RENTE
que l’arachnoïde et la pie-mèreé ; les deux tumeurs de la duremère étaient absolument indépendantes.
Le fragment de dure-mère fut durci dans l’alcool, enrobé dans la celloïdine, et l’on y pratiqua des coupes. La plus petite des deux tumeurs était de beaucoup la plus intéressante. Dans une préparation ordinaire à l’hématoxyline, on voit un stroma assez homogène formé de longues fibres (tissu de la duremère-normale), et dans ce stroma de larges bandes se composant d’un nombre variable de fibres (40 à 60 ou plus); celles-ci sont ordonnées suivant un parallélisme complet, et sont parsemées d’un très grand nombre de noyaux de forme allongée. Les fibres consistent en des tubes peu serrés semblables à de la moëlle de sureau, et au milieu de chaque tube se trouve un long filament continu que l’on peut suivre souvent sur une longueur comprenant plusieurs diamètres du champ du microscope. Ce filament consiste en une matière homogène très réfringente, qui se colore d’une facon intense en rouge par l’éosine et par la méthode de Van Gieson. Ceci laissait déjà penser qu’il s'agissait de fibres nerveuses contenant de la moëlle, et cette hypothèse fut confirmée par la forme caractéristique de petits soleils présentée par les faisceaux coupés wansversalement, et la coloration par la méthode de Weigert et Pal fournissait la preuve micro-chimique directe qu'il y avait là du tissu nerveux : les contours se coloraient en bleu foncé, le reste du tissu se décolorait. Ces faisceaux nerveux, composés de fibres toutes parallèles les unes aux autres, présentent en plusieurs endroits des entre-croisements multiples, tandis que sur une coupe transversale, on voit souvent apparaître des fibres coupées en travers ou obliquement, ou bien réalisant des figures dans le genre de la décussation, ou bien tout à coup un faisceau tout entier s’infléchit à angle droit et disparaît du plan de la coupe. D’un côté, les nerfs sortent de
la dure-mère et forment, revêtus seulement d’une enveloppe
mince de tissu conjonciif, des cordons courant en serpentant dans toutes les directions, figurant ainsi l'aspect du névrome cirsoïde. 1
Cà et là on trouve dans les faisceaux nerveux de grosses cellules isolées qui, dans une région déterminée de forme à peu près demi-circulaire, s'accumulent en plus grand nombre. Elles sont disposées dans un tissu riche en noyaux, présentent un gros corps cellulaire homogène souvent rempli en partie par un pigment d’une couleur brun sombre et d’aspect pulvérulent, un noyau clair à contours bien accusés et un nucléole bien apparent. Leur forme est presque entièrement identique à celle des cellules ganglionnaires des ganglions spinaux ou encore du ganglion de Gasser, et leur interprétation comme de véritables cellules ganglionnaires doit être d’autant moins douteuse que les filets nerveux sortent du territoire où elles se trouvent. On voit distinctement ceux-ci s’assembler de tous côtés, puis sortir en faisceaux serrés à la façon d’une racine de la moëlle rachidienne. Le passage direct des cylindres-d’axe dans les cellules ganglionnaires ne put être démontré par l’emploi des méthodes colorantes. Les cellules sont presque toutes mono-nucléées, et dans un ou deux endroits seulement on pouvait découvrir des cellules à deux noyaux. La tumeur devait donc être considérée comme
un névrome ganglionnaire myélinique vrai,
La description histologique donnée par Hænel nous représente d’après lui une tumeur formée : 1° decellules nerveuses ganglionnaires semblables à celles des ganglions rachidiens ; 2° de fibres nerveuses qu'il suppose être en relation de continuité avec ces dernières, bien qu’il n’ait pu voir le passage des cylindres-axes dans ces cellules. Il s’agirait donc en quelque sorte d'un névrome mixte, c'est à dire à la fois ganglionnaire et
ir triées fasciculé. On trouverait à, réunis dans une même tumeur, deux sortes d'éléments qui ne peuvent avoir une origine commune, le névrome ganglionnaire et le névrome fasciculé se développant, ie premier aux dépens des cellules nerveuses centrales, le second aux dépens des cellules à myéline; les cellules ganglionnaires et les cellules à mvéline peuvent exister simultanément dans une même tumeur, mais une semblable interprétation n’est pas simple et ne correspond pas à une notion de pathologie générale ; il est plus rationnel de se demander si l’on ne doit pas opter pour l’un des types de cellules nerveuses à l'exclusion de l’autre. Il faut alors faire dériver d’une même origine les deux éléments de cette tumeur qui semblent si différents au premier abord. Nous avons été frappé de la ressemblance qui existe entre la structure histologique de cette petite tumeur de la dure-mère telle que la décrit H&œnel et celle de la tumeur du radial qui a fait l'objet de notre observation I, et nous avons pensé qu’il s'agissait dans les deux cas de la même tumeur ; dès lors nous ne sommes plus embarrassé pour expliquer la coexistence des grosses cellules assimilées par Hænel à des cellules ganglionnaires et des éléments qu’il considérait comme des fibres nerveuses : cellules et fibres représentent, d’après cette interprétation, les deux formes extrêmes des cellules à myéline, la forme ronde et la forme longue.
Cette tumeur qui nousest présentée comme un «névrome ganglionnaire myélinique vrai», devrait donc ètre considérée comme un névrome myélinique pur. I n’y a donc pas lieu d’être surpris si l’on n'avait pu