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les malles et son parapluie tenu sur son cœur. A l'hôtel, on retrouva beaucoup de monde, et une tante qu'on voyait tous les jours. La tante était très bonne et toute jeune ; du reste, comme Suzanne avait neuf ans, elle avait encore le droit d'avoir des oncles et tantes qui n'étaient pas bien vieux. Et puivS, il arriva ce qui, malheureusement, est arrivé dans tant et tant de familles : les parents de Suzanne reçurent la nouvelle que la tante venait d'avoir son frère tué à la guerre et ils étaient chargés de le lui annoncer. C'est une terrible commission que d'être obligé ainsi de faire de la peine à qui l'on aime ; il fallut cependant bien se décider à parler, et ce fut une atroce soirée de larmes.
... Le lendemain matin, dans la salle à manger, quand on entra pour le déjeuner, à la petite table où la tante avait l'habitude de s'asseoir, le parapluie de Suzanne était posé en travers de la nappe, timide et magnifique offrande pour que la pauvre tante eût moins de peine.
Cette histoire n'est peut-être pas extraordinaire, mais elle m'a profondément touché.
Et je pense combien il est réconfortant, à un moment surtout où le monde semble saturé de revendications et de haines, de voir survivre la pitié et la bonté dans le cœur d'une douce petite fille de France, comme un parterre écrasé qui, éternellement, refleurit.
A 7li'>« J. H.
Je suis désolé de vous savoir malade, chère Joli-Rien, et loin de Paris. Et avec des rhumatismes, à quatorze ans ! Vous êtes d'une précocité déconcertante. Pour moi, malgré mon grand âge, je ne connais pas encore les rhumatismes; je les attends d'un jour à l'autre, c'est vrai, je les accueillerai avec politesse et résignation, comme tous ces hôtes très embêtants que la destinée nous envoie, mais jusqu'à présent ils ne sont pas venus. Vous savez combien tout ce qui vous concerne m'intéresse, et je vous suis très reconnaissant d'avoir employé vos immobiles loisirs à m'écrire et à me décrire votre traitement. Je souhaite que la friction gluante d'essence de géranium et d'huile de ricin sur les jambes soit efficace, mais je vous avouerai que si l'essence de géranium me semble s'harmoniser très bien avec une charmante jeune fille, je ne puis arriver à concéder aucune poésie à l'huile de ricin.
En somme, les enfants sont malades tout le temps. Ce n'est pas un reproche : je me répète cela pour me consoler de ne pas avoir de petite famille. Et si vous voulez me promettre de ne pas prendre ombrage de ce que je vais dire, en croyant que je me permets une irrévérencieuse comparaison, je vous raconterai l'histoire de la maladie simultanée de mes deux chiens, et les soucis que j'en ai eus, à celle fin de vous montrer quel bon père j'aurais été.
Monsieur-Gibou était le type même du vieux caniche respectable. Je crois que le caniche, par Cette intelligence et cette moustache presque humaines, semble pltis près de nous que les autres chiens. Monsieur-Gibou avait été très noir et très beau; après une vie passée en grande partie à là campagne âvec son bon maître et ami, il était revenu sur le tard habiter ParisJ. Il eut là Une vieillesse heureuse, autant que peut être heureuse la vieillesse avec les incommodités qu'elle apporte. Il s'ankylosa un peu, détint grisâtre de poil, et surtout sa vue baissa. Pour lui éviter les rhumatismes (et par la suite la nécessité des frictions à l'essence de géranium), d'accord avec lui, nous décidâmes de renoncer à la tondaison qui, tous les mois, le faisait, à partir de la ceinture, svelte et élégant comme Un danseur. De même qu'une barbe de fleuve envahit la figure du vieillard, de même l'arrière-
LETTRE A JOli-RIEN, SOUFFRANTE Ho
train de Monsieur-Gibou se garûit d'une culotté touffue. Il tourna ainsi au cliieii d'aveugle^ maiSi hélas 1 c'était lui qui était presque aveugle» La cataracte augmentait rapidement, et ses yeux déjà avaient perdu tout leur éclat. Cependant, grâce à son instinct, il continuait à se diriger avec adresse. Je le laissais circuler seul dans le quartier, car il ne courait plus aucun risque d'être volé — c'est un triste privilège de l'âge, Joli-Rien, que de ne plus avoir besoin de chaperon pour sortir. Parfois, je l'apercevais de loin qui passait du côté de la place du Trocadéro, tel qu'un petit rentier paisible, vaquant à ses affaires. Il avait des amitiés à droite et à gauche, ses arbres préférés, et il marqpiait une grande crainte des automobiles, oe qui, chez les chiens, est le commencement de la sagesse.
