‹ Qu'est-ce qu'un névromeChapitre 20 sur 24 · AUTRES · texte numérisé non relu

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babilité il s'agissait d’un névrome vrai développé sur un névrome plexiforme.

Nous n'avons pas assez de connaissances personnelles sur le névrome plexiforme pour nous permettre de discuter point par point les idées de Grall qui en à fait dans sa thèse une étude très approfondie; nous ne saurions donc nous ériger en juge absolu. Il semble néanmoins que l'interprétation que nous venons de proposer soit bien l’expression de la réalité ; c’est d’ailleurs la seule que puisse nous permettre notre facon d'envisager les névromes périphériques. Nous considérons le névrome plexiforme comme une entité pathologique, bien différente des véritables tumeurs nerveuses et pour laquelle on doit faire une classe spéciale dans les traités de chirurgie et d'anatomie pathologique. Mais ce que nous ne nions pas c’est qu’un névrome plexiforme puisse être le point de départ d’un névrome vrai, d’une tumeur nerveuse maligne. Ces cas de transformation de tumeurs bénignes en tumeurs malignes sont assez fréquents en chirurgie : c'est ainsi que les adénomes, qui sont en réalité des hypertrophies au même titre que le névrome plexiforme, peuvent se transformer en épithéliomes ou en sarcomes ; le fait a été observé en particulier pour les tumeurs du sein. On a également admis la transformation des angiomes en tumeurs malignes, des sarcomes ou des carcinomes pouvant prendre naissance sur des nœvi.

Le névrome plexiforme se trouve dans d’excellentes conditions pour engendrer un névrome vrai : il résulte d'une anomalie de développement qui constitue pour

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lui une sorte de prédisposition à la production d’une tumeur maligne, et comme il renferme des fibres nerveuses, il peut donner naissance à un névrome vrai du type périphérique par la prolifération des cellules à myéline.

ITest probable que dans un grand nombre de cas les névromes se développent sur des nerfs primitivement atteints de malformations.

OBSERVATION III Thèse de Grall (1896-1897) (Résumée)

Névrome du sciatique. — Extirpation. — Récidive in situ. — Métastases nerveuses multiples et viscérales (foie, poumons, etc )

X..., 40 ans environ, entre à l’hôpital en mars 1887, pour un névrome du sciatique gauche qui a mis neuf mois à se développer. La tumeur est aussitôt enlevée et examinée au microscope.

Examen histologique de cette tumeur primitive. La tumeur est formée par des faisceaux nerveux isolés. Quand on observe un de ces faisceaux coupé en travers, on le voit envahi par un tissu coloré en rose pâle, pauvre en cellules, qui s’infiltre surtout le long des cloisons secondaires fasciculantes du nerf.

L'année suivante, récidive dans la cicatrice du même névrome. Bientôt apparaissent de nombreuses tumeurs sur les différentes branches du sciatique gaucheet des nerfs intercostaux du même côté. Le malade meurt et l’autopsie est pratiquée par M. Imbert.

Examen microscopique.— La tumeur récidivée in situ n’offre pas un aspect considérablement différent de la tumeur primi-

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tive. Chaque faisceau. primitif du nerf reste parfaitentent isolé ; la néoplasie sur certains de ces faisceaux apparaît à la périphérie, immédiatement sous l’enveloppe conjonctive du faisceau, sous forme d’un tissu qui tantôt à l’aspect myxoiïde, tantôt d’un tissu riche en cellules, tantôt enfin rappelle un tissu quiaurait plutôt l'aspect d’un tissu conjonctif pauvre en cellules étoilées et fusiformes. Quand on observe un de ces faisceaux envahi par la néoplasie sous forme de cellules rondes, peu colorées, on voit qu'elles infiltrent ce faisceau dans toute son épaisseur, séparant toutes les fibres les unes des autres, On peut aisément sur un même faisceau trouver l’envahissement ici par ces cellules rondes, là par le tissu dit myxoide.

Dans les métastases lointaines, les faisceaux primitifs sont

considérablement hypertrophiés et sont envahis par un tissu à aspect fibroïde présentant de petites cellules fusiformes qui les pénètrent, Il est très remarquable que ce tissu qui a envahi complètement les faisceaux primitifs du nerf semble respecter son enveloppe conjonctive comme une barrière infranchissable.

. Dans un gros filet nerveux des muscles de la cuisse, la néoplasie apparaît sous forme de petites cellules fusiformes ou étoilées, séparées par une substance plutôt amorphe, un peu granuleuse dans laquelle il est presque impossible de retrouver une gaine de myéline. Dans le tissu conjonctif voisin de ce nerf, de petites cellules rondes envahissent les espaces cellulo-adipeux et pénètrent bientôt dans les faisceaux musculaires.

L'observation d’un fragment prélevé sur une des racines du plexus sacré démontre que la néoplasie, pour n’avoir pas de caractères bien définis au point de vue histologique, est sûrement nerveuse. À côté d’un faisceau intact, on rencontre les faisceaux de plus en plus cnvahis par ce tissu et semés de

cellules fines étoilées ou fusiformes ; dans l'un d’eux, véritablement gigantesque, on ne retrouve aucune fibre à myéline ; aussi cet énorme faisceau paraît constitué uniquement par un tissu granuleux ou plutôt, il semble que les cellules fusiformes ou étoilées ont de petits prolongements qui s’insinuent dans cette substance fondamentale.

Dans les métastases viscérales, les noyaux apparus dans un tissu lâche (mésentère, muscle) sont constitués par des cellules rondes à noyau vigoureusement coloré, mais très petites et presque sans protoplasma.

Dans tous les tissus où la tumeur a rencontré une certaine laxité, elle y a constamment produit des hémorrhagies.

Dans un parenchyme dur comme le foie la néoplasie ne fait pas d’hémorrhagies mais elle est incontestablement la même.

OBSERVATION IV Hans Hœnel, Archiv. f. Psychiâtrie 1898 Band 31, Heft 1 u. 2, s. 491

Il s’agit d'un homme de 46 ans qui fut autopsié le 24 octobre 1897 et qu’on avait reçu quelques jours avant avec le diagnostic de tumeur cérébrale. On trouva dans la substance médullaire de l’hémisphère droit un sarcome à cellules rondes dégénéré, et de plus, sur la dure-mère de la région de la fissure orbitaire supérieure droite, deux petites tumeurs distantes environ de 2 cm. ; la première, qui avait la grosseur d’une cerise, présentait un aspect villeux analogue à celui d’un chou-fleur et n’était pas pédiculée. La seconde, grosse comme un haricot, avait une surface presque unie, ne présentant que d’un seul côté une série de prolongements minces et découpés ; elle semblait se continuer insensiblement avec la dure-mère normale. Cette dernière se séparait sans se déchirer de l'os et du cerveau. Le cerveau était un peu déprimé à

l’endroit correspondant, mais sa surface était normale ainsi

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