‹ Qu'est-ce qu'un névromeChapitre 22 sur 24 · PR ER · texte numérisé non relu

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démontrer le passage direct des cylindres-d’axe dans . les grosses cellules, puisque les cellules à myéline des tumeurs nerveuses, alors même qu’elles revètent la forme des fibres nerveuses, sont toujours dépourvues de filament cylindre-axile.

OBSERVATION V Relatée dans la Semaine médicale, 28 décembre 1898

- Knauss (Arch. f. pathol. Anat. u. physiol., cru, 1)

Il s’agit d’une petite fille chez laquelle on remarqua dès l’âge de trois ans l’existence de nodules sous-cutanés disséminés sur tout le tronc. À l’âge de huit ans, époque où la malade fut soumise pour la première fois à un examen médical, les tumeurs se présentaient sous la forme de proéminences aplaties du volume d’une cerise à celui d’un œuf de poule. Elles siégeaient dans le tissu sous-cutané; la tête, les avant-bras, les mains, les jambes et les pieds étaient indemnes. Depuis, les néoplasmes n’ont cessé d’augmenter de volume, sans toutefois donner lieu à aucune gène.

La masse principale des tumeurs était formée de fibres nerveuses dépourvues de myéline. Au milieu de ces fibres de Remak on constatait la présence d’un grand nombre de cellules nerveuses, faciles à caractériser par les réactifs usuels. Il s’agit donc bien d’un névrome vrai, tel que le comprend Virchow. Déjà, lors de l’opération, on avait pu noter l’absence de tout pédicule, ce qui différenciait nettement ces tumeurs de celles décrites par von Recklinghausen (fibromes). Cette constatation a d’ailleurs été confirmée par l'examen microscopique. Les néoplasmes ne présentaient pas de connexion avec le système nerveux général. Et comme d’autre part il est inadmissible que les cellules nerveuses faisant partie de ces tumeurs dérivent d'éléments du tissu conjonctif, on est amené

à admettre avec M. Knauss que les névromes vrais doivent avoir pour origine des cellules nerveuses du système sympathique. |

Nous trouvons ici une nouvelle conception des névromes périphériques à ajouter aux théories déjà si nombreuses et si contradictoires que nous avons exposées au Chapitre I“. La lecture de ces dernières lignes nous montre à quelles difficultés on se heurte lorsqu'on se refuse à admettre que les nerfs à myéline peuvent engendrer des tumeurs nerveuses. M. Knauss a observé un cas où il s’agit incontestablement de névromes périphériques ; il se trouve donc dans la nécessité d'admettre l’existence de ces derniers, et comme il ne songe pas à les faire dériver des cellules des tubes nerveux dont il ne soupçonne pas la nature nerveuse, il est amené à chercher dans le sympathique les éléments qui doivent donner naissance à ces tumeurs. Bien des auteurs se sont laissé égarer par cette erreur qui consiste à admettre que seules les cellules ganglionnaires peuvent être le point de départ de tumeurs nerveuses.

D'après cette théorie, lorsqu'on se trouve en présence d’une tumeur nerveuse en connexion évidente avec un perf, il faudrait donc supposer l’existence à l’intérieur des nerfs de cellules ganglionnaires pouvant engendrer des névromes vrais.

Nous n'insisterons pas sur la discussion d’une telle conception, mais nons tenions à montrer à quelles hypothèses bizarres elle peut aboutir, et on voit combien elle est compliquée auprès de la notion si simple que nous avons exposée.

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