Ce fut à cette époque que mon pauvre petit cocker Archibald subit les premières atteintes du mal qui devait l'emporter. Tout jeune et ravissant, blanc avec des taches chocolat heureusement distribuées, et des yeux d'or remplis d'ingénuité et de coûflance, Archibald était d'une intelligence qui étonnait la maison entière. Il ne restait jamais inoccupé ; l'abandonnait-on quelques minutes à lui-même, ou avait toujours, ett le retrouvant, les témoignages de son activité inlassable. En moins d'une heure, il me dévora^ une fois, une serviette de cuir jjourrée de ma-
nuscrits ; une autre fois, la domestique, en me présentant une pelle à feu brisée en deux morceaux, m'affirma que c'était Archibald quil'avait mangée, mais je ne puis certifier qu'elle m'ait convaincu. Quand il sentait qu'il méritait d'être grondé, il avait une façon humble de vous sauter sur les genoux, puis s'appuyant sur votre épaule, de venir vous murmurer à l'oreille ses excuses avec de petits jappements et gémissements, qui eût attendri un bourreau. J'étais arrivé à le comprendre si intégralement que je songeais à composer un lexique chien-Jrançais et JrançaiS'Chien. Une méningite, consécutive à une grande frayeur, eut raison de ces projets.
Lin jour, Archibald se mit à galoper en rond dans la chambre, l'écume à la bouche, en poussant des cris de soufiTrance, et je dus le conduire chez un vétérinaire pour chiens et petits animaux.
Après quelques instants dans un salon d'attente, avec mon chien sous le bras, en face d'un autre père nourricier qui berçait un petit enfant du même genre, je fus reçu par un homme jeune, mais sérieux, et revêtu d'une longue blouse aseptique. Il fit l'inspection du cocker et eut un hochement de tête qui ne présageait rien de bon, puis il le plaça sur une sorte de table en grillage et lui prit la température. Je maintenais
Archibald, qui, d'angoisse, roulait des yeux blancs pendant cette étrange innovation.
— Quel petit thermomètre ! dis-je, pour dire quelque chose.
— Mais, Monsieur, me répondit le vétérinaire avec dignité, nous en avons même pour serins.
Il me dit qu'il doutait qu'on pût sauver le chien; que, néanmoins, je le misse en pension dans son hôpital, qu'il tenterait l'impossible.
Quelques jours plus tard, allant chez lui pour avoir des nouvelles du cocker, je lui demandai d'examiner aussi mon vieux Monsieur-Gibou, qui, en proie aux démangeaisons, se grattait sans relâche avec de douloureux grognements.
— Pour celui-là, m'affirma-t-il, je me charge de le guérir, mais le traitement sera probablement long.
Je le priai donc d'avoir la bonté de prendre également en pension le caniche.
Là se plaça entre ce vétérinaire, qui ne se départait jamais de sa gravité, et moi, assez impressionné par un aspect aussi doctoral, un dialogue qui mérite d'être rapporté.
Il avait ouvert un registre.
— Gomment s'appelle le caniche? me dit-il.
— Monsieur-Gibou.
Il l'inscrivit. Après un moment :
— Est-ce que Monsieur-Gibou et Archibald se connaissent?
