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suivant le feuillet qu’elles occupent, quoique non encore différenciées. Ces trois couches de cellules ont dès le début une signification différente, et propre à chacune d’elles, elles ont chacune un rôle formateur bien déterminé; des feuillets blastodermiques naîtront des organes qui seront toujours les mêmes pour un même feuillet et cela dans toute la série animale, C’est du feuillet externe ou ectoderme que naïîtront le système nerveux et les organes des sens, le système tégumentaire et ses dépendances. Le mésoderme formera la charpente de l’organisme (squelette), le tissu conjonctif et ses dérivés, le système musculaire et le système vasculaire. Le feuillet interne (entoderme) donnera naissance au tube digestif avec ses annexes, etaux organes de la respiration. Ainsi les cellules des trois feuillets blastodermiques vont se différencier progressivement pour former plusieurs groupes cellulaires, lesquels vont aboutir chacun à la formation d’un système particulier: le feuillet ectodermique par exemple par la segmentation successive qui le constitue, donnera naissance à des cellules nerveuses, à des cellules épithéliales et glandulaires, et à mesure que se formeront chacun de ces groupes, leur éléments tendront de plus en plus vers le type des cellules adultes auquel elles doivent aboutir. Les diverses parties de l’organisme remontent donc toutes à une source commune, la cellule ovulaire dont la segmentation a abouti à la formation d'espèces cellulaires différentes.
À mesure que se sont succédé les nombreuses géné rations de cellules qui doivent contribuer à la forma
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tion des tissus adultés, les différences de caractères qui existaient entre les groupes cellulaires se sont progressivement accentuées, et lorsqu'elles sont arrivées à l'état adulte, les cellules de chacun de ces groupes ont acquis une individualité propre et des caractères spéciaux en rapport avec la fonction qu’elles sont destinées à remplir. Les cellules adultes sont donc spécifiques ; elles affectent un typeparticulier, et ce type, elles le conserveront indéfiniment jusqu'à leur mort. Au cours de son évolution, la cellule, en raison de cette individualité qui en fait une espèce fixe, ne pourra se transformer en une cellule d’une autre espèce, et les éléments auxquels elle donnera naissance hériteront des dispositions ancestrales qu'elles pourront ellesmêmes transmettre aux générations suivantes.
Il est rationnel d'appliquer les données qui précèdent à l’étude des tissus pathologiques et en particulier à celle des tumeurs. Une tumeur naît d’un tissu primitivement normal: il existe, à l'état pathologique, entre les cellules de l'organisme une sorte d'équilibre permanent grâce auquel elles se multiplientet se détruisent suivant un mode qui reste toujours le même, condition indispensable au maintien de l'intégrité des tissus. Mais supposons que sous l’influence d’une cause dont la nature nous échappe, une cellule vienne à dé-, vier de son évolution normale, l’équilibre qui réglait les rapports des cellules entre elles est rompu ; cette cellule qui vit désormais pour son propre compte, se met à proliférer plus ou moins activement, et le processus nouveau suivant lequel elle se multiplie aboutira à Ja formation d’une tumeur. En vertu de la spécificité cel-
NS Re lulaire, les éléments issus de cette prolifération désordonnée seront tous morphologiquement analogues, et tous possèderont les caractères essentiels de Ja cellule qui a été le point de départ de la néoplasie, Les tumeurs sont donc spécifiques, et en histologie pathologique aussi bien qu’en histologie normale, la doctrine des métaplasies et de l'indifférence cellulaire doit faire place à celle de la spécificité. Si nous insistons sur ces notions de physiologie générale, c'est que la théorie la plus généralement admise est précisément celle des métaplasies : on a imaginé des cellules indifférentes, n'appartenant à aucune espèce déterminée, et susceptibles de revêtir toutes les formes cellulaires. C’est ainsi que Virchow fait du tissu conjonctif une sorte de substratum anatomique pouvant donner naissance à tous les autres tissus de l’organisme. Cette théorie a l'avantage d'expliquer des faits qui restent en apparence inexpliqués par la spécificité: dans certaines conditions pathologiques, on peut voir naître certains éléments au milieu de tissus qui n’en renferment pas d’analogues, ce qui n’a rien de surprenant pour les partisans de l'indifférence cellulaire ; mais on peut dans un grand nombre de cas démontrer qu’il s’agit d’une erreur d'interprétation, et dans les quelques cas où la démonstration n’a pas encore été faite, on peut présumer qu’elle le sera ; on peut d’ailleurs expliquer ces cas sans faire intervenir la métaplasie, par la théorie de l'inclusion sur laquelle nous ne pouvons pas insister ici. La théorie des métaplasies est donc commode en ce sens qu’elle explique tous les faits, mais