations considérables: dans l’ovigère droit du mâle type, ces épines sont au nombre de 11, 7,6et8 sur les articles respectifs 7, 8, 9 et 10,
15, 7,6, 8: dans l'unique ovigère intact de la
Les pattes (fig. 32) se caractérisent par l'allongement deleurpartiecoxale, qui, chez le mâle, ie presque la longueur du fémur et où le second article est sensiblement plus long que les deux autres réunis. Le fémur et le tibia { sont à peu près de même longueur, aussi longs ou un peu plus courts que le tibia 2 et d’ailleurs beaucoup plus forts. Le tarse et le propode sont longs et plus grêles encore que le tibia 2, parfois subégaux, encore que d'ordinaire le tarse dépasse en longueur le propode ; la griffe, très grande et presque droite, dépasse en longueur ce dernier et ne présente pas de griffes auxiliaires. Les lignes latérales des pattes sont très nettes, surtout à partir du fémur. On trouve sur toutes les pattes du mâle, principalement sur leurs faces latérales et dorsales, des soies raides assez nombreuses et inégales, dont certaines sont plutôt longues. Ces soies paraissent moins nombreuses et d'ailleurs réduites à leur base dans la femelle, dont les pattes se distinguent en outre de celles du mâle par la réduction relative de leur partie coxale et par leur gracilité plus grande, surtout dans la région fémorale,
Il n'est pas normal de voir, chez les Pyenogonides, les pattes et notamment les fémurs plus étroits chez la femelle que chez le mâle. Et, si Pon observe d’ailleurs que notre femelle s'écarte du mâle par ses téguments lisses et sans grandes soies, par ses coxæ relativement réduites, par l'égalité presque absolue des quatre derniers articles de ses palpes, et par l'inégalité beaucoup moins grande des fines dents spiniformes de ses chélicères, on est en droit de se demander si cet exemplaire femelle n’appartient pas à une autre espèce que le mäle, à une espèce d’ailleurs très voisine. Cela est bien possible ; mais ilest très possible aussi, et à mon sens plus probable, que les différences précitées sont dues aux dimensions plutôt réduites des mâles par rapport à notre femelle. Au surplus, l'espèce compte certainement parmi les Vymphon de grande taille, car le premier exemplaire du dragage XVITE, quoique assez volumineux déjà (son céphalothorax mesure presque 8 millimètres), n'est pas encore sexuellement différencié.
Comme dans l'espèce précédente, le mâle se distingue de la femelle par ses ovigères et par ses orifices sexuels, qui sont très réduits, subter-
minaux et localisés sur les pattes des deux dernières paires.
Affinités. — Cette espèce est nettement caractérisée par ses palpes, ses coxæ, ses très longues griffes, sa forte taille ; on ne saurait la comparer à aucune autre, sauf pourtant au /V. capense Hodgson (1908, 101,65, PL I fig. 2), du Cap, dont la taille est d’ailleurs petite et où les deux derniers articles des palpes sont bien plus courts que les deux précédents; j'ajoute que les ovigères du V. capense sont peu différents dans les deux sexes, avec le quatrième article plus long que le suivant, alors qu'ilest beaucoup
plus court dans le NV. Charcoti.
Nymphon tenuipes E.-L. Bouvier.
1911. Nymphon tenuipes E.-L. Bouvier (19442), p. 1187.
Dragage n° XVII : 26 décembre 1909; Shetlands du Sud, ile du Roi- George, baie de l'Amirauté; latitude sud 620 12’, longitude ouest Paris 60055 : chalut 1; 420 mètres ; température de l’eau sur le fond+ 00,3 : vase, cailloux. Un exemplaire immature, « d'un Jaune pâle sale ».
Les dimensions de cet exemplaire sont les suivantes :
Millim.