^^ Assurément, répondis-je ayec empressement. Vous pouvez même dire qqe c'est une paire d'amis.
— Alors, me demanda cet homme pompeux»
est-oe que je puis les mettre dans Id. même chambre ?
-rr J'allais vous en prier.
Il écrivit, en lisant tout bant à mesure :
-« Chambre 17. Archibald et Monsieqr-Gibou.
Inutile d'ajouter que je payai un prix considérable pour cette chambre d'hôpital, qvie je ne vis jamais, mais que j'Imagine fastueuse, et où, d'ailleurs, Arohibald et Monsieur-Gibou crevèrent rapidement tous les deux.
J'ai Tair de plaisanter, chère Joli-Hien, mais ^1 je regrettai beaucoup mes chiens, surtout mon vieux fidèle caniche. Toutefois, je ne m'occupai point de leur sépulture.
Je sais qu'il y a des gens qui font élever des monuments à leurs animaux ; cela me semble un peu choquant. Autant je trouve touchante la tombe du chien à la campagne, dans un coin du jardin, avec une petite pierre plate pour indiquer la place et perpétuer le souvenir de l'humble ami, autant le mausolée dans un cimetière spécial, l'espèce de chapelle comme pour un humain m'apparaît hors de proportion avec ce qu'elle renferme, Il y a tout de même une différence entre les hommes et les bêtes, malgré les indé^
niables efforts que font beaucoup des premiers pour s'assimiler aux seconds, et il ne faut pas froisser les sentiments de ceux qui pleurent de vrais morts.
Une dame — c'est elle-même qui m'a raconté l'histoire, il y a déjà bien longtemps — avait un petit fox très malade qu'elle dut mener au vétérinaire pour le faire tuer.
Quand le chien fut mort, la pauvre dame, ainsi qu'il est naturel, fondit en larmes.
Alors, pour la remonter, le vétérinaire, avec un accent plein de componction, comme un ordonnateur des pompes funèbres, lui dit, à mivoix :
'— Je ferai tout pour le mieux. 11 sera enterré avec les chiens de famille.
Malgré les sinistres pronostics que pour la ' plupart nous échangeons chaque fois que nous nous rencontrons, la vie renaît progressivement sur le monde, ou plutôt, ainsi qu'une dormeuse, se réveille à peu près semblable à celle de jadis. Sans doute, après tant d'angoisses et de souffrances, est-il nécessaire pour les hommes de ne se désintoxiquer que lentement et est-ce par habitude seule qu'ils persistent à s'adresser nonchalamment des prophéties funèbres, comme avec des raquettes ils se renverraient des balles de tennis noires.
Car je ne puis voir là qu'un simple jeu de paroles, et je pense qu'ils vaticinent maintenant aussi naturellement que les oiseaux gazouillent. De même, quand sous les arcades à colonnettes d'un cloître, deux moines se croisaient entre le réfectoire et la chapelle (le long d'un de ces suaves jardins clos qui sont si délicieux à visiter), et se saluaient du « Frère, il faut mourir », j'imagine que par l'accoutumance cette formule leur était devenue sans vertu et n'altérait plus
rien dans l'équilibre habituel de leur âme et de leur corps. De même je ne puis croire que mes contemporains attachent une importance capitale à ce qu'ils disent et que ce soit avec une angoisse sans répit qu'ils continuent de se ruer vers des plaisirs qui semblent impliquer la sérénité.
Au risque d'être traité de frivole et d'aveugle, qu'il soit permis de timidement se plaire à ce qui est. La vie reprend d'une façon charmante ; tous les jours, il y a plus de détente et de bienêtre, et des indices sur le mieux de demain. Dans la caresse presque brutale de ce printemps soudainement venu, la ville s'épand et se détire, encore un peu lasse, songe à sa parure et offre au soleil son visage de convalescente heureuse. Quand par-ci par-là, dans la rue, une boutique naguère en léthargie apparaît peinte d'hier soir, resplendit enduite d'un brun-chocolat luisant, n'a-t-on pas envie d'entrer dans le magasin et de serrer les mains au propriétaire en disant : « Cher brave homme ! »
Je voudrais dire aujourd'hui quelques mots du Louvre qui participe au retour en commun vers la santé. Je parle du musée et non du Louvre des femmes (Ce moyen d'éviter toute confusion entre les deux établissements est assez pratique, mais d'une injustice révoltante).
