‹ Pyrotechnie raisonnee, ou Application de la chimie aux artifices de guerreChapitre 13 sur 17 · CORFECTIOH DE LA FUSEE DE SI6RAL · texte numérisé non relu

CORFECTIOH DE LA FUSEE DE SI6RAL

La fusée est plus soumise aux influences extérieures que tous les autres artifices , mais les irrégularités qu’on rencontre dans les fusées construites de la même manière et dans le même lems , proviennent

plutôt de l’imperfection du travail que du défaut de construction. Le mode de confection , ainsi que les mesures prises pour donner dans toutes les circonstances des produits égaux, sont les conditions qui en règlent la régularité et non le choix de la composition et la construction , principe connu déjà des anciens.

a. CXBTOVCHS.

Les cartouches des petites fusées de signaux sont en papier, et en fort roseau en Espagne. 11 faut beaucoup de précision et de force corporelle pour rouler le papier. Les arti&ciers experts ne sont pas d’accord s’il est préférable de le rouler par feuille , ou d’en coller d’abord plusieurs ensemble et de les rouler comme un mince carton ; il doit être fort et raide, plus il est uni et serré, mieux il vaut. On a deux méthodes pour placer les feuilles de papier l’une sur l’autre sur le mandrin , avec l’une on se sert de la planche à rouler, qui roule le papier comme un cylindre pour le linge; avec l’autre on emploie la varlope où le cartouche est placé avec son mandrin dans un creux entre deux bois polis, et tourne sur son axe pendant que le bois supérieur est pressé avec beaucoup de force; il se trouve plusieurs de ces creux de difl'érens diamètre.s, l’un à côté de l’autre, pour y introduire le cartouche successivement dans les plus étroits. 11 devient de cette manière beaucoup plus dense et plus uni que par la première méthode.

Le bon papier étant quelquefois difficile à se pro-

curer, et les hommes, qui ne sont pas très- forts, ayant beaucoup de peine à le rouler , je cherchais s’il n’était pas possible de faire les cartouches en papier mâché ^ et j’y réussis très-bien après quelques essais. Les cartouches vides n’ont à la vérité pas autant de consistance que ceux en papier ; mais ce défaut disparait dés qu’ils sont chargés. Cette méthode pourrait surtout être avantageuse pour les serpentins et autres petits cartouches, parce qu’on peut y employer le plus mauvais papier, et qu’on pourrait peut-être l’exécuter déjà à la papeterie même.

Les cartouches en papier ont Une consistance suffisante, surtout si on les préserte de l’humidité par une couche d’huile mise à l’intérieur et à l’extérieur. Us traversent des planches d’un pouce d’épaisseur, sans être endommagés; mais un grand inconvénient est leur épaisseur, car on doit compter moyennement que les deux parois en papier doivent avoir la moitié du diamètre restant de composition, ce qui augmente considérablement la résistance de l’air. Il est de même difficile d’obtenir une lumière de dimensions données, en étranglant le cartouche, elle brûle d’aiL leurs pendant l'ascension , et comme elle le fait d’une manière inégale , il se pourrait que le balancemeot, qu’on voit souvent dans ces fusées, provienne de ceà ouvertures latérales qui naissent tout à coup.

Il faut pour étrangler de plus grands cartouches, de forts appareils dont les Anglais ont inventé nouveU lement plusieurs , qui n’ont pas besoin d’une description détaillée , puisque c’est tout simplement Une forte

corde de boyau qui entoure la fusée et s’enroule sur un treuil au moyen d’une roue à manivelle, la corde étant de cette manière raccourcie, comprime la fusée qu’on tourne continuellement pendant cette opération , et dont l’on presse l’ouverture contre un dé.

On peut an lieu d’étrangler la fusée , la boucher inférieurement avec une couche d’argile de potier, qu’on fore ensuite comme le faisaient les anciens artificiers; mais comme l’argile ne s’applique pas assez pour résister au choc du jet, quand les cartouches sont larges , elle serait facilement lancée au dehors ; nous devons donc recommander la méthode que nous vîmes à des serpentins chinois, où le cartouche était un peu étranglé, quand la couche d’argile était encore humide.

On a beaucoup essayé de prendre des cartouches en tôle pour les fusées de signaut ; elles s’élevaient beaucoup plus haut avec le même diamètre de composition, car l’épaisseur de la tôle n’est guère que 1/25 du cylindre de composition. Ce serait en général une amélioration importante pour les petites fusées , d’augmenter leur pesanteur spécifique.

h. coKvosmon.

Nous avons déjà parlé en général sur la composition, que l’on doit prendre aussi analogue à celle de la poudre que le cartouche le permet. En général , de grandes fusées doivent avoir des compositions plus lentes que les petites. Les anciens ai tificiers sont même

plus difficiles , ils veulent des compositions différentes pour l’hiver et l’été , de plus vives pour l’hiver, parce qu’ils comptent qu’elles deviendront plus lentes par l'humidité absorbée. Ils chargeaient les petites fusées d’une composition de pul vérin et des trois substances constituant la poudre; ils omettaient le pul vérin pour de plus grandes , parce qu*il les faisait souvent éclater. On a essayé avec succès dans le Danemarck,de charger le cartouche avec trois compositions de vivacité différente, en mettant la plus vive à la lumière.

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