Longueur de lañtrOmpeser en eee EEE 0,9 Diamétretmmaximumide la trompe. cc be 09 Pongueur du Ccéphalon = AR ee cr ee cerner spl Largeur du céphalon dans sa partie antérieure la plus large... 0,5 - ALÉCOULE ENPE R e RE ote dee e 0,22 Diamètre du tubercule oculaire. -. >... Re cp date 0,17 Longueur totale duicéphalothorax ©" "en rr Rene rr ee ee re 3,0 Largeur du céphalothorax dans la partie antérieure du 2€ seg- ET SU RS NS are io 0/0 DR DO DE Jon d'ou 0: de en 6!0 60€ 0,5 Largeur du céphalothorax avec ses prolongements coxaux (SeRMENL) rer con ehertamine rene Li 2 1,25 Longueur des coxæ de la patte 2 gauche.................... 2,58 — du fémur Te ee date 5,0 dutibial, 7 Vs LA M ce 0e 3,8 AUDI RS 4,4 du tarse nc oc 154 - du propode — rite eme Re 1,0 — de la griffe EE 4 A PERTE TEE rt
Cette espèce est grêle dans toutes ses parties, et notamment dans les pattes, qui sont d'une ténuité extrème, surtout à partir des tibias, d'où le nom que je lui attribue.
La /rompe (ig. 35) se dilate un peu à partir de la base, puis devient à peu
PYCNOGONIDES DU « POURQUOI PAS P?». 87 près subeylindrique ; elle estforte, courte, dépassant à peine l’article 2 des palpes et n'atteignant pas, il s’en faut, l'extrémité du scape des chélicères.
Le céphalon (Mig. 35) est assez allongé, avec un cou plutôt étroit et la partie antérieure fortement dilatée. Le tubereule oculaire forme une saillie large assez élevée, à sommet arrondi ; sur ce sommet on distingue deux bandes pigmentaires d’un brun rougeätre formant croix; mais ce ne sont pas là des veux, car on observe des trainées pigmentaires analogues en d’autres parties du corps.
Siles yeux existent, ce qui me paraît peu probable,
ils n'ont pas, dans le spécimen, une coloration qui
permette deles distinguer. Fig. 35. — Nymphon lenuipes © Bouv. — Vue dorsale avec la Le /ronc est relativement étroit, avec des pro- HE des appendices. Gr.
longements légèrement dilatés de la base au sommet, et bien plus étroits que les intervalles qui les séparent. Comme les autres parties du corps, il est assez transparent, uni, et semble totalement dépourvu de poils. Ses segments sont réunis par des articulations très nettes. SN L'abdomen, par contre, ne présente pas d’'articu- SOS lation basilaire ; il est à peine plus long que les | À prolongements coxaux postérieurs et presque ver- \ ticalement relevé. Cylindrique à la base, il s’atténue \ À en cône au sommet. Ti Les chélicères (fig. 36) sont faibles, mais assez | (} longues, avecquelques raressoies dresséessurlaface / supérieure de leur scape. La pince est à peuprès de la longueur de ce dernier; elle n’est pas sensiblement infléchie, ce qui est rare chez les Nymphons, PA etse dilate régulièrement depuis la base jusqu'au ni pig. 36. — Nynpion lenuiveau des doigts; ces derniers sont de même longueur ÉD do que la portion palmaire et régulièrement recourbés en arc dans leur par-
tie distale ; leurs bords internes Sont armés de fines dents spiniformes.
Les palpes (fig. 37) atteignent à peu près l'extrémité des pinces ; leurs deux derniers articles sont subégaux; le deuxième est de beaucoup le plus
long. Longueur des quatres derniers articles : Omm,72, D Le) ÿ
h W Omm 57, Omm 33, Omm38. Les soies des palpes V y 14 Re sont fines, assez nom- % Ve M nr ee \| Re breuses, d’ailleurs peu À. de allongées.
SIN er ee nn Ye De Les ovigères (fig. 38) sont remarquables par la torsionlégèrement sigmoïde et l’extrème allongement de l’article 5, L qui égale plus de trois ME —" ne ne —.
LE es fois le suivant et une fois É ) ES Q , a fans et demie le précédent.
Fig. 37. — Nymphontenui- Vig. 38. — Nymphon lenuipes. — Ovi- 3 1 En pes. — Palpe. Gr. 36. gère. Gr. 44 47/2. Ce dernier est régulière-
ment arqué. Les quatre derniers articles (fig.39) sont courts, subégaux, encore qu'ils diminuent un peu de longueur du premier au dernier; leurs épines (fig. 40) se découpent assez longuement sur les bords; j'en ai compté dix à douze sur larticle 7. La griffe est aussi longue
que le dernier ar-
\ ticle. Les ovigè- À res sont grêles \ à
X sur toute leur
Eu À É étendue, avec de
Fig. 39. — Nymphon tenuipes. — Extré- Fig. 40. — Nymphon lenuipes. — : :
mité d'un ovigére. Gr. 100. Une tpine des ovigères. Gr. 384. courtes so1es epar-
ses.