Il y a longtemps que j'aime aller au Louvre.
Mi PYGMALION
(Ce ji'est pas pour me vanter, ni pour dire que pela vaut mieux que d'aller au café ; je n'ai aucune idée de préséance à ce sujet ; chacun fait ce qui lui plaît ; d'ailleurs, on peut faire les deux.) Jadis, je le traversais en flânant. Vers 1912, un arrêté perfide m'a enjoint de quitter désormais ma canne au vestiaire, ce qui m'a beaucoup gêné, en ne me laissant l'alternative que de revenir sortir par la même porte, ou d'abandonner ma canne à l'Etat, comme J.-J. Roueseau faisait de ses enfants. De plus, c'était humiliant. Les amateurs de tableaux, statues, bibelots, livres, vieilleries, ont des mouvements très doux. Il n'y avait aucun danger que je fisse des moulinets, ce qui est un sport de plein air, comme il arriva à Cauterets à feu mon oncle, lequel, voulant désigner à un nouveau venu les beautés du pays, lui indiqua le pic du Gaballiros d'un geste si ample et si malheureux qu'il introduisit juste le boul de sa canne dans la narine d'un passant.
Je m'entêtai néanmoins à revenir au musée, inerme et les bras ballants, et j'ai été fort content d'assister ces jours derniers à sa résurrection. Durant la guerre, jusqu'à l'époque des bombardements, on ne pouvait pas dire que Iq Louvre était mort, mais il s'en fallait de peu ; il avait une sorte de vie diminuée, hivernale de marmotte, avec seulement la moitié de ses salles de sculpture ouvertes. Il faut tirer avan-
tage de tout ; cela permit d'apprendre par cœur les médaillons de David d'Angers, ce qui, en temps de paix, ne serait venu à l'idée que de quelques maniaques.
Mais voici que nous avons pu reprendre contact avec la peinture. Nulle part mieux qu'ici la convalescence n'est sensible ; chaque jour, sur les murs, plusieurs tableaux viennent retrouver, sinon leur place, du moins une place dans la grande maison. Certaines œuvres très connues qu'on a transplantées ont pris, sous un éclairage inhabituel, un air nouveau, généralement amélioré.
Oserais-je parler pourtant de la déception que m'a donnée le Parnasse de Mantegna, et qui doit n'être qu'une impression personnelle ? L'année dernière, pour un travail (tout petit), que je voulais faire, j'ai eu à étudier diverses personnes de l'entourage d'Isabelle d'Esté, et ne pouvant voir les tableaux, je m'attardai sur les reproductions, photographies, gravures, etc., J'étais arrivé à recréer dans mon imagination un Parnasse tellement beau que j'ai trouvé celui de Mantegna très en carton. Heureusement, à côté, §on Calcaire le réhabilitait. Cette déconvenue me confirma dans la pensée que pareillement des amants font fort bien de ne pas se séparer trop longtemps, car, outre le chagrin double que la privation leur cause, ils n'ont pas de plus
dangereux rival que le souvenir même qu'ils laissent et qui s'embellit au détriment de la ressemblance.
Par contre, j'ai revu beaucoup de chères figures qui ne m'ont pas déçu : dès l'entrée une Vierge que j'aime particulièrement et qui est toute pareille, présentant un bambino minuscule, à une paysanne que j'entrevis jadis en Sicile et qui, avec la même simplicité, me découvrit son enfant. Cette Vierge n'a pas de cartouche d'attribution : en 1914, elle était de Piero délia Francesca.