Comme on le voit par le tableau de la page 86, le fémur (fig. 41) est un
peu plus long que les coxæ, notablement plus court que le tibia { et
beaucoup plus que le tibia 2; le deuxième article coxal s’élargit régulièrement de la base au sommet et dépasse en longueur les deux articles con-
tigus réunis. Le tarse est à peine plus long que le propode et bien plus
court que la griffe, laquelle estlégèrementarquée, sansrudiment apparent
de griffes auxiliaires. Il y a de très longues soies raides et épaisses sur le fémur etles tibias.
Je n'ai pu apercevoir les orifices sexuels de sorte que exemplaire est peut-être un Jeune.
Affinités. — Cette espèce est très voisine du Y. longicollum Hoek (1881, 40, PI. I, fig. 1-3; PL. XV, fig. 11) qui s’en distingue : 1° par son tarse court ; 20 par ses griffes auxiliaires qui sont présentes, encore que rudimentaires ; 3° par le grand développement du deuxième article des palpes, qui est plus large que les deux suivants réunis ; 4° par son tubercule oculaire en cône aigu ; 5° par ses griffes plus courtes que le propode. Elle s'éloigne davantage du W. procerum Hoek (4881, 39, PL. IL, fig. 9-12), dont le tarse et la griffe sont également bien plus courts que le propode, dont le deuxième article coxal est court et piriforme, le cou dilaté en arrière du milieu pour l’attache des ovigères, et dont les pinces sont très longues et fortement infléchies, la trompe ayant d'ailleurs une autre forme. Le
Expédition Charcot. — Bouvien. — Pyenogonides du « Pourquoi Pas ? », 12 3 3 Î
N. longicollum fut capturé par le « Challenger » au large du Chili, par 2225 brasses, et le W. procerum à l’ouest de Valparaiso, par 2 160 brasses.
Nymphon proceroides E.-L. Bouvier.
1911. Nymphon proceroides E.-L. Bouvier (1941 ), p. 2137.
Dragage n° XVII : 26 décembre 1909; Shetlands du Sud, iles du Roi-George, baie de l'Amirauté; latitude sud 620 12’, longitude ouest Paris 600 55"; chalut I, 420 mètres ; température de l’eau sur le fond + 00,3; vase, cailloux.
Trois exemplaires femelles (N°9 72%) qui se trouvaient noyés dans la masse des V, sylops.
Cinq mâles et sept femelles (N° 732) d’un « brun pâle ».
Je relève ci-dessous les dimensions d'un mâle et d'une femelle types :
(°] Q Millim. Millim.
Dongueundela trompes ee ec 1,2 1,5 Diamètre maximum de la trompe................. 0,56 0,7 ÉOnSUEUTAUCÉPhRAlON 1,30 17 Largeur du céphalon dans sa partie antérieure la DIUS TALONS RP A RAT NE 0,9 1,0 Larseur ducéphalon aulcou. 2 "Rene 0,35 0,46 Diamètre du tubercule oculaire................... 0,27 0,50 Longueur totale du céphalothorax...............…. 3,1 4,20 Largeur du céphalôthorax dans la partie la plus étroite du 2ES68 ment eee ee 0,38 0,50 Largeur du céphalothorax avec ses prolongements cCoxaux (29 Sep ment) rer mere -cee ce 159 2,30 Longueur des coxæ de la patte 2/dronte. 7622. 2,9 BA — du deuxième article coxal................ 1,4 1,9 UNE NUL ES RARE RAR AT RE 2 D) D en (0 LU AT 0) PA Re eo RS ne 3,0 4,7 = SU LIDIQ te Re AR PE A 2,6 929 — EAULATS GER ES A RE PET CU EE Re 11 1,59 — 0 (AUPrOpOde + tree ee Le 1,2 1,45 = dede gite ere RS ER ee nee 1,8 0,7
Les pattes de ce Pyenogonide sont moins grêles que celles de l'espèce précédente, mais le corps a une structure analogue.
La trompe (lg. 42, 43) atteint à peu près l'extrémité distale du scape des chélicères; elle se rétrécit un peu vers la base et devient ensuite à
peu près cylindrique.
Le céphalon (fig. 4#?,43)estmoins allongé que letronc; sa partieantérieure
est très dilatée, son cou étroit et long ; tout à fait en arrière s'élève le tubercule optique, dont la base est aussi large que la partie la plus étroite du cou, la hauteur assez grande et le sommet obtus ; le tubercule se rétrécit un peu depuis la base jusqu'à la région oculaire; les yeux sont réduits et largement séparés sur la ligne médiane.
7 ll rte
Le tronc (fig. 42, 43) est Fig. 42. — Nymphon proceroides Bouv., ©. — L'animal avec ses
chélicères, ses palpes, ses ovigères et la base des pattes (face
étroit ; ses articles se dilatent d'avant en arrière et émettent des prolongements coxaux à peu près aussi longs que le segment qui les porte : assez fortement rétrécis vers la base, ces prolongements deviennent ensuite subeylindriques (femelle) ou se dilatent légèrement en massue (mäle), ce qui présente d’ailleurs quelques variations dans l’un et l’autre sexe; ils sont séparés par des intervalles aussi grands ou plus grands que leur largeur maxima. Les articulations segmentaires sont fort nettes.
L'abdomen est cylindriforme,
dorsale). Gr, 8.
Fig. 43. — Nymphon proceroides Bouv., ©. — L'animal avec ses chélicères, ses palpes, ses ovigères et la base des pattes, face dorsale. Gr. 8.
92 PYCNOGONIDES DU « POURQUOI PAS p ».
horizontal, à sommet obtus; assez long, il dépasse notablement l’extrémité distale du prolongement coxal postérieur.
Les chélicères (fig. 42, 43) sont assez fortes. Leur scape se dilate un peu de la base à l'extrémité distale et se recourbe un peu en dedans. Les pinces sont à peu près de la longueur du seape ; leur portion palmaire subglobuleuse, ou plutôtfortementovoïde, estbeaucoup moins longue que lesdoigts. Ces derniers sont régulièrement infléchis de dehors en dedans; leur armature se compose d’un peigne de longs denticules spiniformes largement séparés, sans armature intermédiaire plus petite.
re
Les palpes (fig. 42, 43) n'atteignent pas tout à fait extrémité des pinces ; l'article 3 est à peine plus long que Particle 2; Particle 4 égale les deux tiersde l'article 3; Particle 5est plus court, plus étroit et presque atténué en pointe. Longueur des trois derniers articles dans la femelle type : Omm,73 — Omm,50, — Omm,40. Il y a quelques poils dressés et courts sur les deux derniers articles.
Les ovigères (fig. #4, 45, 46) sont à peu près identiques dans les deux
Fig. 44. — Nymphon proceroides, Fig. 45. — Nymphon proceroides, Fig. 46. — Nymphon proceroides, Q.— Ovigère gauche. Gr. 14 1/2. ©. — Extrémité de l'ovigère ©. — Extrémité de l’ovigère droit (Gr. 36) et trois de ses épi- droit (Gr. 36) et deux de ses
nes. Gr. 100. épines. Gr.100.
sexes ; leur article 6 égale la moitié de l’article 4, qui est lui-même égal
aux trois quarts du cinquième; ces deux derniers articles sont un peu
J arqués. Les articles décroissent un peu en longueur de Particle 6 au dernier, qui porte une griffe étroite presque aussi longue que lui-même.
Longueur des quatre derniers articles avec le nombre de leurs épines denticulées dans le type femelle (fig. 46) :
HRartiCle MOMIE FREE. NP heeie ses ie delai ete Coe 8 épines. 8e — OS OR rte aan son ene 5 — 9e — OMS SR ne be Came ce lies eee 4 — {De OS ER eee a tels sable ee 5 —
Les pattes (ig. 47-50) se distinguent par la réduction de leur second
. = tibia, qui est à peu près de la même NN PA longueur que le fémur et notable- NN DA Ft j lt ment plus court que le tibia 1 ; leur \ à V4 # À || À ] | ,
ENS à Il tarse est également un peu plus