Pour moi, la triomphante parmi toutes ces petites salles d'exposition est celle de Rubens avec la vertigineuse Kermesse rose et blonde, la Fuite de Loth où le ciel est chargé de démons pleins de soufre, et la petite Résurrection de Lazare. Il y a là une joie de mouvement et de couleur — et l'éclairage aussi, et l'état des tableaux ; c'est près de la perfection.
Les grands honneurs sont pour Léonard. La Joconde a eu de l'avancement : elle est sur un chevalet, et au pied de son meuble sont jetées par terre des palmes ainsi qu'aune Jeanne d'Arc transalpine et qpii serait moins de tout repos que notre Pucelle.
La salle des pastels souffre beaucoup de ce voisinage de tableaux que le temps a foncés et jaunis. Malgré leur qualité, les pastels qui ne
changent pas de couleur apparaissent ainsi tout d'un coup d'un ensemble très froid et très blanc. J'ai retrouvé à sa place l'agaçant Enfant aux cerises.
1j' Embarquement est bien éclairé, mais un peu en pénitence.
La salle de Rembrandt. Je sais bien qu'il ne faut \oir que la peinture, et qu'il est défendu de tenir compte du sujet. Et pourtant ! Il est si difficile de parvenir à renoncer complètement la grâce. J'aperçois là un ange Raphaël qui, pour quitter Tobie, fait par la fenêtre un départ en quatrième vitesse d'une impétuosité ridicule. Et la Bethsabée avec son ventre en persienne !
Combien la Bethsabée de Gustave Moreau est plus selon l'inclination de mon cœur, stylisée, figée, gemmée, telle que devait être, même si elle ne le fut, celle qui engendra Salomon. Il est vrai que Bethsabée fut une assez vilaine femme. Parce qu'elle a pris un bain, on l'associe généralement dans le souvenir à la malheureuse Suzanne, mais le bain de Bethsabée fut voulu, étudié, répété.
Je ne sais dans quel coin est aujourd'hui la grande et douce Suzanne de Chassériau. La dernière fois que je l'ai rencontrée, il me semble que c'était dans un escalier. Elle fut auparavant dans cette salle, située entre la salle Lacazc
et le Salon des Sept Chemiiiées, et qtii a ceci de si pâftictilier qu'elle est complètement obscure et qu'on n'y accroche (on ne saurait dire expose) généralement que des tableaux sombres.
KUe n'est en ce moment éclairée que par les rayons de Diane amoureuse d'Bndymion, et dans cette clarté lunaire baignent aussi les doux Pmd'hons vaporeux, noirs et blancs, et de molles toiles qui ne sont pas sans charme (probablement parce que c'est aussi Prud'hon qui les peignit), dues à la tragique Constance Mayer.
Il y avait naguère Y Enterrement d'Ornans ; et quand la Suzanne de Ghassériau était en face dans cette même salle, je me souviens d'un enfant demandant à son père : « Qu'est-ce qu'elle fait ? » Et le père répondit : « Elle se cache avec ce qu'elle peut, elle n'a pas d'effets à se mettre. »
Ce mot saugrenu d'effets me ravit. Suzanne se faisant habiller dans la confection !
Ghassériau ne flgure actuellement qu'avec le curieUx portrait de ses Deux Sœurs, si dur, si froid, si attachant en même temps. Quel singu- Uer tableau !
Depuis que le Louvre est rouvert, j'y ai toujours rencontré beaucoup de monde. J'espère que, comme moi, ces gens se rendent compte de la masse d'efforts que représente un tel ensemble d'œuvres pour la plupart magnifiques, et surtout de la somme d'amour que contient
chaque tableau. Tous ces artistes aimèrent leur métier. Et c'est de là que se dégage cette impression reposante à la fois et vivifiante, et presque sainte des musées. Le labeur accompli avec amour. L'art est une adoration (Ruskin). Alors, ceux qui aiment ne réclament pas huit heures ; à leur amour ils donnent leur vie.